Critique : AD Intérieurs 2014. Décors à vivre, Musée Arts Décoratifs

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Critique Intercontinental Porto – un charme discret

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Critique : China Club : entre esprit colonial et fusion food.

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Dernières nouvelles

Le Centquatre. Les subventions au secours de la rentabilité

J’avais dénoncé sur mon blog en mai 2012 le scandale du 104, lieu culturel censé attirer les foules et devenu rapidement un véritable gouffre financier avec près de 100 M€ dépensés pour la rénovation de cet ancien Service municipal des pompes funèbres.

Pour rappel, Le CENTQUATRE est « un espace de résidences et de production pour les artistes du monde entier. Pensé comme un abri des esthétiques artistiques et culturelles élaboré sous des formes coopératives, il donne accès à l’ensemble des arts actuels au travers d’une programmation résolument populaire et contemporaine ».

Depuis, le rapport d’activité a été publié et les chiffres sont accablants. Intéressons-nous plus particulièrement au tableau dépenses/recettes ci-dessous :

Tableau 104

Ce tableau montre 4 choses :

- un lieu culturel archi subventionné à hauteur de 8 M€, financés par nos impôts locaux. Les subventions représentent 73 % des recettes de l’établissement. Ramené à la population, le CENTQUATRE coûte chaque année 3,60 € à chaque parisien,

- les recettes issues des spectacles ne couvrent que 80% des coûts techniques d’activité,

- les charges de personnel s’élèvent à 4,4 M€, soit 39% des charges totales. Ces dépenses permettent de rémunérer les 80 salariés permanents (à raison de +/- 36 K€ par salariés, charges retirées)

- malgré les colossales subventions accordées, le CENTQUATRE finit l’année 2012 avec un déficit de +/- 253 000 €.

Le constat est identique d’années en années, le rapport 2011 s’osait même à qualifier les dépenses de « contrôlées » et le budget de « maitrisé ». Ouvert depuis 2008, la réussite de l’établissement se fait attendre.  Le CENTQUATRE, véritable audace culturelle ou simple moyen de communication au service de la Mairie ?

Critique : Chez Ly Balzac. Ambiance Tintin et le lotus bleu

Chez Ly Balzac 3

 Madame Ly n’a rien à voir avec ces restaurants asiatiques élisant domicile dans le XIIIème arrondissement ou dans le microcosme de la rue Sainte-Anne. Bien au contraire, les adresses de Madame Ly s’affichent dans les arrondissements les plus prisés de la Rive Droite : Avenue Niel, rue Saussaies, rue Boétie et même Neuilly-sur-Seine. Pour sa 5ème adresse, Madame Ly n’a pas dérogé à la règle et s’est installée à l’angle de la rue Lord Byron et Balzac en Décembre 2013.

Le cadre. Le restaurant a pris place dans les lieux jadis occupés par le duo Johnny Halliday/Claude Bouillon et plus récemment par les Enfants Terribles de la famille Sibuet. La décoration a été remplacée par un cadre Shanghai des années 1930 avec de faux airs de « Tintin et le lotus bleu », l’opium en moins. Des tons rouges, de superbes volumes haussmanniens et de grandioses bouquets caressant le plafond et les moulures.

Chez Ly Balzac 1

La carte. Madame Ly, hongkongaise, et son mari vietnamien proposent aux palais français une cuisine d’inspiration chinoise et thaïlandaise. Le choix est pléthorique : 53 entrées, 53 plats et 10 accompagnements. Les entrées proposent les traditionnels potages, nems, rouleaux de printemps et dim sum autour de 12-13 €. Les plats s’enchainent avec les classiques poulet sauce aigre douce ou champignons noirs, filet de bœuf aux oignons, poulet sauté au basilic ou à la citronnelle, entre 21 et 28 €. Le canard laqué à la pékinoise est également proposé pour 118 €.

Les plats paraitraient presque abordables s’ils étaient servis avec riz ou légumes. Seulement voilà, il vous faudra rajouter les accompagnements à la carte, alourdissant considérablement l’addition (légumes sautés chop suey ou riz cantonais à 8,5 €, riz nature à 5,5 €, nouilles sautées à 12 €). Cette pratique frise la malhonnêteté.

Chez Ly Balzac 2

Côté dessert, choix limité avec mangue fraiche, perle de coco à la vapeur, beignet à la banane flambé (entre 9 et 10 €) ou encore flan exotique à 13,5 €.

