Archive | juillet 2008

Parc André Citroën : jets d’eau et montgolfière indicateur de la qualité de l’air.

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La chaleur ne réussit pas à Paris et les parisiens sont toujours à l’affût d’endroits pour se rafraîchir. Bien sûr il y a l’option « passer la journée dans un magasin climatisé », mais ce n’est pas forcément la solution la plus romantique. Pourquoi ne pas allez plutôt au Parc André Citroën ?

Construit dans les années 90, le parc s’étend sur les anciens ateliers de la célèbre marque de voiture et permet de se ressourcer loin de l’agitation de la ville. Au centre du parc se trouve la célèbre montgolfière Air de Paris (ex. Eutelsat) qui s’élève plusieurs fois par jour à une centaine de mètres du sol, permettant à la trentaine de passagers de profiter d’un panorama époustouflant de la capitale. D’ailleurs depuis le 15 Mai, cette montgolfière fait également office d’indicateur de la qualité de l’air parisien en changeant de couleur. En bas du ballon, un système de diodes électroluminescentes indique la qualité de l’air près du trafic : vert pour un air de bonne qualité, rouge pour un air irrespirable, orange entre les deux.

Outre sa montgolfière, le jardin dispose également de grands jets d’eau où se pressent chaque jour enfants et adultes pour se rafraîchir et s’y tremper. Les jets atteignent parfois 2 mètres de haut, et s’enclenchent plus ou moins aléatoirement ce qui amuse toujours les enfants. Une fois mouillé, on peut se sécher dans l’une des deux serres voisines. On se croirait alors un peu comme dans un hammam. Enfin,  on parfait son bronzage sur l’immense étendue de pelouse juste en face. Pour les promeneurs, le jardin est assez bien emménagé et propose plusieurs petits espaces thématiques. Seul problème, les autres fontaines du jardin ne sont pas entretenues, certaines ne marchent plus et sont laissées à l’abandon. Vraiment dommage, car l’endroit est très agréable en été.

Parc André Citroën, 15ème

 Accès par le RER C station Javel, métro Javel

ou bus 88 depuis Denfert-Rochereau

Critique : Le Procope, piège à touristes.

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Le Procope est à Paris ce que le Café Gréco est à Rome. C’est du moins ce que prétendent beau nombre de guides touristiques sur Paris.

Situé rue de l’Ancienne Comédie, le Procope est l’un des plus anciens café parisiens. Inauguré à la fin du 17ème siècle, il fut un café d’artistes et d’intellectuels accueillant de grandes figures de l’histoire. Révolutionnaires d’abord, avec le club des cordeliers et Danton ainsi que les Jacobins et Robespierre. Intellectuels comme Diderot, Voltaire, Rousseau et d’Alembert qui y rédigèrent l’Encyclopédie. Politique, comme Benjamin Franklin qui, dit-on,  y fonda la constitution des Etats-Unis.

Des centaines d’années plus tard, le Procope existe toujours pour le meilleur et surtout pour le pire. Comme quoi la longévité n’est pas forcément gage de qualité.

Aujourd’hui, le Procope est une usine à touristes appartenant aux frères Blanc qui exploite jusqu’à la corde le filon historique de leur restaurant. Il est vrai que la salle est somptueuse en particulier au 1er étage avec moquettes au sol, boiseries au murs, moulures au plafond … et un mur de guingois que l’on peut apercevoir du Cour du Commerce Saint-André.

Dès l’entrée on sent le danger, la carte est écrite en plusieurs langues. Pourtant la formule à midi avec plat/dessert ou entrée/plat à 21€ ouvre l’appétit. Ce jour là, il fallait choisir entre le plat du jour, la truite amende ou la joue de bœuf puis entre le dessert du jour, le sorbet ananas et son macaron ou la crème brûlée. Le reste de la carte propose des poissons à 20€, des viandes entre 25 et 30 €.

Malgré le peu de gens en salle, le service fut long.

Le tartare de bœuf est insipide, les frites correctes mais sans plus. Le plat devient vite écoeurant et ressemble un peu trop à de la pâté pour le chien.

Le plat du jour n’est pas plus convaincant : Osso bucco de dinde. Originalité ou recherche du profit maximal avec des plats les moins chers possibles ? En tout cas, deux malheureux bouts de viandes avec quasiment que des os, et quelques pommes de terre qui se battent en duel. Là encore un chien aurait trouvé son bonheur.

