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Critique : Restaurant Le Meurice par Alain Ducasse. Un restaurant 3 étoiles de haute voltige.

Meurice Ducasse 1

Dans le grand mercato annuel des chefs étoilés, Alain Ducasse s’est emparé des cuisines du Meurice en septembre 2013, succédant au regretté Yannick Alléno. Le restaurant est toujours fier d’afficher ses 3 étoiles au guide Michelin avec une cuisine travaillée et raffinée.

La réservation. Cette première étape nous avait quelque peu inquiété. Il fallut insister plusieurs fois avant d’avoir quelqu’un au bout du fil. Lorsque ce fut chose faite, l’interlocuteur nous invita à confirmer notre venue la veille. Qu’il est désagréable de devoir rappeler au personnel que ce n’est pas au client de confirmer sa venue dans ce genre d’établissements, mais plutôt l’inverse. Le jour de notre réservation, il faudra également recadrer le réceptionniste après avoir essayé en vain d’appeler le restaurant pour prévenir de notre léger retard. Le téléphone sonnant toujours dans le vide, nous  dûmes appeler directement la réception de l’hôtel qui souhaitait d’abord nous rediriger vers ce numéro fantôme !

Meurice Ducasse 2

La salle. Redécorée par l’inévitable Philippe Starck en 2007, la salle n’a pas perdu de sa superbe avec ses dorures, ses lustres imposants et ses belles moulures. Avec le restaurant Les Ambassadeurs de l’Hôtel Crillon, le lieu s’inscrit comme l’une des plus belles salles à manger parisiennes. On regrettera cependant le mobilier moderne tranchant avec le classicisme de la salle et les verres à eau en cristal de Murano rappelant le style Duralex.

Meurice Ducasse 3

Le menu déjeuner à 130 €. L’enchainement divinement orchestré par une équipe au petit soin commence par un amuse-bouche composé de légumes du potager à tremper dans une sauce délicieuse et onctueuse. L’entée arrive ensuite avec une bonite fondante saupoudrée de bonite séchée et accompagnée de bolets en tranches. Le plat n’est pas en reste avec cet homard sauce au beurre et galette tressée de pommes de terre. Les cuissons sont parfaitement maitrisées, les sauces exécutées avec brio.

Meurice Ducasse 4

Après un intermède fromager de Brie de Meaux, place au dessert et sa composition de chocolat à la glace praliné. Un soufflé au chocolat noir vient compléter le tableau. On aurait cependant préféré un dessert peut-être un peu moins chargé pour finir un tel repas gastronomique, même si ce dernier n’avait rien à se reprocher.

Le café vient conclure ce beau déjeuner avec un accompagnement de sorbets fruités et une boite de chocolats venant de la Manufacture de M. Ducasse installée rue de la Roquette.

Meurice Ducasse 5

La clientèle. Une salle comble, principalement asiatique.

Le service. D’un grand professionnalisme, courtois et serviable mais jamais obséquieux. Toujours précis mais discret.

Faut-il y aller ? Évidemment.

Le Meurice, Hôtel Meurice, 228 rue de Rivoli, Paris 1

Critique : Hôtel Kempinski Cathedral Square Vilnius

Kempinski Vilnius 1

Les voyages éprouvants demandent des hôtels réconfortants. Après une longue marche dans les rues pavées de Vilnius, rien de mieux que de poser sa valise à l’hôtel Kempinski Cathedral Square. Kempinski est l’une des rares chaines hôtelières du Vieux Continent capables de rivaliser avec le luxe et le professionnalisme des opérateurs américains et asiatiques.

Kempinski signe ici l’une de ses plus belles réalisations avec un hôtel bénéficiant d’un emplacement idéal pour découvrir la ville, en face de la Cathédrale. Ancienne maison du Télégraphe puis Hôtel New York, l’hôtel s’est installé dans un bel immeuble néoclassique. Rénové avec goût pour un coût dépassant les 30 M€, l’hôtel dispose de 96 chambres incluant 13 suites, le restaurant Telegrafas, le Salon bar & lounge ainsi qu’un spa avec piscine intérieure.