L’impression. Certain reprocheront une cuisine trop policée, manquant de relief et d’épices. L’ensemble est en réalité plutôt correct mais les prix trop élevés ne compenseront pas l’atmosphère ouatée et surannée des lieux. La bière Tsingtao à 10,20 € finira par nous achever.

Chez Ly, 8 rue Lord Byron /3-5 rue Balzac, Paris 8

Critique : Shang Palace à l’Hôtel Shangri La Paris.

Shang Palace 1

Les restaurants chinois ne manquent pas à Paris. Mais lorsqu’il s’agit de proposer des plats de qualité, la liste se réduit malheureusement à peau de chagrin. Le Shang Palace fait partie de ces adresses divines qui nous rappellent les merveilleux déjeuners passés récemment à Hong Kong.

Le Shang Palace, récompensé par 1 étoile au Guide Michelin, se trouve dans le très chic palace Shangri La. Le restaurant se situe à l’entresol de l’hôtel mais la salle n’en reste pas moins attrayante. Le décor est raffiné, confortable mais pas opulent.

Shang Palace 2

Le menu Dim Sum à 52 €. Servi tous les midis sauf le dimanche et proposé pour l’ensemble de la table, le menu présente un rapport qualité/prix inégalable. Une succession de bouchées vapeur défilent sous vos yeux ébahis : ravioli aux crevette, bouchées de crevettes et porc, bun de porc laqué, ravioli de crabe au bouillon, buns de porc façon Shanghaienne, ravioli aux Saint-Jacques et boules moelleuses à la crème montée et fruits frais pour finir avec une note sucrée. Nous avions eu peur de ne pas être rassasié par ces dim sums, nous avons fini totalement repu (et sans nous être gavé de pain comme c’est souvent le cas dans ce genre d’adresses). Les produits sont de qualité, parfaitement travaillés. Les explications données par le personnel sont claires, précises mais pas pompeuses.

Shang Palace 3

Les boissons. Le menu offre en prime du thé tout au long du repas.

La clientèle. A la hauteur des lieux, classe et bien apprêtée.

Le service. Difficile de faire plus professionnel que les équipes œuvrant dans les hôtels Shangri La. Le personnel maitrise la technique sans être mécanique, une prouesse !

Faut-il y aller ? Comment osez-vous même en douter ?

Shang Palace, Hôtel Shangri La, 10 Avenue d’Iéna, Paris 16

Critique : Le Dôme Villiers. Thierry Bourdoncle à l’oeuvre.

Le Dôme Villiers 4

Rouvert en Juillet 2014 après plusieurs mois de travaux, le Dôme Villiers offre l’une des plus agréables terrasses parisiennes de Paris dans un quartier agréable à vivre, à quelques encablures des rues de Lévis et des Dames.

L’adresse a été reprise en 2012 par Thierry Bourdoncle, le magnat aveyronnais propriétaire d’une trentaine d’établissements à Paris dont le Paris – London à La Madeleine, la Palette à Saint-Germain des Près, le Hibou au carrefour de l’Odéon, le Pub Saint-Germain, le Mabillon, le Café Charlot, le Café Français à Bastille, le Dôme Saint-Paul ou encore le Scossa. Habituellement discret, l’homme d’affaires s’est fait remarquer l’année dernière en rachetant l’épouvantable Sénéquier à Saint-Tropez. Espérons qu’il saura lui redonner ses lettres de noblesse.

Le Dôme Villiers 2

La déco. Un savant mélange de styles anglais et cubain dans un environnement sombre et marqué par la présence de belles boiseries. Anglais avec ce bar ouvert jusqu’à 2h du matin, à l’éclairage mordoré rappelant les bars speakeasy tels qu’ils en fleurissent à Londres et à Paris. Cubain, pour ses murs couleur rouge brique et ses ventilateurs suspendus au plafond.

A l’extérieur, une triple terrasse donnant sur la Place, l’avenue de Villiers et la rue Lévis est le spot idéal pour « chiller » au soleil. Elle permet surtout de s’y attabler toute l’année grâce à un système ingénieux de radiateurs et un très chic store mécanique donnant un joli aspect industriel.

Le Dôme Villiers 3

La carte. Bien calibrée mais un peu chère. Plats entre 20 et 45 € (noix de saint jacques à 26 €, tartare de bœuf à 20 €, classique bacon cheeseburger à 22 €, paillard de poulet à 22 €, filet de bœuf à 36 €, côtelettes d’agneau à 30 € ou encore entrecôte Hugo Desnoyer à 45 €). Les appétits d’oiseau pourront se reporter sur les salades (16 à 20 €), les pizzas rectangulaires (20 €) ou partager une planche de charcuterie (18,5 €).