Prions pour que le dessert soit une révélation. Le croustillant deux chocolats arrive. La première impression est bonne, le gâteau est croquant. Pourtant le chocolat est immangeable sans le croquant et on a la désagréable impression de manger une plaquette de beurre.
Enfin pour parfaire le tout, le café est brûlé.

Conclusion, gargote en vue droit devant, fuyez ! Dommage car le lieu est fantastique mais tellement desservi par une cuisine nullissime.

Le Procope, 13 rue de l’Ancienne Comédie, 6ème

Anniversaire : 1 an déjà !

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1 an déjà que le blog critikparis est né !

Paris est une ville fascinante. La richesse de son patrimoine et son dynamisme lui donne un caractère si particulier qu’on comprend mieux pourquoi tant de touristes en tombent amoureux. On aura beau dire qu’elle est une ville bruyante, stressante, polluée … Paris restera Paris. Elle fait parti de ses grandes capitales qui ne dorment jamais, semblable à un Rome ou à un Londres. Il suffit de regarder le nombre impressionnant de nouveaux bars, restaurants ou discothèques qui s’ouvrent chaque année. Ce turn-over incessant est une source intarissable de nouvelles découvertes et de critiques, bonnes ou mauvaises. Bars, restaurants, boites de nuits, expos, musées … la liste est longue.

Bientôt le mois d’Août. Paris est envahi par les touristes et ses habitants la désertent peu à peu. C’est justement le moment d’essayer de nouvelles adresses, hors des sentiers battus que seuls les parisiens restés sur Paname sauront appréciés à leur juste valeur.

L’anniversaire du blog est une belle occasion de retracer les bonnes et moins bonnes découvertes de cette année 2007-2008.

On se souviendra de quelques agréables surprises comme les restaurants de la Bocca della verità rue du Sabot, le Berkeley avenue Matignon ou encore le Congrès de la porte maillot, sans oublier le Bouillon Racine quartier Latin. Le Café du métro reste un endroit parfait pour se poser lors d’une séance shopping, le soir la Rhumerie nous enchante en restant volontairement dans son jus, et le pub saint-germain est le point de chute incontestée des fins de soirées avec ses cocktails pas trop chers. La Brasserie du Printemps et sa nouvelle formule ont du potentiel malgré un service misérable, agréable pour une pause goûter entre deux courses. Enfin, que dire du Bar Panoramique du Concorde Lafayette qui restera notre lieu de prédilection. C’est assurément le meilleur endroit qu’on est pu trouver pour embraser de nuit la capitale toute entière. Peut être la donne changera lorsque la tour Signal de Jean Nouvel sera construite à la Défense et qu’elle accueillera un restaurant et un bar panoramique. Rendez-vous dans quelques années.

En attendant, on se prélassera au Pershing hall (en semaine de préférence et pendant les vacances pour éviter le côté trop m’as-tu-vu), et enfin on ira se réfugier les froides journées d’hiver au Park Hyatt de la rue de la Paix, le palace qui nous a le plus marqué cette année alliant design, confort, tradition et service irréprochable.

Merci donc pour vos dizaines de milliers de visites, merci pour tous vos commentaires, merci pour votre lecture assidue (ou non) de mon blog et à bientôt pour de nouvelles critiques !

Remarque : Toutes les adresses commentées dans mes articles sont désormais facilement retrouvables en cliquant sur les onglets Restaurants, Bars et Salons de thé au niveau du header.

Starbucks : Votre frappuccino ne vous convient pas ? Faites le vous-même.

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Lassé d’avoir un frappuccino raté, prenez les choses en main.

Non ce n’est pas une incitation à la Révolution, mais plutôt une idée originale que Starbucks propose cet été pour pousser les curieux à découvrir leur gamme de Frappuccino : chocolat, vanille, caramel, péche-grenade, framboise-mangue etc. Alors que je venais pour tester le nouveau frappuccino pêche-grenade à 5€ au Starbucks Saint-André des Arts, je me retrouve face à un stand avec des ballons jaunes et noirs façon kermesse du village avec des brochettes de fruits à volonté : pastèque, noix de coco, ananas, banane … et différents ingrédients pour réaliser son frappuccino.

Il suffit alors de choisir le frappu que l’on veut réaliser et le/la barista se charge de vous guider dans la recette. Vous versez jusqu’au 1er trait de la pêche, puis jusqu’au 2eme trait du thé, enfin vous rajoutez des glaçons et mixez pour obtenir le fameux frappuccino. Simple non ?