Kempinski Vilnius 2

Annoncée en 2007 puis en 2009, l’ouverture fut plusieurs fois retardée pour diverses raisons : crise économique, fouilles archéologiques et suppression de la compagnie nationale FlyLAL en 2009 complexifiant la desserte de Vilnius depuis l’Europe.

Il aura fallu attendre 2012 et l’annonce de l’arrivée d’une nouvelle compagnie aérienne, Air Lituanica, desservant Amsterdam, Berlin, Bruxelles, Munich, Prague, Paris et Londres pour que l’hôtel soit inauguré en grande pompe en avril 2012. Attirant les hauts dirigeants tels la Chancelière Angela Merkel ou encore le Président François Hollande, l’hôtel fut vite récompensé et classé dans la catégorie « Best new hotels 2013″ par le très élitiste Conde Nast Traveler.

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Les chambres. Une Deluxe Room offrant sur près de 40 m2 des prestations de qualité : literie pour nuits divines, décoration raffinée, salle de bain élégante en marbre et dressing pour garde-robes fournies. Le balcon donnant sur la cathédrale est plus qu’appréciable et le Wifi est bien entendu gratuit.

La restauration. Le petit-déjeuner, inclus, s’avère excellent avec son buffet de qualité. On apprécie les petites attentions : miel fabriqué par l’hôtel, chocolat à tartiner maison, Prosecco à volonté, etc. A l’heure de l’apéritif, la clientèle profite du luxueux lobby rappelant à s’y méprendre celui de l’Adlon à Berlin (également exploité par Kempinski).

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Le spa. Une piscine un peu petite mais un combo jacuzzi/sauna bien agréable.

L’accueil. Un verre de Prosecco offert à l’arrivée, l’accompagnement à la chambre en bonne et due forme, le sourire à chaque rencontre avec le personnel.

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Les plus. La décoration raffinée des chambres, la literie impeccable, le lobby grandiose, le service « palace », la situation de l’hôtel.

Les moins. La cafetière dans la chambre qu’on aurait préféré troquer contre une Nespresso, l’absence de portier, le Bar un peu froid rappelant les hôtels standardisés type « Novotel ».

The Kempinski Hotel Cathedral Square Vilnius

PlugGate Place Vendôme : McCarthy, quand l’art devient idéologie.

'Tree' By Paul McCarthy - Monumental Artwork At Place Vendome In Paris442px-Rotterdam_kunstwerk_Santa_Clausmccarthy_Brancusi_Tree

Sources photos : Getty Images / Wikipedia / Ikon LTD

La FIAC n’aura jamais fait autant parler d’elle avec son œuvre « Tree » installée de courte durée Place Vendôme. Cette structure gonflable de 24 m de haut imaginée par Paul McCarthy devait s’inscrire dans le cadre de la programmation « Hors les murs » de la FIAC 2014. Dès son installation – mercredi 14 octobre, au beau milieu de la Place Vendôme – l’œuvre avait suscité de nombreuses réactions et le jour de son érection, l’artiste affirmait avoir été agressé à 3 reprises par un inconnu.

Durant la nuit de vendredi à samedi, l’œuvre a été « saccagée » selon les termes employés par la Presse. En réalité elle fut plutôt démontée par des inconnus (débranchement de l’alimentation de la soufflerie qui maintenait la structure gonflable et déharnachement) mais pas détériorée ; l’enveloppe en plastique n’ayant pas été abimée. Devant les vives réactions suscitées par cet événement, l’œuvre ne sera finalement pas réinstallée contrairement à la volonté de la Mairie.

FRANCE-ART-TREESource photo : Huffington Post

D’où est née la polémique ? La structure gonflable évoquait pour certains un simple arbre de Noël, pour d’autres une réplique évidente d’un sex toy (appelé plug anal, d’où l’affaire dorénavant appelée « PlugGate »). Comme le souligne la directrice artistique de la foire, Jennifer Flay, l’œuvre avait « reçu toutes les autorisations nécessaires : de la Préfecture de Police, de la Mairie de Paris et du Ministère de la culture ». Ces derniers pouvaient-ils ignorer l’allusion sexuelle de cet objet ? Pas si sûr si on en croit les propres révélations et le passé sulfureux de l’artiste.