Les plats. Le pain servi en début de repas est souvent annonciateur de la qualité des plats à venir. Ici l’excellent pain a rempli cette fonction puisque le reste du repas fut tout à fait réussi. D’abord avec ce cheeseburger offrant une viande de qualité, des frites croustillantes et un pain moelleux. Ensuite avec ce plat du jour (filet de lieu) bien cuit accompagné d’une sauce au beurre légère et de légumes croquants. Les produits sont de qualité.

Le Dôme Villiers 1

Les desserts. Un choix plutôt restreint mais cherchant tout de même à sortir des sentiers battus : tarte tropézienne à 11,5 €, pavlova poire chocolat à 11,5 € ou encore nougat de la maison Sénequier  à 12,5 €. La pavlova, dessert à base de meringue nommé en l’honneur de la ballerine russe Anna Pavlova fut une belle surprise. Même si le dessert s’éloignait se sa stricte définition en manquant quelque peu de meringue, il offrait une légèreté étonnante proche d’un Merveilleux. Cependant le doute m’envahit quand je découvris que le centre était étonnamment froid ; le dessert serait-il surgelé et industriel ?

Les liquides. Des bouteilles à partir de 30 €, des carafes de 50 cl entre 20 et 30 € et des verres entre 5 et 8 €. Carafe de Pays d’Oc honorable.

Faut-il y aller ? Pour boire un verre, pour grignoter ou pour un diner romantique sur fond de musique jazzy, Le Dôme se savoure à tout instant de la journée.

Le Dôme Villiers, 4 avenue de Villiers, Paris 17

Critique : Restaurant Le Meurice par Alain Ducasse. Un restaurant 3 étoiles de haute voltige.

Meurice Ducasse 1

Dans le grand mercato annuel des chefs étoilés, Alain Ducasse s’est emparé des cuisines du Meurice en septembre 2013, succédant au regretté Yannick Alléno. Le restaurant est toujours fier d’afficher ses 3 étoiles au guide Michelin avec une cuisine travaillée et raffinée.

La réservation. Cette première étape nous avait quelque peu inquiété. Il fallut insister plusieurs fois avant d’avoir quelqu’un au bout du fil. Lorsque ce fut chose faite, l’interlocuteur nous invita à confirmer notre venue la veille. Qu’il est désagréable de devoir rappeler au personnel que ce n’est pas au client de confirmer sa venue dans ce genre d’établissements, mais plutôt l’inverse. Le jour de notre réservation, il faudra également recadrer le réceptionniste après avoir essayé en vain d’appeler le restaurant pour prévenir de notre léger retard. Le téléphone sonnant toujours dans le vide, nous  dûmes appeler directement la réception de l’hôtel qui souhaitait d’abord nous rediriger vers ce numéro fantôme !

Meurice Ducasse 2

La salle. Redécorée par l’inévitable Philippe Starck en 2007, la salle n’a pas perdu de sa superbe avec ses dorures, ses lustres imposants et ses belles moulures. Avec le restaurant Les Ambassadeurs de l’Hôtel Crillon, le lieu s’inscrit comme l’une des plus belles salles à manger parisiennes. On regrettera cependant le mobilier moderne tranchant avec le classicisme de la salle et les verres à eau en cristal de Murano rappelant le style Duralex.

Meurice Ducasse 3

Le menu déjeuner à 130 €. L’enchainement divinement orchestré par une équipe au petit soin commence par un amuse-bouche composé de légumes du potager à tremper dans une sauce délicieuse et onctueuse. L’entée arrive ensuite avec une bonite fondante saupoudrée de bonite séchée et accompagnée de bolets en tranches. Le plat n’est pas en reste avec cet homard sauce au beurre et galette tressée de pommes de terre. Les cuissons sont parfaitement maitrisées, les sauces exécutées avec brio.

Meurice Ducasse 4

Après un intermède fromager de Brie de Meaux, place au dessert et sa composition de chocolat à la glace praliné. Un soufflé au chocolat noir vient compléter le tableau. On aurait cependant préféré un dessert peut-être un peu moins chargé pour finir un tel repas gastronomique, même si ce dernier n’avait rien à se reprocher.

Le café vient conclure ce beau déjeuner avec un accompagnement de sorbets fruités et une boite de chocolats venant de la Manufacture de M. Ducasse installée rue de la Roquette.

Meurice Ducasse 5

La clientèle. Une salle comble, principalement asiatique.

