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Critique Intercontinental Porto – un charme discret

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Critique : China Club : entre esprit colonial et fusion food.

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Critique : Le Faust : terrasse, restaurant et clubbing au pont Alexandre-III. Berges Seine Rive Gauche.

Le Faust 1

L’attente fut longue. Plus de deux ans de travaux pour transformer cet ancien squat associatif en haut lieu de la vie parisienne. En 2013, la terrasse avait marqué le préambule de cette belle réussite. Fin août 2014, c’est au tour du restaurant de faire son ouverture avant l’inauguration de l’espace clubbing. Situé à quelques mètres des bars de plage Le Flow et le Rosa Bonheur, le Faust doit son succès programmé au businessman iranien des nuits parisiennes Addy Bakhtiar (déjà propriétaire du Showcase en face) et à l’architecte Didier Faustino qui a conçu sur près de 2 000 m2 cet espace étonnant.

La terrasse et les apéros chics. Il s’agit probablement de la plus belle terrasse de Paris, offrant une vue imprenable sur le pont Alexandre III, ses dorures et sa peinture taupe. Installée sur des chaises en rotin, la jeunesse dorée se réunit tous les soirs pour siroter quelques bouteilles de rosé et de champagne. Le jeudi, le lieu accueille les jeunes cadres pour des Apéros Chics sur fond de musique électro bien calibrée. On regrettera cependant de devoir partir au front pour trouver un tabouret ou une chaise, dans l’indifférence la plus totale du personnel. Le vendredi et samedi soir, l’ambiance devient guinguette avec le bateau bistrot Alexandre III amarré en face, invitant une clientèle plus variée à guincher.

Logo-Faust1

La carte et le service. Le jeudi, le concept est un peu roots : on fait le service soi-même, on boit le rosé dans des verres en plastique, et on grignote de la charcuterie dans des assiettes en carton (19 € et digne d’une kermesse de village). Le tout bien entendu pour le même prix que les autres jours. Le service étant de 15%, ne devrait-on pas payer 15% de moins le jeudi ? Les autres jours, le service est d’activité mais au vu de leur rapidité, on finit par regretter de ne pas pouvoir se servir soi-même.

Le restaurant. Le directeur de salle qualifiait en Mai les tarifs de la brasserie « d’accessibles » en réponse à la maire de Paris qui s’inquiétait des prix qui seront pratiqués par l’établissement. Les vœux pieux de Mme. Hidalgo n’ont pas été entendus ; les plats de la carte s’affichent tout de même autour de 30 – 35 €, laissant les « sans-dents » sur le bord du trottoir. La salle de 150 couverts, dans une ambiance particulièrement réussie, est dirigée par le chef étoilé Christophe Langree (ancien chef à Matignon).

Le Faust 2

Le système de réservation. J’ai voulu tester le week-end dernier le restaurant avant de me faire imposer le désormais célèbre diktat parisien du « 19h ou 21h45 ? ». Pris d’un doute, j’ai jeté un coup d’œil à la salle vers 21h. Ô stupeur, les trois quarts du restaurant étaient vides ! Les politiques de réservation des restaurateurs commencent sérieusement à m’irriter. Quel est l’intérêt de refuser des clients pour faire croire que le restaurant est victime de son succès si la salle est déserte ? Espérons que de telles pratiques commerciales ne voueront pas les dirigeants à la Damnation.

L’espace performatif. Il faudra encore attendre quelques mois avant de découvrir un espace « performatif » où seront organisés des concerts et soirées clubbing, le tout orchestré par Charaf Tajer et John Whelan déjà derrière le Pompon à Pigalle.

Le Faust, culée du Pont Alexandre III, côté Rive Gauche, Paris 7

terrasse ouverte jusqu’à 2h du matin

Critique : Les Petites Ecuries. Dedans dehors

Les Petites Ecuries 1

Patrick Dentroux, garçon de café devenu propriétaire de plusieurs restaurants et boites de strip tease comme le Pink Paradise ou encore le Penthouse, s’est associé avec le jeune restaurateur Geoffrey Legrand pour ouvrir courant mai Les Petites Ecuries.