Qui est l’artiste ? Paul McCarthy est un artiste américain spécialisé dans les œuvres provocatrices tendance scato : des étrons géants exposés à Hong Kong en 2013, un Père Noël tenant un godemiché à Rotterdam en 2001 ou encore un autre godemichet en 2007, le « Brancusi Tree ». L’homme de 69 ans a même avoué que son œuvre place Vendôme « pouvait autant, sinon plus, faire penser à un plug anal qu’à un arbre de Noël ». En résumé, la Mairie de Paris, le Ministère de la Culture et la Préfecture de Police ne pouvaient donc ignorer le penchant obsessionnel de l’artiste pour le pornographique et ont donc cautionné cette « provocation » sexuelle. Preuve en est, l’artiste exposera à la Monnaie de Paris ses œuvres dans une exposition intitulée Chocolate Factory (je vous laisse imaginer le sens figuré du mot chocolat).

Des réactions disproportionnées ? Dans cette affaire, au-delà de toute considération artistique que nous évoquerons plus tard, c’est surtout les réactions qu’elles ont suscitées qui sont intéressantes à analyser. Florilège :

- « la Ville ne cédera pas aux menaces de ceux qui, en s’en prenant à un artiste ou à une œuvre, s’en prennent à la liberté artistique » – Anne Hidalgo, Maire de Paris,

- « La honte et l’humiliation pour la France, ce n’est pas l’œuvre gonflable éphémère Place Vendôme, ce sont ces imbéciles qui la dégradent » – Bruno Julliard, adjoint à la Mairie de Paris chargé à la culture,

- « On dirait que certains soutiendraient volontiers le retour d’une définition officielle de l’art dégénéré » – Fleur Pellerin, Ministre de la Culture, faisant ouvertement référence à l’interdiction par les nazis de l’art moderne qu’ils qualifiaient « d’art dégénéré ».

De toutes ces réactions agitant les diners mondains parisiens, il en ressort deux principaux éléments :

- une réflexion plus profonde à mener sur l’art et sa définition, et ses potentiels limites à ne pas dépasser,

- des réactions disproportionnées pour un événement somme toute assez banal, et tournant rapidement aux questions de société : certains n’ont pas hésité à mettre les opposants de cette œuvre sous l’étiquette de « catho intégriste ». La notion d’art fédérateur semble s’éloigner.

mccarthy-photos-027Source photo : Art 21

Une réflexion plus profonde : qu’est-ce qu’une œuvre d’art ? Ce sujet pourrait bien volontiers se retrouver dans les épreuves du futur bac philo. Il pourrait même se prolonger par « la liberté des uns s’arrête elle là où celle des autres est reniée » ? L’artiste qui voulait selon ses propres termes « engendrer une réflexion profonde autour de l’existence même des objets comme mode d’expression à part entière, notamment dans la pluralité de leur signification » a finalement créé une guerre d’idéologie.

Cette œuvre devait-elle être exposée Place Vendôme ? L’œuvre aurait plutôt eu sa place dans un musée ou une galerie d’exposition où le public choisit sciemment de se soumettre à ces œuvres dérangeantes (comme par exemple l’exposition de Larry Clark avec ses photos pornographiques d’adolescents), plutôt que de les imposer violemment au regard d’un passant passif.

S’agit-il d’une œuvre d’art ? L’artiste s’autoproclame souvent artiste et dans un second temps s’arrange pour trouver des appuis institutionnels. Si Marcel Duchamp avait en son temps exposé un urinoir, il ne manquait pour autant de talent (voir ses peintures exposées actuellement au Centre Pompidou). L’art semble échapper à toute limite, même s’il dépasse parfois la bienséance. A l’inverse, une paire de seins nus sur une pochette de l’album d’Etienne Daho fut censurée dans le métro alors que la publicité  semble pourtant une forme d’art comme les autres.

LesChansonsDeLInnocenceRetrouvee_Pochette_560x560Etienne-Daho

Sources photos : dahoofficial.com / justmusic.fr

Y a t-il des limites à respecter ? Peut-on accepter, comme nous l’avons déjà vu, des acteurs s’adonner à l’onanisme ou déféquer sur la scène d’un théâtre au nom de l’art ? Peut-on exposer une guirlande de chaire humaine sous prétexte qu’elle affirme une certaine quintessence de l’art ? La réponse se trouve peut-être dans nos sex shops, futurs musées d’Art Moderne.