Le service. D’un grand professionnalisme, courtois et serviable mais jamais obséquieux. Toujours précis mais discret.

Faut-il y aller ? Évidemment.

Le Meurice, Hôtel Meurice, 228 rue de Rivoli, Paris 1

Critique : Hôtel Kempinski Cathedral Square Vilnius

Kempinski Vilnius 1

Les voyages éprouvants demandent des hôtels réconfortants. Après une longue marche dans les rues pavées de Vilnius, rien de mieux que de poser sa valise à l’hôtel Kempinski Cathedral Square. Kempinski est l’une des rares chaines hôtelières du Vieux Continent capables de rivaliser avec le luxe et le professionnalisme des opérateurs américains et asiatiques.

Kempinski signe ici l’une de ses plus belles réalisations avec un hôtel bénéficiant d’un emplacement idéal pour découvrir la ville, en face de la Cathédrale. Ancienne maison du Télégraphe puis Hôtel New York, l’hôtel s’est installé dans un bel immeuble néoclassique. Rénové avec goût pour un coût dépassant les 30 M€, l’hôtel dispose de 96 chambres incluant 13 suites, le restaurant Telegrafas, le Salon bar & lounge ainsi qu’un spa avec piscine intérieure.

Kempinski Vilnius 2

Annoncée en 2007 puis en 2009, l’ouverture fut plusieurs fois retardée pour diverses raisons : crise économique, fouilles archéologiques et suppression de la compagnie nationale FlyLAL en 2009 complexifiant la desserte de Vilnius depuis l’Europe.

Il aura fallu attendre 2012 et l’annonce de l’arrivée d’une nouvelle compagnie aérienne, Air Lituanica, desservant Amsterdam, Berlin, Bruxelles, Munich, Prague, Paris et Londres pour que l’hôtel soit inauguré en grande pompe en avril 2012. Attirant les hauts dirigeants tels la Chancelière Angela Merkel ou encore le Président François Hollande, l’hôtel fut vite récompensé et classé dans la catégorie « Best new hotels 2013″ par le très élitiste Conde Nast Traveler.

Kempinski Vilnius 3

Les chambres. Une Deluxe Room offrant sur près de 40 m2 des prestations de qualité : literie pour nuits divines, décoration raffinée, salle de bain élégante en marbre et dressing pour garde-robes fournies. Le balcon donnant sur la cathédrale est plus qu’appréciable et le Wifi est bien entendu gratuit.

La restauration. Le petit-déjeuner, inclus, s’avère excellent avec son buffet de qualité. On apprécie les petites attentions : miel fabriqué par l’hôtel, chocolat à tartiner maison, Prosecco à volonté, etc. A l’heure de l’apéritif, la clientèle profite du luxueux lobby rappelant à s’y méprendre celui de l’Adlon à Berlin (également exploité par Kempinski).

Kempinski Vilnius 4

Le spa. Une piscine un peu petite mais un combo jacuzzi/sauna bien agréable.

L’accueil. Un verre de Prosecco offert à l’arrivée, l’accompagnement à la chambre en bonne et due forme, le sourire à chaque rencontre avec le personnel.

Kempinski Vilnius 5

Les plus. La décoration raffinée des chambres, la literie impeccable, le lobby grandiose, le service « palace », la situation de l’hôtel.

Les moins. La cafetière dans la chambre qu’on aurait préféré troquer contre une Nespresso, l’absence de portier, le Bar un peu froid rappelant les hôtels standardisés type « Novotel ».

The Kempinski Hotel Cathedral Square Vilnius

PlugGate Place Vendôme : McCarthy, quand l’art devient idéologie.

'Tree' By Paul McCarthy - Monumental Artwork At Place Vendome In Paris442px-Rotterdam_kunstwerk_Santa_Clausmccarthy_Brancusi_Tree

Sources photos : Getty Images / Wikipedia / Ikon LTD

La FIAC n’aura jamais fait autant parler d’elle avec son œuvre « Tree » installée de courte durée Place Vendôme. Cette structure gonflable de 24 m de haut imaginée par Paul McCarthy devait s’inscrire dans le cadre de la programmation « Hors les murs » de la FIAC 2014. Dès son installation – mercredi 14 octobre, au beau milieu de la Place Vendôme – l’œuvre avait suscité de nombreuses réactions et le jour de son érection, l’artiste affirmait avoir été agressé à 3 reprises par un inconnu.