Situé dans la rue du même nom, le restaurant s’est installé dans les locaux d’un ancien fourreur rappelant que le quartier fut avant tout dédié à la confection avant de devenir  un véritable laboratoire de tendances en termes de restauration et de mode.

Les Petites Ecuries 2

La déco. L’ancien atelier a été transformé avec brio en restaurant sur 2 étages reliés par un mur végétal touffu. Une trémie a été créée afin de proposer deux terrasses superposées, la 1ère donnant directement sur la rue. L’idée est finalement astucieuse avec deux terrasses intérieures qui éviteront les mésaventures de la météo capricieuse.

La carte. Signée de la main d’un financier qui a su parfaitement calibrer les prix en fonction des résultats de son étude de marché : entrés à 10 €, plats entre 18 et 20 €, desserts à 8 €. Au menu, des plats de brasserie revisités mais pas de quoi ébaubir le client bobo.

Les Petites Ecuries 3

Les plats. La salade italienne ne respecte peut être pas scrupuleusement l’énoncé de ses ingrédients mais la passe-partout se tient gentiment. Le pavé de bœuf bien saignant accompagné de sa sauce poivre, caviar d’aubergine et purée de carotte s’inscrit sur la même lignée : il n’a pas vocation à interrompre les conversations par des borborygmes orgasmiques.

Faut-il y aller ? Aurions-nous fait le déplacement sans ce décor étonnant ?

Les Petites Ecuries, 40 rue des Petites Écuries, Paris 10

Critique : Exposition Henri Cartier Bresson Centre Pompidou

 Expo Cartier-Bresson 1

Le Centre Pompidou consacre une rétrospective à l’œuvre d’Henri Cartier-Bresson jusqu’au 9 juin 2014. L’occasion de découvrir à travers une exposition passionnante le travail de l’artiste depuis ses débuts prometteurs. De l’avant-garde des années 1920, en passant par l’Afrique française, la guerre d’Espagne, le Front Populaire, jusqu’à la Libération, les funérailles de Gandhi ou encore la conquête de l’espace, l’exposition est une occasion unique de redécouvrir près de 350 œuvres du photographe.

Expo Cartier-Bresson 2

Rarement une exposition n’avait été aussi complète, se faisant la mémoire de cet artiste prolixe. Construite chronologiquement, les photos défilent tel un praxinoscope, témoins de l’histoire du XXème siècle prise sous toutes ses coutures. Puisé dans les archives de la Fondation Cartier-Bresson, le travail mûri de l’artiste s’expose au travers de photographies, de dessins, peintures et autres documents. Le tout dans une nuée de noir et blanc sublime.

Expo Cartier-Bresson 3

Rétrospective Cartier-Bresson, Centre Pompidou, Paris

jusqu’au 9 juin, du mercredi au lundi de 11h à 23h. Entrée : 13 €

City Guide Lisbonne – Quelques bonnes adresses restaurants,bars, rooftop & fado.

Lisbonne

Lisbonne fait partie des destinations favorites des français depuis plusieurs années. Il faut dire que la capitale portugaise a de quoi occuper le chaland en goguette : palais enchanteurs, monastères classés, géographie vallonnée et églises au charme suranné. La ville se découvre idéalement lors d’un week-end prolongé, le temps de s’imprégner de cette atmosphère si particulière en empruntant le célèbre tramway et de se laisser balancer par la langueur qui résonne dans les clubs de fado. Petit tour de quelques bonnes adresses lisboètes.

Pour boire un verre avec belle vue

Portas do sol

Portas Do Sol 1

Voici l’une des plus belles terrasses de Lisbonne qui embrasse la ville toute entière. Installée sur le toit d’un parking, on vient y prendre un repas léger tel une salade méditerranéenne roquette, fromage de chèvre et pesto. On oubliera le service nonchalant pour se concentrer sur la vue : les paquebots de croisière, la coupole du Panthéon National et les clochers blanc éclatant de l’église Sao Vicente de Fora.

