Critique Le Bar du Plaza Athénée : nouveau test.

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S’il est une chose dont Paris peut se vanter, c’est bien du nombre impressionnant de restaurants et de bars branchés qui l’animent chaque soir. Parmi eux trop n’ont aucun intérêt, mais d’autres réservent d’agréables surprises. Les bonnes adresses se comptent sur les doigts de la main et doivent toujours être suivies de près, car leur chute n’est jamais très loin et chacun vit dans une sorte d’équilibre instable qu’il est vite fait de perturber. Le Bar du Plaza en est la parfaite illustration.

 

A lire les critiques sur Cityvox, on se demande si le prestige du lieu et son cadre luxueux ne jouent pas un effet presque lobotomisant sur les gens : tout devient fabuleux, un simple verre devient l’expérience de toute une vie, subjugués par un endroit branché ou se côtoie tout le gotha international. Mais gardons la tête sur les épaules. La salle est globalement réussie, mais le soir le bloc en plâtre ovale au dessus de la cheminée fait étrangement penser à une hotte aspirante pour cuisine Hygiéna. Quant au bar glacé, il a pris un certain coup de vieux avec ces dessous de verres lumineux qui s’allument au passage de la main.

Nous décidons de nous installer cette fois-ci au bar, perchés sur d’immenses tabourets. Alors que nous nous attendions à recevoir la carte des boissons, on nous apporte à la place un cadre photo numérique en nous expliquant que la carte figure sur l’écran et qu’il faut appuyer sur tel ou tel bouton pour passer à la page suivante. Je dois dire que l’idée est originale et assez intéressante, le seul problème c’est que c’est illisible. Remarque, ils sont assez malins parce qu’avec ce système le client n’arrive ni à lire le descriptif des cocktails ni encore moins leur prix. Tout ce qu’on peut dire, c’est que la plupart de leur « décoctions » sont faites à base de Vodka et qu’en quelques années ils sont passés de 22€ à 26€. L’inflation ne semble pas avoir épargné les palaces.

Agacés par cette carte numérique à l’écriture lilliputienne nous abdiquons et prenons finalement deux coupes de Laurent-Perrier à 24€.

Le service est tout aussi brut que le champagne : à peine si les coupes ne nous sont pas lancées sur le bar comme de vulgaires choppes de bière dans un resto moules-frites. Ne contez pas non plus sur les amuse-gueules, ce n’est pas le genre de la maison.

Au bout d’une heure, épuisés par ces chaises hautes inconfortables et les serveurs nous indiquant poliment le chemin de la sortie (1h30 du matin, dieu sait ce qu’ils ferment tôt ces bars), nous réglons l’addition.

 

Cela peut paraître un comble mais dans tous ces endroits le « branché » devient quelque chose de conventionnel avec cette fâcheuse tendance à toujours vouloir surprendre le client. Du coup le bar n’est plus un lieu où l’on vient prendre une boisson, mais un endroit où l’on paie pour profiter d’un « concept ». Le problème c’est qu’à 24€ le concept modeux qu’on retrouve partout ici et là, c’est drôlement cher.

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2 Réponses à “Critique Le Bar du Plaza Athénée : nouveau test.”

  1. Jason
    21 janvier 2009 à 19:21 #

    J’aime bien votre façon d’écrire. Il me tarde de tester ce bar pour voir s’il un réellement un intérêt ou si c’est vraiment l’arnaque à la Parisienne (j’ai ma petite idée déjà…)

    Merci pour tous ces conseils !

    Jason

  2. driss
    17 juin 2011 à 23:23 #

    Je suis en accord parfait avec votre commentaire. J’ai voulu marcher dans la trace des sillons dorés des figures littéraires qui ont assuré la célébrité des prestigieux palaces parisiens. Le 1er choix a été le bar du Plaza. Mauvaise idée : sans doute aveuglé par les strass et paillettes d’une série telle que sex and the city qui a porté au pinacle cet endroit.
    Nous sommes arrivés dans un endroit surfait, voulant joué sur les couleurs intimistes. Mais les couleurs à la dario argento bleu-rouge tranchaient trop avec l’obscurité : ona eu l’impression avec mon ami de se retrouver dans une vulgaire boîte d’échangistes. Le service a été exemplaire en froideur. Pas d’accompagnements. Sensation de malaise à la limite du désastre. Je suis resorti très amer. Illusions balzaciennes perdues : comme si je prenais conscience d’une vague fumisterie. Heureusement, ô heureusement que j’ai dépassé cette expérience et celle tout aussi mauvaise du 228 au Meurice pour apprécier les services légendaires et irréprochables du George V et du Ritz. Deux petites merveilles d’endroit dont j’ai fait mon miel avec constance.

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