Critique : Glou Paris

Glou Paris 1

Tour à tour journaliste gastronomique, spécialiste de l’environnement de la qualité de vie et rédacteur en chef du magazine Régal, Julien Fouin enchaine les ouvertures de restaurants : Glou, Jaja et plus récemment Beaucoup.

Si les méchantes langues diront qu’il est bien pratique d’ouvrir un restaurant lorsqu’on gravite dans la sphère journalistique, épaulé par les fonds de Marion Cotillard, d’autres ne jugeront que par les qualités gustatives des plats proposés. Entamons notre analyse purement gastronomique.

Glou joue la carte du néobistrot avec une salle tout en longueur et son mur en pierres apparentes. On préfèrera le 1er étage avec une vue théâtrale sur l’Hôtel Salé et son jardin, plus connu sous le nom de Musée Picasso.

Glou paris 2

La carte. Un peu pompeuse avec des cannelloni farcis aux légumes croquants (17 €), une sèche rôtie au four et sa julienne de courgettes et de mangue (21 €), un poisson du jour de retour de la criée (23 €), l’inévitable tartare/frites (18 €) ou encore un quasi de veau rôti (24 €). En desserts, petit pot au chocolat de ma grand-mère (9 €), véritable cheese cake (9 €) ou encore crumble aux pommes (9 €).

Les plats. Ensemble correctement exécuté et plutôt réussi. La présentation de la sèche mériterait cependant d’être revue pour éviter l’effet « pieuvre échouée dans une barcasse ». Les desserts sont quant à eux un poil décevant au vu de leur tarification

Les liquides. Glou-glou le rosé pétillant et le Saint-Nicolas de Bourgueil bien choisis.

Le service. Si le musée Picasso avait fait nocturne, nous aurions pu profiter de l’heure d’attente entre la fin du plat et l’arrivée du dessert pour y faire un saut. Service parfaitement sympathique mais débordé.

Faut-il y aller ? Pourquoi pas.

Glou, 101 rue vieille du temple, Paris 3

City Guide – Itinéraire Shoreditch District avec plans

Shoreditch map

Notre promenade débute à la station de métro « Shoreditch High Street ».

Commencez par remonter Shoreditch High Street en passant devant les restaurants à la mode : Pizza East (n°1) et Dishoom Bombay Café (n°2) puis jetez un coup d’œil au Ace Hôtel (n°3). Ce boutique hôtel est le symbole de l’hôtellerie 2.0 : déco industrielle façon loft, vastes parties communes où la clientèle est invitée à se prélasser et réceptionnistes cultivant leur hype attitude avec casquette de rappeur et barbes de 3 jours.

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Au carrefour, tournez à gauche sur Old Street pour atteindre Hoxton Square. Ce block articulé autour d’un joli square propose quelques excellents bars comme le Electricity (n°4) ainsi que des restaurants à la mode. A l’heure du brunch, on se régale chez Bill’s (n°5) ou encore The Breakfast Club (n°6) où la queue prend souvent des proportions délirantes.

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Revenez sur vos pas jusqu’au carrefour précédent et continuez sur Hackney Road avant de bifurquer rapidement sur Columbia Road. Marchez quelques minutes jusqu’au marché aux fleurs (n°7) qui débute à partir de Ravenscroft Street. Vous êtes désormais dans le plus bel exemple de reconversion de quartiers cracra en lieux alternatifs : cafés, brocantes, fleuristes ou encore primeurs animent la petite rue. Des échoppes minuscules squattent désormais des entrées d’immeubles et vendent cafés, jus de fruits pressés et cakes. La clientèle est encore authentique et les bobos ne semblent pas encore avoir envahis et dénaturés l’endroit.

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Revenez ensuite sur vos pas puis bifurquez sur la droite au niveau de Shoreditch High Street, à Calvert Street. Vous passerez par Arnold Circus, jolie place arborée avec quelques beaux immeubles.

Prendre Camlet Street et tournez à droite à Old Nichol Street. Tournez à gauche au niveau de Boundary Street en passant par l’hôtel du même nom : The Boundary (n°8). Le boutique hotel propose un rooftop parmi les plus agréables et intimistes de Londres.