Bonne initiative donc de la part de Starbucks qui semble prêt à tout pour attirer de nouveaux clients. Imaginez plutôt Macdo distribuer gratuitement dans la rue des BigMac …

MK2 Bibliothèque : le cinéma en relief, Voyage au centre de la terre 3D.

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Non je ne me lance pas dans la critique de cinéma, j’en serais bien incapable. Je tiens simplement à présenter le procédé 3D qui risque dans quelques années d’envahir nos salles obscures.

Aujourd’hui, l’équipement des salles parisiennes en projecteur 3D n’en est encore qu’à ses balbutiements. Seuls deux cinés le propose : le Gaumont Champs-Élysées et le MK2 Bibliothèque. On nous assure que cette nouveauté sera aussi impressionnante que l’arrivée de la couleur. En attendant une dizaine de films sont déjà prévus pour l’année prochaine en relief, et ce n’est que le début. Pourtant la technologie n’est pas nouvelle : un spectateur qui regarde le film à travers des lunettes polarisées : un filtre rouge pour l’œil gauche, un filtre cyan pour l’œil droite. Film projeté par un projecteur spécial qui coûte tout de même la bagatelle de 60 000 €. On comprend donc mieux les réticences des salles de cinéma à s’équiper de ce nouveau matériel.

Mais si la 3D refait parler d’elle c’est qu’elle met aujourd’hui à profit la puissance du numérique. Fini les caméras très encombrantes, désormais une seule caméra suffit permettant un rendu époustouflant en particulier dans les scènes d’action.

Le film Voyage au centre de la terre (adaptation du célèbre roman de Jules Verne) se prête particulièrement au relief : des méchants dinosaures, des plantes carnivores et des piranhas en tout genre surgissent de l’écran prêts à dévorer le spectateur. L’illusion est parfaite et permet une immersion totale dans le film. Malheureusement, le champ de vision en est un peu rétréci et le film utilise trop peu ces effets visuels. La plupart du temps ces lunettes ne font que donner un peu de relief au film mais rien ne « sort » de l’écran. Enfin, les lunettes sont lourdes et au bout d’une heure, serrent trop au niveau des oreilles. On sort finalement de la salle avec un mal de tête certain et un cerveau fatigué.

A propos du MK2 Bibliothèque, la chaîne de salles de cinémas fait une erreur de marketing de base. Elle propose la séance au même prix que les autres mais demande 1,50 € pour la location des lunettes qui doivent être remises à la fin de la séance !!! Du coup, tout le monde ronchonne, certains essaient de les subtiliser à la fin du film et se font méchamment rabrouer par le personnel.

N’aurait-il pas été plus malin de faire la séance à 1,50 € plus cher en précisant « location des lunettes incluses » comme si MK2 faisait une fleur au client ? Ainsi le client aurait trouvé normal de payer plus cher puisque le spectacle n’est pas le même, comme cela se fait déjà pour les films projetés sur des écrans géants comme aux UGC Bercy et celui de la Défense dans la salle géode.

Conclusion, il faut avoir vu au moins une fois un film en relief. La technologie n’est certes pas nouvelle mais elle n’est désormais plus cantonnée aux parcs d’attractions ou à la géode de la Villette avec des films sur les dinosaures ou sur l’espace. Maintenant les films grands publics se prêtent aussi au jeu de la 3D avec notamment le prochain Age de glace 3, Toy Story 3 et Cars 2. Ou comment mettre du relief à un film qui souffre parfois d’un scénario trop plat.

MK2 Bibliotheque, devant la Bibliothèque Francois-Mitterand

19ème festival de Quartiers d’été à Paris, musique, opéra, danse et théâtre au programme, souvent gratuit.

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Parce que tous les parisiens ne partent pas en vacances, la ville de Paris propose cette année la 19ème édition de Quartiers d’été. Des dizaines de concerts, de spectacles de danse et de théâtre sont prévues du 15 Juillet au 16 Août 2008.

Parmi les événements à ne pas manquer, citons :

- le cinéma en bas de chez soi : des représentations gratuites dans des parcs ou autres lieux publics en plein air. A noter la projection de Certains l’aiment chaud square Ernest Gouin le 26 Juillet, dans le 17ème, à 22h.

- les arènes du jazz aux arènes de Montmartre pour écouter le doux mariage du jazz moderne et de la pop contemporaine, du 20 au 25 juillet à 21h.