Portas do sol, 84 Rua de Sao Tomé

Le Chat

Le Chat

Après la visite un poil rébarbative du Museu Nacional de Arte Antiga, on miaule d’impatience à l’idée de boustifailler au soleil en découvrant une vue à couper le souffle sur les docks et le pont du 25 Avril. Le chat, sorte de conteneur en verre posé à flanc de colline, offre une belle carte de snacking idéale avant de reprendre le tramway pour rejoindre le centre ville.

Le Chat, Jardim 9 de Abril

Bairro Alto Hotel – Rooftop

Bairro Alto

En plein cœur du quartier du Bairro Alto, ce boutique-hôtel dispose d’un rooftop bien agréable le soir venu pour siroter quelques cocktails accompagnés de finger food. Après avoir franchi les 6 étages qui vous séparent du nirvana, vous découvrirez de confortables canapés d’où l’on admire la vue sur les toits de la ville jusqu’au Tage. Belle carte de portos et snacking corrects (préférez les sandwiches).

Bairro Alto Hotel, Praça Luis de Camoes 2

Buvette du Miradouro de Sao Pedro de Alcantara

Buvette Miradouro

Après avoir emprunté l’Elevador da Gloria, vous arriverez rapidement à ce mirador offrant une superbe vue sur la ville et le château. Point de chute idéal entre deux visites pour se rafraîchir au soleil et le visage caressé par les douces brises de vent chaud.

Buvette, Miradouro de Sao Pedro de Alcantara

Pour manger de la cuisine locale

Casa Do Alentejo

Casa Do Alentejo 1

Au premier coup d’œil, la rua das Portas de Santo Antao ne regorge que de restaurants pour touristes aux serveurs alpaguant le badaud. Pourtant, parmi ce fatras d’adresses quelconques se cache une pépite qu’il est difficile d’imaginer de l’extérieur.

Passé la façade sans intérêt, on découvre après quelques marches un mirador au superbe patio de style mauresque. Au 1er étage, le restaurant se revêt d’azulejos racontant des épisodes champêtres et agricoles du début du siècle. On s’y presse pour déguster le classique de la maison : le porc mijoté aux palourdes servi avec pommes de terres et accompagné de vin de la maison.

Casa Do Alentejo, 58 rua das Portas de Santo Antao

Santo Antonio de Alfama

Santo Antonio de Alfama

En plein cœur de l’Alfama se cache un charmant restaurant bien caché. La terrasse installée sous des trémies de vigne est l’endroit idéal pour s’enivrer de l’atmosphère lisboète. Bien loin de l’attitude compassée de nos restaurants français, on vient tester la belle carte de poissons en rêvassant devant le linge battant au vent. Ne refusez pas les tapas payantes proposée au début du repas, vous rateriez quelque chose !

Santo Antonio de Alfama, Beco de Sao Miguel 7

Pour écouter du fado

Equina de Alfama

Equina de Almafa

Tout city trip à Lisbonne ne peut s’achever sans une soirée de fado. Pourtant, il est bien difficile de trouver une adresse agréable qui ne soit pas hors de prix. La plupart des salles de fado imposent le menu diner à des tarifs prohibitifs pour le pays (50 – 60 € par personne). D’autres proposent bien de se rendre uniquement au bar moyennant un ticket d’entrée variable ou une obligation de consommation minimale, mais le spectacle ne commence guère avant 23 h. Enfin, quelques salles proposent du « vrai » fado qui n’est pas seulement adressé aux touristes, mais ces établissements sont souvent rapidement bondés.

Miracle, c’est en errant dans les rues étroites de l’Alfama qu’on découvre par hasard l’Esquina de Alfama. Une maison familiale où les serveurs s’improvisent chanteurs pour le plus grand étonnement des clients. La carte est raisonnable et le menu n’est pas imposé. Le service, pourtant interrompu toutes les 20 min par une séance de chant collectif, n’est pas trop long. La cuisine est simple mais de qualité.