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Tournez ensuite à gauche sur Redchurch Street puis tout de suite à droite sur Ebor Street. Vous déambulez parmi les boutiques de jeunes créateurs et designers jusqu’à Bethnal Green Road. A l’angle se trouve le célèbre The Shoreditch House (n°9) qui occupe les 3 derniers étages de cet ancien entrepôt. Le lieu rassemble un hôtel et un club privé ; un pari audacieux pour ce quartier en devenir qui semble pourtant réussir.

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Remontez Bethnal Green en longeant les magasins installés de l’autre côté du trottoir dans des containers : il s’agit du projet BoxPark (n° 10). Profitez-en pour jeter un coup d’œil au Beach Blanket Babylon (n°11) avec son décor feutré.

Rebroussez chemin puis empruntez Sclater Street avant de rejoindre Brick Lane sur votre droite. Descendez la rue (n°12) dans ce joyeux mélange de street food, fringues pas chères et bars. En cas de soif intense, vous pouvez faire une halte dans l’une des adresses suivantes : The Old Truman Bevery, Vibe Bar, 93 Feet East ou encore Café 1001.

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Tournez à droite au niveau de Fournier Street pour revenir sur la grande avenue ; Commercial Street. Profitez en pour jeter un oeil à The Old Spitalfields Market (n°13).

Remontez ensuite Commercial Street et allez vous ressourcer au pub The Commercial Tavern (n°14), en face du Costa. Ne manquez pas son superbe décor, en particulier le 1er étage.

Shoreditch 7Source : http://hangthecliche.com

Continuez votre route pour revenir sur Shoreditch Higth Street et faites un crochet par Great Eastern St jusqu’au Village Underground (n°15). Facilement identifiable avec ces 2 wagons sur le toit de l’immeuble, cet ensemble est un lieu collaboratif  où se réunissent artistes et fêtards. Finalement, rebroussez chemin pour revenir à la station de métro Shoreditch High Street.

Shoreditch 8Source : http://www.heathershimmin.com/

Quand y aller ? De préférence le weekend, lorsque les rues s’animent avec les marchés de rue et pour profiter d’un bon brunch.

Accès : Station de métro  « Shoreditch » (East London), Bus (8, 26, 35, 47, 48, 78, 135, 149, 205, 242, 388)

Critique : Les soufflés du Récamier. Quand la Cigale Récamier se grille les ailes.

Soufflés Récamier 1

La Cigale Récamier était une adresse réputée et spécialisée dans les soufflés sucrés salés. A déjeuner,  les hommes politiques fréquentaient cet endroit paisible pour se laisser aller à quelques confidences. Le soir, la bourgeoisie du 7ème leur emboitait le pas de façon inconditionnelle pour se délecter de ces mets aériens.

Mais la belle histoire a pris fin en Juin 2014 lorsque la Cigale ferma ses portes pour d’importants travaux de rénovation. Ce qui devait être un simple rafraîchissement tourne aujourd’hui à la zone sinistrée : les Caterpillar ont envahi la salle pour faire naitre un inqualifiable pandémonium. Rouvert en septembre, les clients ont découvert une salle aux allures de bungalows de chantier ou de camisole pour schizophrène, avec cette indescriptible toile cirée tendue à une ossature métallique façon Placoplatre. Je préfère encore aller prendre le thé à l’hôpital américain, l’ambiance y est moins clinique et anxiogène. Mon récent passage m’a même foutu le cafard et il me semble insensé de laisser une  personne seule diner ici, au risque qu’elle commette l’irréparable avec la Seine si proche.

Soufflés Récamier 2

A défaut d’avoir des explications de la direction qui ne parlent visiblement pas aux manants, nous finissons par tendre l’oreille aux tables voisines. Les travaux ne seraient pas finis et le mobilier provisoire suite à un contentieux avec le propriétaire des murs. A supposer que nous ayons bien compris, la réouverture me semble prématurée, les clients ne sont pas là pour financer la fin des travaux.