- Musique au musée du quai Branly, le 18 avec le Bamboo orchestra à 16h et 19h

ainsi que l’Abrassons le 25 Juillet à 16h et 18h.

- Ballet de l’Opéra national du Rhin avec une chorégraphie signée Maurice Béjart sur les musiques du Marteau sans maître de Pierre Boulez et de la Sonate à trois de Bartok. Du 16 au 19 Juillet à 22h au Palais Royal, cour d’Orléans, entrée 15 €.

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L’inauguration de ce 19ème festival s’est faite sous le kiosque à musique du Luxembourg où l’Orchestre National d’Ile de France a joué les œuvres de Kodaly et de Beethoven.

A ce propos, Mention spéciale à un orchestre muet, la prestation a brillé par sa vacuité musicale. Assis à la terrasse de la buvette juste en face, on ne discernait pas trois accords consécutifs. Pourtant quelques jours avant, l’orchestre de Normandie avait joué sous ce même kiosque et l’acoustique avait été très bonne. On rejettera donc sûrement la faute à des morceaux qui n’ont pas un très grand volume sonore, du moins pour Songe d’été de Kodaly. Ainsi le jeu nuancé de l’orchestre et ses pianissimos donnait l’impression que la musique s’arrêtait totalement pendant de longues secondes.

Le moment au café fut donc très agréable mais ce ne fut plus le café qui accompagna la musique, mais la musique qui accompagna le café.

Quant aux oeuvres, cette manie des chefs de nous chercher des oeuvres peu connues et de bouder des oeuvres fédératrices que tout le monde peut fredonner, devient franchement horripilante sous prétexte d’un pseudo intellectualisme. Heureusement, le concert finissait sur la Pastorale de Beethoven et sur le fameux quatrième mouvement « Orages et éclairs » qui a enfin montré le talent et le brio de cet orchestre.

Critique : Palace le Trianon, Versailles.

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Les palaces de « province » (que personne ne se vexe ont un charme que les palaces parisiens n’ont pas. Loin de l’agitation de la grande ville, ils semblent être hors du temps, éden bien protégé à l’abri des regards indiscrets. Aller au Trianon c’est un peu comme aller en vacances, l’impression d’être un bourgeois de l’ancien temps qui vient villégiaturer à Versailles.

L’entrée en gravillon et sa grille en fer forgé à l’entrée participent au charme du lieu. Le pavillon central est accueillant, la décoration vient d’être entièrement refaite. Le Trianon a beaucoup fait parlé de lui récemment, en essuyant des critiques parfois sévères sur sa cuisine et son chef pourtant reconnu Gordon Ramsay.

Après avoir franchi l’entrée puis le desk très design, on arrive directement dans la galerie recouverte de marbres et décorées de chandeliers. Un peu plus loin sur la gauche se trouve le bar aux couleurs mauves, boisées et velours. Nous nous installons dans la galerie. Il est minuit passé, il n’y a pas grand monde.

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On est tout de suite agréablement surpris par la carte et ses prix : 12€ le cocktail, 8€ la boisson chaude, 7€ les sodas … Et dire qu’à Paris, ces prix sont ceux de n’importe quelle brasserie un peu chic, bar branché ou café de Saint-germain. Quant aux cocktails à 12€, ils sont moins chers qu’à la Closerie des Lilas ! Sans hésiter nous prenons donc une Pina Colada et deux mojitos.

Le service est accueillant, les serveurs prêts à engager la conversation. Un cadre luxueux donc avec un service moins guindé qu’habituellement dans ce genre d’endroit. Le Pina Colada est frais, parfaitement alcoolisé, le mojito quant à lui n’est pas très fort. Dommage. Confortablement installé dans d’immenses canapés et coussins en velours, le moment est idyllique. Seul petit désagrément, le couinement des chaussures des serveurs sur le marbre qui devient à la longue assez crispant. Malgré ce petit détail, un agréable moment loin de la foule parisienne dans un havre de paix. Une adresse à retenir.

Trianon Palace, 1 Boulevard de la Reine, Versailles

(accès par la route qui mène au petit Trianon).

Critique : Café Verlet, torréfacteur aux odeurs ennivrantes.

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C’est par hasard en nous promenant rue du Faubourg Saint-Honoré que nous avons été attiré par les odeurs de café venant du torréfacteur Verlet. Une odeur enivrante qui attire les clients prêts à faire la queue jusque sur le trottoir pour acheter le précieux grain. Comment alors ne pas résister et essayer un de leur café ?