L’astuce : pour éviter de vous retrouver à écrire un article outré sur Trip Advisor, sachez qu’on vous apporte en début de repas (comme souvent dans les restaurants portugais) un fromage entier et de la charcuterie. Si vous n’en voulez pas, prévenez le serveur, sinon ils vous seront facturés.

Esquina de Alfama, Rua de Sao Pedro 4

Le mauvais plan : le Noobai Café

Noobai Café

Vanté par tous les guides pour être un rooftop agréable avec vue panoramique sur le Tage, le Noobai Café est en réalité une sombre escroquerie. Situé au niveau du Miradouro de Santa Catarina, le quartier a peut-être été agréable en son temps mais est aujourd’hui devenu le cartel de tous les trafics où individus louches vous proposent toutes sortes de substances illicites. Oubliez cette adresse et ne regrettez pas la vue ; cette dernière n’a vraiment pas grand intérêt à moins d’aimer les paysages industriels.

Noobai Café, Miradouro de Santa Catarina

Critique : Bar Au très Honoré, THB Place du Marché St-Honoré.

THB 1

En lieu et place de l’ex Barlotti géré par le groupe George V Eatertainment (Buddha Bar &co), Au Très Honoré s’est installé dans cet immense lieu de vie de la Place du Marché Saint-Honoré. Les anecdotiques cuisines italiennes modeuses ont été balayées par une carte de brasserie plus conventionnelle dans un décor revisité.

A la tête du restaurant, Jean-Pierre Lopes, Thomas Delafon et Stéphane Courteaux, déjà propriétaires du Père & Fille et de la Plage Parisienne ont confié la décoration à Anne – Cécile et Agnès Comar. Ces dernières ont sublimé le désormais célèbre atrium en mettant à l’honneur des fresques signées Kat Menschik, le tout dans un décor champêtre.

THB 2

Au sous-sol, un bar à cocktails – le THB pour les intimes – dont la décoration a été confiée à Alexis Mabille, fait courir le tout Paris. Le lieu fait référence aux boudoirs des années 20 avec de grands drapés Empire, un beau parquet en bois sur lesquels sont disposés des tapis, et une atmosphère feutrée apportée par l’éclairage tamisé et les canapés en velours.

Chose rare, le lieu évite le sectarisme de l’âge en accueillant une clientèle très hétéroclite allant de 20 à 60 ans. Hormis les soirées excentriques « Music Hall » du mercredi soir, la musique électro savamment mixée est de rigueur dans l’établissement.

THB 3

La carte de cocktails (14-15 €). Breuvages abordables et délicieux avec ce fameux Bijou (gin Bombay Sapphire, chartreuse verte, vermouth Dolin et orange bitter truth), ou encore le Bisou Bisou (gin Hendricks, menthe fraiche, gingembre, jus de citron vert et champagne) sans oublier le Cardigan (tequila, Cointreau, framboises fraiches, purée de citron vert et piment d’Espelette).

Le snacking. Courte carte de fingers food à tester avec ce tarama truffé et ses mini-blinis à tomber par terre (12 €) et ces petits calamars croustillants accompagnés d’une sauce tartare (11 €).

Faut-il y aller ? Vous en doutiez encore ?

Au Très Honoré, Place du Marché Saint-Honoré, Paris 1

Critique : Menu déjeuner à la Bauhinia – Shangri La.

La Bauhinia 1

Après le Royal Monceau et avant de vous faire écho de mon récent diner au Pure du Park Hyatt, continuons notre road trip des palaces parisiens à l’heure du déjeuner. Aujourd’hui, hommage au Shangri La et son excellente formule déjeuner à 48 €.

Le lieu. A la Bauhinia, l’un des restaurants du palace baigné de lumière grâce à l’extraordinaire coupole de verre conçue par l’architecte Maurice Gras. Les tons pastels et chinoiseries ne sont peut être pas d’un goût parfait, mais le cadre reste fort confortable pour un déjeuner d’affaires.