En attendant, on s’installe sur des chaises de bistrot en rotin signées Gatti, collés serrés avec les autres tables. Fini le cadre feutré et exit la clientèle bourgeoise qui vient tirer ses adieux avant de naviguer vers d’autres royaumes.

Le système de réservation. Désormais, les réservations sont officiellement proscrites. Enfin, en principe. En réalité, les clients VIP peuvent toujours compter sur leur table, quelque part entre le crématorium et le funérarium.

La carte. Des tarifs à la hausse mais des quantités et une qualité suivant bien sûr la tendance inverse. Soufflés entre 19,5 et 24,5 € (chèvre frais, poule au pot, rougets rôtis, épinards, champignons, etc.) avec certaines propositions inutilement choquantes comme ce soufflé hamburger et ketchup. A quand le soufflé aux nuggets cannelle ? Côté desserts, les soufflés se déclinent en propositions plus classiques (Grand Marnier, vanille, chocolat noir, pêches de vigne, fraises) et s’affichent entre 12 et 14,5 €. Verres de vin à +/- 6 €.

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La dégustation. Le four semble connaitre de sérieux problèmes de réglages car les soufflés arrivent en moins de 10 min et ne sont évidemment pas cuits ; ces derniers devraient être légèrement fondants alors que la pâte manque cruellement de cuisson. Quand on fait la remarque aux serveurs, ces derniers haussent les épaules en feignant l’étonnement.

Les liquides. La carafe d’eau se réinvente sous forme de vérin hydraulique peu pratique. Le vin rouge est servi glacé ; une façon classique d’annihiler sa médiocrité.

Le service. Complètement à l’Ouest, jouant les professionnels mais étant incapables de desservir une table ni d’enchainer avec la prise de commande du dessert. La réponse bébête du serveur est pourtant limpide : « on a un nouveau système de commandes informatisées ». Franchement le client n’a que faire de leurs problèmes informatiques. On s’adapte, on se gère et on se forme. On rôde le service à blanc avant l’ouverture, et on est opérationnel le jour J.

Soufflés Récamier 4

La suite du repas. Il faut savoir abandonner les armes et se retirer du combat à temps. Pour ne pas tomber de Charybde en Sylla, nous avons fait quelque chose qui ne nous était pas arrivé depuis longtemps : quitter la table et demander l’addition. Nous nous serons épargnés 2 desserts + 2 cafés + 2 autres verres de vin, soit une économie de près de 50 € (et autant de chiffre d’affaires en moins pour le restaurateur).

Que s’est-il passé ? A notre départ, nous n’avons pas pu nous empêcher de faire savoir notre mécontentement au patron, qui plutôt que d’essayer de s’enrichir de nos critiques, s’enferma dans une posture insolente et hautaine. A mon avis, le patron a eu la folie des grandeurs en souhaitant transformer une adresse de quartier en machine à cash prête à partir à la conquête du monde. Le nom a changé, une adresse est déjà prévue à Londres, et le lieu se spécialise officiellement dans le soufflé (tout en continuant à servir des plats de brasserie …). Pourquoi pas, mais le patron ne se donne pas les moyens de réussir et la salle est aujourd’hui loin d’être pleine. Le boss  joue un pari audacieux et risqué en sacrifiant sa clientèle fidèle bourgeoise et politicienne pour la transformer en une clientèle type « Relais de l’entrecôte ». Je ne suis pas convaincu de cette démarche, tout simplement parce que le produit « soufflé » est plus élitiste que l’entrecôte et que la déco joue un rôle prépondérant dans la réussite d’un concept.

Et le client dans tout ça ? Encore une fois, le client est relégué au rang de vache à lait. Cela me rappelle un épisode de Cauchemar en Cuisine avec le chef étoilé Gordon Ramsay où la patronne s’étonnait que son restaurant soit si vide alors qu’aucun client n’avait l’air d’être mécontent. Et au chef de répondre une remarque très juste « le client ne se plaint jamais  » (sûrement de peur de ne pas être écouté ou pire, d’être envoyé baladé). Aujourd’hui il attend même de rentrer chez lui pour se déchainer sur les sites de critiques et publier un avis acerbe de sa soirée. Restaurateurs, sortez de votre piédestal, les temps ont changé et les lendemains risquent d’être difficiles. Rappelons qu’en France, un restaurant sur deux ferme avant sa troisième année d’exploitation.

