Archive | 16 janvier 2009

Critique Mama Shelter : un restaurant catastrophique.

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Depuis quelques mois, le XXème arrondissement est le centre de tous les regards avec l’ouverture de Mama Shelter face à la Flèche d’Or. Il faut dire que ce quartier populaire n’était pas habitué à de tels cataclysmes. C’est ainsi que le tout Paris accourt comme si la sainte vierge était apparue sur les quais de la petite ceinture.

Avouons qu’il fallait une certaine audace pour installer un hôtel restaurant branché à l’autre bout de la capitale. Le pari semble réussi, puisque même un dimanche soir le restaurant était plein et la réservation nécessaire. Cela faisait des années que je n’étais pas venu dans ce quartier. A l’époque la Flèche d’Or était encore un café cracra, bien loin de l’actuelle salle de concert branchée.

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L’entrée de Mama Shelter est discrète voire impossible à trouver s’il n’y avait pas un vigile qui rodait à l’entrée. A peine entré, la déco signée Starck fait mouche. Plafonds noirs et graffitis au plafond avec phrases existentielles, grands rideaux pour cacher les baies vitrées et sol en béton ciré. Mais aussi écrans plats diffusant des photos de clients, fauteuils confortables, tabourets « tronc d’arbre » et canapés (trop) confortables pour dîner. Autant c’est agréable de pouvoir s’enfoncer dans un canapé dans un bar, autant pour manger ce n’est vraiment pas pratique. N’oublions pas non plus le baby-foot géant qui se joue à 4 minimum et les chaises d’école sûrement refourguées gratos par le conseil régional. Le tout sur fond de musique branchée.

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Le bar au milieu de la pièce délimite deux parties bien distinctes du restaurant. La première faite de tables individuelles et de canapés propices aux dîners entres amoureux. La deuxième avec des tables rustiques en bois comme dans les chalets pour assurer une certaine convivialité.

Les cocktails.

Ils sont à 12 €. Bien sûr pas de carte de cocktails après 3 mois d’ouverture.

Le mojito est noyé dans des glaçons, comme on dit sans alcool la fête est plus folle. Enfin, Le Old Kube est aussi mauvais qu’au Rival Deluxe. Le mélange menthe/gingembre n’a jamais fait bon ménage. Ne comptons pas sur le vin pour rattraper l’affaire, il est quelconque.

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Les plats.

Aucun intérêt et mal cuisinés. Un comble quand on sait que la cuisine est supervisée par un ancien chef 3 étoiles. Il ne doit pas souvent traîner dans les allées des cuisines. Cela ne l’empêche pas de changer sa carte tous les mois.

Quand on n’arrive même pas à maîtriser une carte d’une dizaine de plats, on se demande quel est l’intérêt de la changer tous les mois. Travail acharné triomphe de toutes les difficultés pourtant.
La carte est déjà sur les tables, pliée en 4 sur une feuille imprimée de motifs de nappe vichy. Chez Chartier ça passe, dans un resto branché c’est limite.

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La cocotte aux lentilles est servie dans une cocotte Staub. Sachez qu’ici tous les plats sont servis dans des cocottes Staub, ils ont dû les avoir au rabais. L’œuf mollet au milieu est parfaitement cuit, les lentilles correctes mais le plat est trop moutardé.

Les penne sont quant à elles beaucoup trop salées et la sauce est fade. Sans oublier la cuisson ratée, elles sont trop cuites. 14 € pour un plat de pâtes raté avec trois pâtes qui se battent en duel, il vaut mieux en rire.

Enfin, le filet de cabillaud accompagné d’une purée de pomme de terre n’est pas plus concluant. Trouvant la purée d’une fadeur extrême je me risque à la saler. Maladresse ! Je n’avais pas encore vu que le poisson et sa sauce étaient excessivement salés. Du coup le plat était immangeable. Dommage car le poisson était bien cuit et la sauce correcte.

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Quant au dessert, c’est le clou du spectacle. Nous avons pris la spécialité de la maison, le baba au rhum géant à partager. L’intitulé était vague et ne précisait pas pour combien de personnes il était destiné. 20 € tout de même.

Résultat, un énorme gâteau avec une couche épaisse de crème pâtissière. Le gâteau est sec, miséricorde ! Un baba au rhum doit arriver moelleux. Il n’y a plus alors qu’à rajouter du rhum pour qu’il devienne « spongieux ». Ici on aurait dit un pain perdu. La crème n’a aucun goût et le dessert est incroyablement écoeurant. Nous n’en n’avons même pas mangé la moitié.

Finissons sur une note positive.

La seule chose qui m’ait vraiment étonné dans cet endroit, c’est l’amabilité du personnel. Les petits jeunes essayent de bien faire, même s’ils sont encore loin d’être compétents. Du coup cela fend un peu le cœur de devoir descendre cette adresse. Pourtant, on en ressort tout patraque. Cette soirée nous aura coûté 113 € à 3, plus deux digedryl et trois tisanes pour digérer ce repas vraiment pas terrible. Pour le quartier et la qualité, c’est hors de prix. Encore une adresse modeuse qu’on oubliera bien vite. Sans rancune.

Mama Shelter, 109 rue Bagnolet, 20ème Paris

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