Critique : Le bar de l’hôtel Murano Ressort : le palace karaoké à République.

                         muranobar.jpg

Impossible d’ouvrir un magazine qui parle de mode ou de sorties branchées sur Paris sans voir figurer le nom du Murano. Placardé dans les revues, sur Internet ou dans les journaux, on se dit que ce lieu doit vraiment être exceptionnel pour déchaîner un tel engouement. Curieux comme nous sommes, nous nous sommes empressés d’aller vérifier ces dires.

On ne pourra pas reprocher au Murano de manquer d’audace en s’installant à République (face au cirque d’Hiver, métro Filles du Calvaire), dans un quartier peu habitué aux palaces. Tout juste, le remarquerait-on si on n’était pas un brin attentif.

Il n’est pas loin de minuit, lorsque nous franchissons la porte du Murano pour nous diriger vers le lobby. On croirait rentrer dans le hall d’un service pédiatrique. Manifestement, personne n’est là pour nous accueillir. Seuls des serveurs over-lookés qui visiblement se soucient plus de leur apparence que de leurs clients. Quelques instants plus tard, une hôtesse finit par nous placer dans ce même lobby, près de la cheminée.

Parlons d’abord de la déco. Le lobby est assez réussi et puise son inspiration dans d’autres palaces parisiens. Les tables en marbre éclairées par un bouton pression façon Concorde Lafayette, une grande baie vitrée donnant sur une cour intérieure et les chambres de l’hôtel à la manière du Pershing Hall … A son centre, un fauteuil très année 60 qui rappelle les causeuses d’époque Louis XV.

Mais l’originalité de ce lobby, c’est surtout sa gigantesque cheminée tout en longueur, qui fonctionne au gaz et qui diffuse une agréable chaleur particulièrement bienvenue en ces périodes hivernales. Le long des canapés, la vue est parfaite pour pouvoir observer le bar en face et les allers et venus des clients malgré une impression d’être dans le hall d’un aéroport. C’est « the place you’d rather be ». Le bar quant à lui est signé Starck, avec des murs capitonnés façon cellule de camisole à Sainte-Anne. Il n’y a ici que des tables hautes et de grands tabourets rapidement inconfortables pour les jambes. Le bar est très coloré jouant sur les nuances d’orange et de violet. Des projecteurs envoient des animations sur des écrans face au bar.

Mais ce qu’on aime au Murano, c’est l’esprit anti-conformiste avec par exemple ce sapin de Noël accroché par les pieds au plafond tel un lustre ou les écrans de télé dans les toilettes. Une transgression des codes stricts des palaces traditionnels réussie.

                    murano.jpg

Passons aux choses sérieuses en parlant du service et de la carte.

Service plus que moyen, surtout après avoir poiroté pendant un certain temps avant qu’on daigne nous placer. Prise de la commande un quart d’heure plus tard. La carte propose des cocktails à 19€ à base de poivrons rouges, concombres etc. (pas de cocktails classiques). Premier choix : le Moet & Chandon rosé à 19€ mais au bout de cinq minutes, le serveur nous informe qu’il n’y en a plus. Service quand tu nous tiens. Nous prenons finalement un autre champagne rosé à 22€. Arrivé des coupes un quart d’heure plus tard (on se demande pourquoi). Pas un « voici », ou un « bonne dégustation », ou encore un « je vous en prie» de la part du serveur. Ne comptons pas non plus sur les cacahuètes ou les chip d’accompagnement. Heureusement, le champagne est bon, nous allons pouvoir passer une bonne soirée.

Seulement, à peine installés, voici que commence l’impensable : un homme se met à chanter façon karaoké en se promenant avec son micro pour faire participer les clients qui n’ont aucune envie de pousser la chansonnette. Le son étant assez fort, difficile de discuter. Je ne dénigre absolument pas le karaoké, mais je le trouve gentiment déplacé dans un endroit où on paie des prix pareils. C’est sûrement le côté anti-conformiste et branché qui veux ça. Une subtilité que seuls les plus « in » peuvent comprendre. Heureusement il s’est tut un quart d’heure après. Pour le reste la musique de fond électro n’est pas mal du tout.

Enfin mention particulière aux courants d’air frais dans le lobby venant de l’extérieur qui agitent le rideau tel un fantôme, et qui contraste à merveille avec la chaleur apportée par la cheminée. Parfait pour attraper une rhino réussie.

Service vestiaire inexistant, clientèle internationale très branchée et people.

Le Murano Ressort, 13 boulevard du Temple, Paris 3ème.

 

 

Inscrivez-vous

Subscribe to our e-mail newsletter to receive updates.

Aucun commentaire.

Laisser un commentaire

Bar Le Yachting |
La Passion Des Hamsters |
NOS ANNEES COLLEGE |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Des perles et encore des pe...
| scrapb
| sapl