La Bauhinia 2

Le menu le « 48″. Pensé par le chef étoilé Philippe Labbé, le menu propose le traditionnel trio entrée/plat/dessert en s’inspirant de la cuisine française et thaïlandaise. Pied de nez à ses confrères parisiens, le chef a préféré pimenter les plats plutôt que l’addition ; quelle sage décision !

Les entrées. Oeuf de poule mollet et croustillant, servi sur son lit de lentilles légèrement vinaigrées et pataugeant dans son jus crémeux. Un des grands classiques de la cuisine gastronomique qui a défaut de surprendre séduit toujours autant le palais. Quant à lui, le carpaccio de bar acidulé au vinaigre de mangues et condiments batifole avec la ciboulette et la bourrache dans une composition joliment florale.

La Bauhinia 3

Les plats. Envolons-nous vers des contrées lointaines avec Malaysia Airlines et entamons notre descente vers la Malaisie, avec ce Kari Ayam, fricassée de poulet au curry, riz biryani aux raisins, amandes parfumées à la cannelle, cardamone et badiane. Le plat relevé ne se fit non sans quelques turbulences mais nous ne nous abîmâmes pas dans la sauce au curry.

Les desserts. Retour sans embuche en France avec ce traditionnel éclair aux marrons aux portions généreuses. Le dessert tout droit inspiré d’Angelina reste perché en apesanteur, réussissant l’exploit de ne pas sombrer dans la surenchère calorique. Quant à l’ile flottante sertie d’amandes caramélisées, qu’il est agréable de redécouvrir des desserts simples et bons.

La Bauhinia 4

Les liquides. Verres de vin à partir de 14 €, bouteille 1L de San pellegrino à 11 €.

Les plus. Le prix imbattable de cette cuisine de haut vol. Pour les appétits d’oisillons, carte avec entrées à 16 €, plats à 31 € et desserts à 8 € (soit le prix d’un dessert dans n’importe quelle mauvaise brasserie parisienne).

Les moins. Aucun.

La Bauhinia au Shangri La Hotel, 10 Avenue d’Iéna, Paris 16

Critique : Exposition Martin Parr – Maison Européenne de la Photographie

Expo Martin Parr 1

Que de communiqués de presse, de grabuge médiatique et d’articles frôlant l’éloge panégyrique pour une bien maigre exposition photographique ! Voici l’impression générale qui se dégage en sortant des murs de l’hôtel particulier Hénault de Cantobre.

Depuis 1982, la Maison Européenne de la Photographie passe commande auprès de photographes renommées pour nous livrer leur vision de la capitale. Après Henri Cartier-Bresson, Edouard Boubat et bien d’autres, c’est autour de Martin Parr de nous faire redécouvrir les différentes facettes de cette ville magique.

Pendant deux ans, Martin Parr s’est attelé à nous livrer sa version de Paris, avec comme toile de fond le tourisme de masse évoqué autour d’événements majeurs tels que le défilé du 14 juillet, les défilés de mode, le salon d’aéronautique du Bourget ou encore Paris Plage.

Expo Martin Parr 2

Mais devant la pauvreté de cette exposition – une soixante d’œuvres tout au plus dont les 2/3 auraient pu être prises par un bloggeur au regard affuté – on se demande si Martin Parr n’a pas passé la majeure partie de ces deux années à la terrasse du Flore plutôt que d’arpenter les rues de Paris. La plupart des photos présentées ne sont pas nouvelles, on aurait aimé un vrai travail inédit.

Le travail de l’artiste n’est pourtant pas tout à fait vain. Devant la photo montrant ces touristes ahuris et sans culture mitraillant la pauvre Joconde avec leurs smartphones, on observe un bien triste phénomène : les visiteurs eux-mêmes prennent en photo le tirage ! Cette belle construction en abime montre à quel point la culture se réduit aujourd’hui à un tableau de chasse qu’on exhibe fièrement sur son profil Facebook. Consternant.