Durant la nuit de vendredi à samedi, l’œuvre a été « saccagée » selon les termes employés par la Presse. En réalité elle fut plutôt démontée par des inconnus (débranchement de l’alimentation de la soufflerie qui maintenait la structure gonflable et déharnachement) mais pas détériorée ; l’enveloppe en plastique n’ayant pas été abimée. Devant les vives réactions suscitées par cet événement, l’œuvre ne sera finalement pas réinstallée contrairement à la volonté de la Mairie.

FRANCE-ART-TREESource photo : Huffington Post

D’où est née la polémique ? La structure gonflable évoquait pour certains un simple arbre de Noël, pour d’autres une réplique évidente d’un sex toy (appelé plug anal, d’où l’affaire dorénavant appelée « PlugGate »). Comme le souligne la directrice artistique de la foire, Jennifer Flay, l’œuvre avait « reçu toutes les autorisations nécessaires : de la Préfecture de Police, de la Mairie de Paris et du Ministère de la culture ». Ces derniers pouvaient-ils ignorer l’allusion sexuelle de cet objet ? Pas si sûr si on en croit les propres révélations et le passé sulfureux de l’artiste.

Qui est l’artiste ? Paul McCarthy est un artiste américain spécialisé dans les œuvres provocatrices tendance scato : des étrons géants exposés à Hong Kong en 2013, un Père Noël tenant un godemiché à Rotterdam en 2001 ou encore un autre godemichet en 2007, le « Brancusi Tree ». L’homme de 69 ans a même avoué que son œuvre place Vendôme « pouvait autant, sinon plus, faire penser à un plug anal qu’à un arbre de Noël ». En résumé, la Mairie de Paris, le Ministère de la Culture et la Préfecture de Police ne pouvaient donc ignorer le penchant obsessionnel de l’artiste pour le pornographique et ont donc cautionné cette « provocation » sexuelle. Preuve en est, l’artiste exposera à la Monnaie de Paris ses œuvres dans une exposition intitulée Chocolate Factory (je vous laisse imaginer le sens figuré du mot chocolat).

Des réactions disproportionnées ? Dans cette affaire, au-delà de toute considération artistique que nous évoquerons plus tard, c’est surtout les réactions qu’elles ont suscitées qui sont intéressantes à analyser. Florilège :

- « la Ville ne cédera pas aux menaces de ceux qui, en s’en prenant à un artiste ou à une œuvre, s’en prennent à la liberté artistique » – Anne Hidalgo, Maire de Paris,

- « La honte et l’humiliation pour la France, ce n’est pas l’œuvre gonflable éphémère Place Vendôme, ce sont ces imbéciles qui la dégradent » – Bruno Julliard, adjoint à la Mairie de Paris chargé à la culture,

- « On dirait que certains soutiendraient volontiers le retour d’une définition officielle de l’art dégénéré » – Fleur Pellerin, Ministre de la Culture, faisant ouvertement référence à l’interdiction par les nazis de l’art moderne qu’ils qualifiaient « d’art dégénéré ».

De toutes ces réactions agitant les diners mondains parisiens, il en ressort deux principaux éléments :

- une réflexion plus profonde à mener sur l’art et sa définition, et ses potentiels limites à ne pas dépasser,

- des réactions disproportionnées pour un événement somme toute assez banal, et tournant rapidement aux questions de société : certains n’ont pas hésité à mettre les opposants de cette œuvre sous l’étiquette de « catho intégriste ». La notion d’art fédérateur semble s’éloigner.

mccarthy-photos-027Source photo : Art 21

Une réflexion plus profonde : qu’est-ce qu’une œuvre d’art ? Ce sujet pourrait bien volontiers se retrouver dans les épreuves du futur bac philo. Il pourrait même se prolonger par « la liberté des uns s’arrête elle là où celle des autres est reniée » ? L’artiste qui voulait selon ses propres termes « engendrer une réflexion profonde autour de l’existence même des objets comme mode d’expression à part entière, notamment dans la pluralité de leur signification » a finalement créé une guerre d’idéologie.

Cette œuvre devait-elle être exposée Place Vendôme ? L’œuvre aurait plutôt eu sa place dans un musée ou une galerie d’exposition où le public choisit sciemment de se soumettre à ces œuvres dérangeantes (comme par exemple l’exposition de Larry Clark avec ses photos pornographiques d’adolescents), plutôt que de les imposer violemment au regard d’un passant passif.