Une fois assis, on y découvre une carte très riche : de nombreux cafés entre 2,70 et 3 € venant de Birmanie, d’Ethiopie ou encore d’autres contrés d’Asie et d’Amérique du Sud. La carte propose également une large gamme de thé, un frappuccino à 6,50€ et un cappuccino à 4,50€.

Nous prenons finalement un café moka et un cappuccino. Le café arrive rapidement servie dans une tasse en forme de feuille d’arbre. L’idée est originale. Le cappuccino semble poser plus de problème. Je le vois préparer par une jeune débutante, non sans mal. Première tentative ratée lorsqu’une autre serveuse lui dit de le refaire. Deuxième essai pas bien plus concluant, le patron lui demande de recommencer et l’aide finalement. C’est donc la troisième mouture, si je puis dire pour du café, qui m’est servi.

Malgré cela, le café n’est pas terrible, le moka n’est pas tellement mieux, pas mauvais mais rien d’extraordinaire. Dommage.

Bref, on viendra ici surtout pour un thé tout en s’imprégnant des odeurs entêtantes du café et profiter du décor ancien tout en bois.

Cafés Verlet, 256 rue Saint-Honoré, 1er

Critique : Bouillon Chartier, entre traditions et tourisme de masse.

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L’histoire des bouillons est fascinante. Crée en 1860 par M. Duval, ce boucher eut l’idée brillante de créer un restaurant où serait servi un bouillon de bœuf à un prix dérisoire pour les ouvriers travaillant aux Halles : le « bouillon » était né. Quelques années plus tard, le fils Duval reprit l’affaire en ouvrant d’autres restaurants dans Paris. Aujourd’hui ne subsiste plus que la brasserie Julien.

A la fin du XIXème, les frères Chartier décident de reprendre l’idée en ouvrant plusieurs bouillons dont les célèbres Vagenende, Bouillon Racine, Bistrot de la gare et l’actuel Chartier, faubourg Montmartre.

Tous sont devenus des brasseries plus ou moins haut de gamme à des prix bien loin de ceux de l’époque. Une hérésie pour ces restaurants qui n’avaient d’autre but que de nourrir des gens modestes. Aujourd’hui, ne subsiste plus que leur déco Art Nouveau : candélabres, miroirs au mur, tables en bois, carrelage au sol, balustrade en cuivre, verrières …

Seul Chartier continue de perpétuer la tradition du bouillon en pratiquant des prix raisonnables. Dès l’entrée on est frappé par sa déco rétro, et pour cause la salle est classée monuments historiques : chaises et tables en bois, sol en carrelage, meubles à tiroirs disposés le long de la salle où les habitués récupéraient à l’époque leur serviette. Le rondin et le tablier blanc sont encore de rigueur chez les serveurs.

 

Une fois installé on découvre la carte écrite sur du papier à nappes. On est surpris par des prix d’un autre temps : entrées à 2 ou 3€, plats à 8-11€, desserts à 2-4€, menus à 15€ (entrée/plat/dessert avec un ½). Habituellement nous ne prenons jamais d’entrées car elles sont au même prix que les desserts et dépassent trop souvent les 8€, mais ici nous décidons de faire une entorse à cette règle en prenant une salade de tomates et concombre. L’assiette est petite, mais vu le prix (2,20 €) il n’y a rien à dire, ce n’est pas mal du tout. Niveau présentation c’est le degré zéro, mais c’est justement ce côté brut de décoffrage qui fait tout le charme du lieu. Après tout, c’est ce qu’il y a dans le plat qui compte, le reste n’est qu’artifice.

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Quelques minutes plus tard, les pavés de rumsteack au poivre et au beurre maître d’hôtel arrivent avec leurs frites. Nous avions hésités au début, voyant les assiettes de nos commensaux, pas très enthousiastes. Il faut dire qu’elles avaient l’air drôlement palichonnes et pas très cuites.

Finalement la viande s’avère être un délice, la sauce au poivre … poivrée, et les frites pas si mauvaises mais pas extraordinaires non plus.

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Nous finissons par une dame blanche, mélange subtile de glace à la vanille, de crème chantilly et de chocolat fondu. Un dessert d’antan, aujourd’hui trop souvent absente des cartes de restaurants (tout comme le iceberg, fabuleux dessert à la glace à la menthe, sauce chocolat et menthe accompagnée de chantilly). La sauce chocolat est ici faite maison, la chantilly correct, la glace vanille, industrielle. Pour 3,80€, rien a dire. Quand on sait qu’il y a quelques jours nous avions payés notre fraise melba 12€ au café Corona, place de l’Alma, on a la légère impression de s’être fait entuber.