Martin Parr à la Maison Européenne de la Photographie, 5 rue de Fourcy, Paris 4

Jusqu’au 25 Mai 2014, entrée : 8 €

Critique : La Cuisine du Royal Monceau. Resto étoilé, déjeuner d’affaires.

Royal Monceau 1

Le Royal Monceau propose une formule déjeuner diablement efficace pour sustenter les appétits distraits des businessman. Il sauvera bien des déjeuners d’affaires où l’invitant tremble à l’idée de sortir sa carte bleue pour régler les agapes de ses congénères.

Auparavant, il fallait ruser en réservant discrètement sur La Fourchette en priant pour ne pas tomber sur une maritorne jactant « c’est une réservation La Fourchette ? ». La supercherie était alors démasquée et la honte ne pouvait qu’entacher votre tentative d’impressionner votre hôte.

Royal Monceau 2

Heureusement, le restaurant étoilé La Cuisine a eu l’excellente idée de proposer une formule déjeuner entrée/plat ou plat/dessert à 58 € et un trio E/P/D à 75 €. Ne comptez pas faire bombance, mais la cuisine se relève de grande qualité dans un cadre chic et décontracté.

La décoration. Difficile de rater l’omniprésente déco imposée par Starck. On se souvient du cabotin fanfaronnant sur son Riviera dans un reportage télévisé, nous racontant que las de ne pouvoir trouver des feuilles d’acanthe à suspendre au plafond, il finit résigné par les faire fabriquer sur mesure à Murano. Le résultat est à l’image du personnage : opulent, limite Roméo, avec des lustres de cristal rutilants, des drapées de blanc cloisonnant les espaces et des abat-jours métalliques aussi grand que des réacteurs d’avions d’A380. Le lieu n’en reste pas moins agréable, les clients confortablement installés dans des fauteuils ou canapés moelleux. L’endroit se prête particulièrement aux déjeuners d’affaires où, si vous arrivez un peu tard, vous aurez toutes les chances d’être placés sur une table de quatre en n’étant que deux.

Royal Monceau 3

La formule. Revue chaque semaine, elle se décline en 2 propositions d’entrées, de plats et de desserts. Cette semaine-là : accras de poissons ou œuf de poule frit en entrée, puis barbue du bassin d’Arcachon ou volaille jaune des Landes au tandoori. Et pour finir, tarte fine au chocolat Chloé ou millefeuille minute signés tous deux Pierre Hermé. La formule inclut également un café servi avec un mini-macaron.

Les plats. L’œuf frit sonne le tocsin ; le repas promet d’être léger mais gouteux. Emmitouflé dans sa panure, le polisson se complait sciemment sur son lit de légumes d’hiver et petite salade d’herbes fraiches. On pourrait presque le confondre avec un poussin gambadant dans les près. Celui-ci n’oppose pourtant que peu de résistance. Les dents de la fourchette le font pleurer jaune pour le plus grand bonheur des papilles.

Royal Monceau 4

Suit la volaille servie avec l’esthétique d’une côte de porc ; troublante expérience. Pourtant, l’audacieuse présentation est accompagnée d’une excellente surprise gustative : une viande fondante servie avec une purée des pommes de terre rattes enrubannée dans une sorte de gras double frit. Ce plat sophistiqué est indéniablement à la hauteur d’un restaurant étoilé.

Royal Monceau 5

Nous passerons finalement sur les desserts signés Pierre Hermé. Il faudra nous expliquer l’intérêt d’inscrire à la carte d’un restaurant étoilé des pâtisseries fabriquées dans une usine de la région parisienne. Qu’il est déplorable qu’un palace de cette renommée ne dispose pas d’un véritable pâtissier qui propose à ses clients des desserts audacieux plutôt que des desserts archi revus que l’on retrouve aussi bien au Printemps qu’au Drugstore des Champs-Elysées.

Le service. Servile.

Faut-il y aller ? Naturellement, la cuisine est excellente et le Royal Monceau a le bon goût d’être situé en plein cœur du quartier des affaires.