S’agit-il d’une œuvre d’art ? L’artiste s’autoproclame souvent artiste et dans un second temps s’arrange pour trouver des appuis institutionnels. Si Marcel Duchamp avait en son temps exposé un urinoir, il ne manquait pour autant de talent (voir ses peintures exposées actuellement au Centre Pompidou). L’art semble échapper à toute limite, même s’il dépasse parfois la bienséance. A l’inverse, une paire de seins nus sur une pochette de l’album d’Etienne Daho fut censurée dans le métro alors que la publicité  semble pourtant une forme d’art comme les autres.

LesChansonsDeLInnocenceRetrouvee_Pochette_560x560Etienne-Daho

Sources photos : dahoofficial.com / justmusic.fr

Y a t-il des limites à respecter ? Peut-on accepter, comme nous l’avons déjà vu, des acteurs s’adonner à l’onanisme ou déféquer sur la scène d’un théâtre au nom de l’art ? Peut-on exposer une guirlande de chaire humaine sous prétexte qu’elle affirme une certaine quintessence de l’art ? La réponse se trouve peut-être dans nos sex shops, futurs musées d’Art Moderne.

Critique : Glou Paris

Glou Paris 1

Tour à tour journaliste gastronomique, spécialiste de l’environnement de la qualité de vie et rédacteur en chef du magazine Régal, Julien Fouin enchaine les ouvertures de restaurants : Glou, Jaja et plus récemment Beaucoup.

Si les méchantes langues diront qu’il est bien pratique d’ouvrir un restaurant lorsqu’on gravite dans la sphère journalistique, épaulé par les fonds de Marion Cotillard, d’autres ne jugeront que par les qualités gustatives des plats proposés. Entamons notre analyse purement gastronomique.

Glou joue la carte du néobistrot avec une salle tout en longueur et son mur en pierres apparentes. On préfèrera le 1er étage avec une vue théâtrale sur l’Hôtel Salé et son jardin, plus connu sous le nom de Musée Picasso.

Glou paris 2

La carte. Un peu pompeuse avec des cannelloni farcis aux légumes croquants (17 €), une sèche rôtie au four et sa julienne de courgettes et de mangue (21 €), un poisson du jour de retour de la criée (23 €), l’inévitable tartare/frites (18 €) ou encore un quasi de veau rôti (24 €). En desserts, petit pot au chocolat de ma grand-mère (9 €), véritable cheese cake (9 €) ou encore crumble aux pommes (9 €).

Les plats. Ensemble correctement exécuté et plutôt réussi. La présentation de la sèche mériterait cependant d’être revue pour éviter l’effet « pieuvre échouée dans une barcasse ». Les desserts sont quant à eux un poil décevant au vu de leur tarification

Les liquides. Glou-glou le rosé pétillant et le Saint-Nicolas de Bourgueil bien choisis.

Le service. Si le musée Picasso avait fait nocturne, nous aurions pu profiter de l’heure d’attente entre la fin du plat et l’arrivée du dessert pour y faire un saut. Service parfaitement sympathique mais débordé.

Faut-il y aller ? Pourquoi pas.

Glou, 101 rue vieille du temple, Paris 3

City Guide – Itinéraire Shoreditch District avec plans

Shoreditch map

Notre promenade débute à la station de métro « Shoreditch High Street ».

Commencez par remonter Shoreditch High Street en passant devant les restaurants à la mode : Pizza East (n°1) et Dishoom Bombay Café (n°2) puis jetez un coup d’œil au Ace Hôtel (n°3). Ce boutique hôtel est le symbole de l’hôtellerie 2.0 : déco industrielle façon loft, vastes parties communes où la clientèle est invitée à se prélasser et réceptionnistes cultivant leur hype attitude avec casquette de rappeur et barbes de 3 jours.

Shoreditch 9

Au carrefour, tournez à gauche sur Old Street pour atteindre Hoxton Square. Ce block articulé autour d’un joli square propose quelques excellents bars comme le Electricity (n°4) ainsi que des restaurants à la mode. A l’heure du brunch, on se régale chez Bill’s (n°5) ou encore The Breakfast Club (n°6) où la queue prend souvent des proportions délirantes.

Shoreditch 1

Revenez sur vos pas jusqu’au carrefour précédent et continuez sur Hackney Road avant de bifurquer rapidement sur Columbia Road. Marchez quelques minutes jusqu’au marché aux fleurs (n°7) qui débute à partir de Ravenscroft Street. Vous êtes désormais dans le plus bel exemple de reconversion de quartiers cracra en lieux alternatifs : cafés, brocantes, fleuristes ou encore primeurs animent la petite rue. Des échoppes minuscules squattent désormais des entrées d’immeubles et vendent cafés, jus de fruits pressés et cakes. La clientèle est encore authentique et les bobos ne semblent pas encore avoir envahis et dénaturés l’endroit.