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Pour accompagner ce repas, une bouteille d’eau 50cL à 2,40€. Quand on pense que certains restaurants nous la facturent 6 ou 7 €, cela laisse rêveur …

Finalement si l’on résume la cuisine, elle est tout à fait correcte et à des prix tellement raisonnables qu’on est presque gêné en payant l’addition. Si les serveurs jouent le jeu en détaillant l’addition à  même la nappe en papier et en servant des plats typiquement franchouillard, le lieu est envahi par des hordes de touristes, renforçant le côté cantoche pour tour operator pas forcément très glamour. Dommage, mais à des prix pareils, on comprend que le patron cherche à rentabiliser au maximum son restaurant et continuer à faire fonctionner une machine qui a déjà servie plus de 50 millions de repas depuis son ouverture.

Bouillon Chartier

7 rue du Faubourg Montmartre, 9ème

Nouvel Obs : les 400 lieux branchés de Paris.

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Chaque année sort le traditionnel hors série du nouvel Observateur sur les « 400 lieux branchés de Paris ». Des centaines d’adresses et conseils pour boire, manger, danser etc. tout en restant dans ce qui fait de plus mode sur la capitale.

On achète ce genre de magasines pour deux choses. La première pour découvrir de nouveaux endroits et se tenir informé des dernières tendances parisiennes. La deuxième, pour voir les adresses descendues par la rédaction et les comparer avec ses mauvaises expériences qu’on a pu avoir durant l’année. Petit tour d’horizon de ces adresses :

Le salon de thé du Panthéon ouvert il y a un peu moins d’un an par Madame Catherine Deneuve semble décidément très réussi. Pas un article de presse qui ne l’encense. Dans le même quartier, L’hôtel avec une décoration signée Garcia est un écrin de tranquillité à essayer aussi bien pour son petit déjeuner continental (18€, rapport qualité/prix sans égale), que pour prendre un verre. Service à la hauteur.

Continuons. L’épigramme est encore une fois couvert de louanges et le jardin privé du magasin Bonpoint à Mabillon semble être une bonne alternative à l’agitation du boulevard Saint-Germ.

Quant à lui, le Mini-Palais a de quoi frémir devant des critiques assassines de plusieurs journaux : si sa cuisine n’a jamais été son point fort, elle est qualifiée « d’infecte » par le Nouvel Obs. Décidément, nous avons dû avoir beaucoup de chance la fois où nous y sommes allés. Lire article.

L’hotel amour ne s’en sort pas forcément mieux, lui qui pourtant s’était fait connaître par ses brunchs. Ils ne sont pas terribles, apprend-t-on dans le journal. Qu’il se rassure, les Ombres au dernier étage du musée quai branly en prend aussi pour son grade, la cuisine a semble-t-il baissé de niveau.

Finalement ce sont l’hôtel Costes et le Murano qui tirent leur épingle du jeu avec une cuisine et un service tout à fait correct. Comme quoi, les goûts sont différents.

 

Du côté des bars et clubs, l’ouverture de I love Opera et du Lup (rue du sabot) n’est pas l’événement parisien tant annoncé : chacun brillant par une déco de mauvais goût et une programmation musicale laborieuse.

Le Plaza Athénée est quant à lui relégué dans la case bar d’hôtel sans âme, froid et aux prix indécents. Un avis que je partage. Lire mon article .

Toujours dans le même quartier, le World place n’est pas mieux placé. Ancien Man-ray devenu le Mandala Ray, l’année dernière le club est devenu privé et il fallait posséder une carte de membre très chère pour pouvoir y rentrer. Le but étant de créer un réseau de gens fortunés pour leur permettre de faire leur business entres eux. La stratégie n’a pas du être très payante puisque quelques mois après c’est … la Star Academy que le World Place accueillait à chaque sortie de prime.

A quelques encablures de la rue Marbeuf, on retrouve également notre cher Rival Deluxe qui se cherche encore un Rival dans sa médiocrité. En attendant, je suis d’accord avec le Nouvel Obs : déco signée par un Garcia peu inspiré et fauteuils inconfortables.

Enfin, le Djoon continue à enchanter les soirées de l’Est parisien et accueillera une nouvelle déco dès septembre.

Le Nouvel Observateur, les 400 lieux branchés de Paris, 6,50 €

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