La Cuisine, Royal Monceau, 37 avenue Hoche, Paris 8

Hotel Adlon Kempinski Berlin: un écrin de luxe

Adlon Berlin 2

Loin du tumulte de la vie berlinoise, l’hôtel Adlon est une halte idéale pour savourer le luxe discret de ces vieux palaces patinés par le temps. Tout comme Berlin, l’hôtel Adlon possède une histoire riche en rebondissements.

Situé juste en face de le Porte de Brandebourg, sur la Pariser Platz, le premier hôtel fut construit en 1907. Il fut entre les deux guerres mondiales l’un des plus grands hôtels d’Europe et accueillit des célébrités comme Charlie Chaplin, Joséphine Baker ou encore Marlène Dietrich.

Adlon Berlin 1

Si l’hôtel survécut aux bombes qui rasèrent la ville, l’établissement fut pourtant ravagé par un incendie le 2 mai 1945 déclenché par des soldats soviétiques ivres. Après la guerre, le bâtiment principal fut démoli ainsi que tous les autres bâtiments de la place pour faire place à un véritable no man’s land entre Berlin Est et Berlin Ouest. Le mur fut érigé devant la porte de Brandebourg.

Ce n’est qu’en 1997, après la réunification, que l’hôtel Adlon fut reconstruit à l’identique, 90 ans après son inauguration. Le palace est aujourd’hui considéré comme l’un des plus beaux hôtels de la ville et accueille régulièrement des célébrités comme Michael Jackson en 2002 qui fit scandale en montrant son jeune fils depuis le balcon de sa chambre, devant des photographes et fans médusés.

Adlon Berlin 3

Le lobby. Cœur névralgique de l’hôtel, le lobby voit défiler hommes d’affaires, touristes venus prendre l’afternoon tea et clients de l’hôtel épuisés de leurs treks citadins. Le soir, le bar permet de savourer un currywurst ou un goulash sur fond de piano.

Les chambres. Tout le confort moderne d’une chambre 5 étoiles avec une déco soignée, des salles de bain en marbre et un mobilier raffiné.

Adlon Berlin 4

La piscine. Piscine de style néoclassique, jacuzzi et sauna un peu vieillots mais fort agréables.

Le service. Parfait sans être obséquieux et parlant français. Accompagnement jusqu’à la chambre, filtre à l’entrée de l’hôtel pour raccompagner les simples curieux venus avec la banane autour de la taille.

Adlon Berlin 5

Les plus. Service de préparation du lit le soir. Accompagnement à la chambre proposé. Domotique intelligente. Connexion Wifi gratuite.

Les moins. Pas de journaux en français, pas de machine à café dans les chambres, ni de corbeille de fruits.

Unter den Linden 77, 10117 Berlin, Allemagne

Critique : Bar L’Alcazar. Rue Mazarine.

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L’Alcazar est une de ces adresses germanopratines qui semble intemporelle. Ancien cabaret ouvert en 1968, l’Alcazar fut repris en 1998 par Sir Coran pour le transformer en restaurant-bar lounge. Terence Conran à qui l’on doit Habitat et le Conran Shop a transformé le 62 rue Mazarine en véritable temple des soirées parisiennes. Le cadre chic de l’établissement s’adapte parfaitement à l’organisation de soirées évènementielles, diners spectacles et soirées dansantes.

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Dominé par une verrière de 12m de hauteur, l’établissement dispose d’un restaurant au rez-de-chaussée et d’une brasserie/bar en mezzanine. Du 1er étage, on observe la clientèle diner tout en sirotant un verre (12-13 €). Le bar est l’un des repères favoris des cougars en quête de jeunes éphèbes mais l’ambiance reste bon enfant, sur fond de musique gentiment disco/electro. Un lieu à redécouvrir au hasard de vos pérégrinations parisiennes.

L’alcazar, 67 rue Mazarine, Paris 6

fermeture à 1h du matin

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