Les soufflés du Récamier, 4 rue Récamier, Paris 7

Critique : Fassbender & Rausch. Chocolatier à Berlin.

Fassbener & Rausch 1

Une virée à Berlin ne serait être réussie sans une pause gourmande au célèbre chocolatier Fassbender & Rausch. Située au sud de Unter den Linden, sur Gendarmenmarkt, l’institution attire les gourmands du monde entier.

L’histoire de cette chocolaterie remonte à 1863 lorsque Heinrich Fassbender produisait et vendait ses chocolats à Berlin. Quelques années plus tard, Wilhelm Rausch ouvrait également une confiserie, en 1890. Il fallut attendre 1999 pour que les deux familles décident de s’associer sous le même nom et ouvrent ce qui deviendra l’une plus grandes chocolateries d’Europe : Fassbender & Rausch.

Fassbener & Rausch 3

Au rez-de-chaussée, une boutique rappelant Harrods propose essentiellement du chocolat mais également des articles dérivés allant des bonbons jusqu’à l’ours en peluche. A l’étage, le restaurant est une halte idéale à l’heure du thé. On y vient pour déguster une tourte déclinée en plus d’une vingtaine de saveurs. Le gâteau (3,95 €) est essentiellement composé d’un socle en génoise, une mousse fruitée ou chocolatée, et recouverte d’un coulis ou nappage chocolat. Le tout bien sûr accompagné d’un excellent chocolat chaud.

Fassbender & Rausch, Charlottenstraße 60, Berlin

Critique : Le Faust : terrasse, restaurant et clubbing au pont Alexandre-III. Berges Seine Rive Gauche.

Le Faust 1

L’attente fut longue. Plus de deux ans de travaux pour transformer cet ancien squat associatif en haut lieu de la vie parisienne. En 2013, la terrasse avait marqué le préambule de cette belle réussite. Fin août 2014, c’est au tour du restaurant de faire son ouverture avant l’inauguration de l’espace clubbing. Situé à quelques mètres des bars de plage Le Flow et le Rosa Bonheur, le Faust doit son succès programmé au businessman iranien des nuits parisiennes Addy Bakhtiar (déjà propriétaire du Showcase en face) et à l’architecte Didier Faustino qui a conçu sur près de 2 000 m2 cet espace étonnant.

La terrasse et les apéros chics. Il s’agit probablement de la plus belle terrasse de Paris, offrant une vue imprenable sur le pont Alexandre III, ses dorures et sa peinture taupe. Installée sur des chaises en rotin, la jeunesse dorée se réunit tous les soirs pour siroter quelques bouteilles de rosé et de champagne. Le jeudi, le lieu accueille les jeunes cadres pour des Apéros Chics sur fond de musique électro bien calibrée. On regrettera cependant de devoir partir au front pour trouver un tabouret ou une chaise, dans l’indifférence la plus totale du personnel. Le vendredi et samedi soir, l’ambiance devient guinguette avec le bateau bistrot Alexandre III amarré en face, invitant une clientèle plus variée à guincher.

Logo-Faust1

La carte et le service. Le jeudi, le concept est un peu roots : on fait le service soi-même, on boit le rosé dans des verres en plastique, et on grignote de la charcuterie dans des assiettes en carton (19 € et digne d’une kermesse de village). Le tout bien entendu pour le même prix que les autres jours. Le service étant de 15%, ne devrait-on pas payer 15% de moins le jeudi ? Les autres jours, le service est d’activité mais au vu de leur rapidité, on finit par regretter de ne pas pouvoir se servir soi-même.

Le restaurant. Le directeur de salle qualifiait en Mai les tarifs de la brasserie « d’accessibles » en réponse à la maire de Paris qui s’inquiétait des prix qui seront pratiqués par l’établissement. Les vœux pieux de Mme. Hidalgo n’ont pas été entendus ; les plats de la carte s’affichent tout de même autour de 30 – 35 €, laissant les « sans-dents » sur le bord du trottoir. La salle de 150 couverts, dans une ambiance particulièrement réussie, est dirigée par le chef étoilé Christophe Langree (ancien chef à Matignon).