Shoreditch 2

Revenez ensuite sur vos pas puis bifurquez sur la droite au niveau de Shoreditch High Street, à Calvert Street. Vous passerez par Arnold Circus, jolie place arborée avec quelques beaux immeubles.

Prendre Camlet Street et tournez à droite à Old Nichol Street. Tournez à gauche au niveau de Boundary Street en passant par l’hôtel du même nom : The Boundary (n°8). Le boutique hotel propose un rooftop parmi les plus agréables et intimistes de Londres.

Shoreditch 3

Tournez ensuite à gauche sur Redchurch Street puis tout de suite à droite sur Ebor Street. Vous déambulez parmi les boutiques de jeunes créateurs et designers jusqu’à Bethnal Green Road. A l’angle se trouve le célèbre The Shoreditch House (n°9) qui occupe les 3 derniers étages de cet ancien entrepôt. Le lieu rassemble un hôtel et un club privé ; un pari audacieux pour ce quartier en devenir qui semble pourtant réussir.

Shoreditch 5

Remontez Bethnal Green en longeant les magasins installés de l’autre côté du trottoir dans des containers : il s’agit du projet BoxPark (n° 10). Profitez-en pour jeter un coup d’œil au Beach Blanket Babylon (n°11) avec son décor feutré.

Rebroussez chemin puis empruntez Sclater Street avant de rejoindre Brick Lane sur votre droite. Descendez la rue (n°12) dans ce joyeux mélange de street food, fringues pas chères et bars. En cas de soif intense, vous pouvez faire une halte dans l’une des adresses suivantes : The Old Truman Bevery, Vibe Bar, 93 Feet East ou encore Café 1001.

Shoreditch 6

Tournez à droite au niveau de Fournier Street pour revenir sur la grande avenue ; Commercial Street. Profitez en pour jeter un oeil à The Old Spitalfields Market (n°13).

Remontez ensuite Commercial Street et allez vous ressourcer au pub The Commercial Tavern (n°14), en face du Costa. Ne manquez pas son superbe décor, en particulier le 1er étage.

Shoreditch 7Source : http://hangthecliche.com

Continuez votre route pour revenir sur Shoreditch Higth Street et faites un crochet par Great Eastern St jusqu’au Village Underground (n°15). Facilement identifiable avec ces 2 wagons sur le toit de l’immeuble, cet ensemble est un lieu collaboratif  où se réunissent artistes et fêtards. Finalement, rebroussez chemin pour revenir à la station de métro Shoreditch High Street.

Shoreditch 8Source : http://www.heathershimmin.com/

Quand y aller ? De préférence le weekend, lorsque les rues s’animent avec les marchés de rue et pour profiter d’un bon brunch.

Accès : Station de métro  « Shoreditch » (East London), Bus (8, 26, 35, 47, 48, 78, 135, 149, 205, 242, 388)

Critique : Les soufflés du Récamier. Quand la Cigale Récamier se grille les ailes.

Soufflés Récamier 1

La Cigale Récamier était une adresse réputée et spécialisée dans les soufflés sucrés salés. A déjeuner,  les hommes politiques fréquentaient cet endroit paisible pour se laisser aller à quelques confidences. Le soir, la bourgeoisie du 7ème leur emboitait le pas de façon inconditionnelle pour se délecter de ces mets aériens.

Mais la belle histoire a pris fin en Juin 2014 lorsque la Cigale ferma ses portes pour d’importants travaux de rénovation. Ce qui devait être un simple rafraîchissement tourne aujourd’hui à la zone sinistrée : les Caterpillar ont envahi la salle pour faire naitre un inqualifiable pandémonium. Rouvert en septembre, les clients ont découvert une salle aux allures de bungalows de chantier ou de camisole pour schizophrène, avec cette indescriptible toile cirée tendue à une ossature métallique façon Placoplatre. Je préfère encore aller prendre le thé à l’hôpital américain, l’ambiance y est moins clinique et anxiogène. Mon récent passage m’a même foutu le cafard et il me semble insensé de laisser une  personne seule diner ici, au risque qu’elle commette l’irréparable avec la Seine si proche.

Soufflés Récamier 2

A défaut d’avoir des explications de la direction qui ne parlent visiblement pas aux manants, nous finissons par tendre l’oreille aux tables voisines. Les travaux ne seraient pas finis et le mobilier provisoire suite à un contentieux avec le propriétaire des murs. A supposer que nous ayons bien compris, la réouverture me semble prématurée, les clients ne sont pas là pour financer la fin des travaux.