Le Faust 2

Le système de réservation. J’ai voulu tester le week-end dernier le restaurant avant de me faire imposer le désormais célèbre diktat parisien du « 19h ou 21h45 ? ». Pris d’un doute, j’ai jeté un coup d’œil à la salle vers 21h. Ô stupeur, les trois quarts du restaurant étaient vides ! Les politiques de réservation des restaurateurs commencent sérieusement à m’irriter. Quel est l’intérêt de refuser des clients pour faire croire que le restaurant est victime de son succès si la salle est déserte ? Espérons que de telles pratiques commerciales ne voueront pas les dirigeants à la Damnation.

L’espace performatif. Il faudra encore attendre quelques mois avant de découvrir un espace « performatif » où seront organisés des concerts et soirées clubbing, le tout orchestré par Charaf Tajer et John Whelan déjà derrière le Pompon à Pigalle.

Le Faust, culée du Pont Alexandre III, côté Rive Gauche, Paris 7

terrasse ouverte jusqu’à 2h du matin

Critique : Les Petites Ecuries. Dedans dehors

Les Petites Ecuries 1

Patrick Dentroux, garçon de café devenu propriétaire de plusieurs restaurants et boites de strip tease comme le Pink Paradise ou encore le Penthouse, s’est associé avec le jeune restaurateur Geoffrey Legrand pour ouvrir courant mai Les Petites Ecuries.

Situé dans la rue du même nom, le restaurant s’est installé dans les locaux d’un ancien fourreur rappelant que le quartier fut avant tout dédié à la confection avant de devenir  un véritable laboratoire de tendances en termes de restauration et de mode.

Les Petites Ecuries 2

La déco. L’ancien atelier a été transformé avec brio en restaurant sur 2 étages reliés par un mur végétal touffu. Une trémie a été créée afin de proposer deux terrasses superposées, la 1ère donnant directement sur la rue. L’idée est finalement astucieuse avec deux terrasses intérieures qui éviteront les mésaventures de la météo capricieuse.

La carte. Signée de la main d’un financier qui a su parfaitement calibrer les prix en fonction des résultats de son étude de marché : entrés à 10 €, plats entre 18 et 20 €, desserts à 8 €. Au menu, des plats de brasserie revisités mais pas de quoi ébaubir le client bobo.

Les Petites Ecuries 3

Les plats. La salade italienne ne respecte peut être pas scrupuleusement l’énoncé de ses ingrédients mais la passe-partout se tient gentiment. Le pavé de bœuf bien saignant accompagné de sa sauce poivre, caviar d’aubergine et purée de carotte s’inscrit sur la même lignée : il n’a pas vocation à interrompre les conversations par des borborygmes orgasmiques.

Faut-il y aller ? Aurions-nous fait le déplacement sans ce décor étonnant ?

Les Petites Ecuries, 40 rue des Petites Écuries, Paris 10

Critique : Exposition Henri Cartier Bresson Centre Pompidou

 Expo Cartier-Bresson 1

Le Centre Pompidou consacre une rétrospective à l’œuvre d’Henri Cartier-Bresson jusqu’au 9 juin 2014. L’occasion de découvrir à travers une exposition passionnante le travail de l’artiste depuis ses débuts prometteurs. De l’avant-garde des années 1920, en passant par l’Afrique française, la guerre d’Espagne, le Front Populaire, jusqu’à la Libération, les funérailles de Gandhi ou encore la conquête de l’espace, l’exposition est une occasion unique de redécouvrir près de 350 œuvres du photographe.

Expo Cartier-Bresson 2

Rarement une exposition n’avait été aussi complète, se faisant la mémoire de cet artiste prolixe. Construite chronologiquement, les photos défilent tel un praxinoscope, témoins de l’histoire du XXème siècle prise sous toutes ses coutures. Puisé dans les archives de la Fondation Cartier-Bresson, le travail mûri de l’artiste s’expose au travers de photographies, de dessins, peintures et autres documents. Le tout dans une nuée de noir et blanc sublime.

Expo Cartier-Bresson 3

Rétrospective Cartier-Bresson, Centre Pompidou, Paris

jusqu’au 9 juin, du mercredi au lundi de 11h à 23h. Entrée : 13 €

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