En attendant, on s’installe sur des chaises de bistrot en rotin signées Gatti, collés serrés avec les autres tables. Fini le cadre feutré et exit la clientèle bourgeoise qui vient tirer ses adieux avant de naviguer vers d’autres royaumes.

Le système de réservation. Désormais, les réservations sont officiellement proscrites. Enfin, en principe. En réalité, les clients VIP peuvent toujours compter sur leur table, quelque part entre le crématorium et le funérarium.

La carte. Des tarifs à la hausse mais des quantités et une qualité suivant bien sûr la tendance inverse. Soufflés entre 19,5 et 24,5 € (chèvre frais, poule au pot, rougets rôtis, épinards, champignons, etc.) avec certaines propositions inutilement choquantes comme ce soufflé hamburger et ketchup. A quand le soufflé aux nuggets cannelle ? Côté desserts, les soufflés se déclinent en propositions plus classiques (Grand Marnier, vanille, chocolat noir, pêches de vigne, fraises) et s’affichent entre 12 et 14,5 €. Verres de vin à +/- 6 €.

Soufflés Récamier 3

La dégustation. Le four semble connaitre de sérieux problèmes de réglages car les soufflés arrivent en moins de 10 min et ne sont évidemment pas cuits ; ces derniers devraient être légèrement fondants alors que la pâte manque cruellement de cuisson. Quand on fait la remarque aux serveurs, ces derniers haussent les épaules en feignant l’étonnement.

Les liquides. La carafe d’eau se réinvente sous forme de vérin hydraulique peu pratique. Le vin rouge est servi glacé ; une façon classique d’annihiler sa médiocrité.

Le service. Complètement à l’Ouest, jouant les professionnels mais étant incapables de desservir une table ni d’enchainer avec la prise de commande du dessert. La réponse bébête du serveur est pourtant limpide : « on a un nouveau système de commandes informatisées ». Franchement le client n’a que faire de leurs problèmes informatiques. On s’adapte, on se gère et on se forme. On rôde le service à blanc avant l’ouverture, et on est opérationnel le jour J.

Soufflés Récamier 4

La suite du repas. Il faut savoir abandonner les armes et se retirer du combat à temps. Pour ne pas tomber de Charybde en Sylla, nous avons fait quelque chose qui ne nous était pas arrivé depuis longtemps : quitter la table et demander l’addition. Nous nous serons épargnés 2 desserts + 2 cafés + 2 autres verres de vin, soit une économie de près de 50 € (et autant de chiffre d’affaires en moins pour le restaurateur).

Que s’est-il passé ? A notre départ, nous n’avons pas pu nous empêcher de faire savoir notre mécontentement au patron, qui plutôt que d’essayer de s’enrichir de nos critiques, s’enferma dans une posture insolente et hautaine. A mon avis, le patron a eu la folie des grandeurs en souhaitant transformer une adresse de quartier en machine à cash prête à partir à la conquête du monde. Le nom a changé, une adresse est déjà prévue à Londres, et le lieu se spécialise officiellement dans le soufflé (tout en continuant à servir des plats de brasserie …). Pourquoi pas, mais le patron ne se donne pas les moyens de réussir et la salle est aujourd’hui loin d’être pleine. Le boss  joue un pari audacieux et risqué en sacrifiant sa clientèle fidèle bourgeoise et politicienne pour la transformer en une clientèle type « Relais de l’entrecôte ». Je ne suis pas convaincu de cette démarche, tout simplement parce que le produit « soufflé » est plus élitiste que l’entrecôte et que la déco joue un rôle prépondérant dans la réussite d’un concept.

Et le client dans tout ça ? Encore une fois, le client est relégué au rang de vache à lait. Cela me rappelle un épisode de Cauchemar en Cuisine avec le chef étoilé Gordon Ramsay où la patronne s’étonnait que son restaurant soit si vide alors qu’aucun client n’avait l’air d’être mécontent. Et au chef de répondre une remarque très juste « le client ne se plaint jamais  » (sûrement de peur de ne pas être écouté ou pire, d’être envoyé baladé). Aujourd’hui il attend même de rentrer chez lui pour se déchainer sur les sites de critiques et publier un avis acerbe de sa soirée. Restaurateurs, sortez de votre piédestal, les temps ont changé et les lendemains risquent d’être difficiles. Rappelons qu’en France, un restaurant sur deux ferme avant sa troisième année d’exploitation.

Les soufflés du Récamier, 4 rue Récamier, Paris 7

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