Critique : La Société, Costes à Saint-germain des Près.

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En lieu et place de la boite de Jazz « le Bilboquet », la dynastie Costes a récemment ouvert les portes de sa « Société », comme elle l’entend. Installée dans les bâtiments de la Société de Géographie, le nom n’a certainement pas été choisi par hasard. La société représente un cercle fermé réservé aux gens hype, un microcosme de trentenaires branchés, de starlettes épiant le regard des autres pour voir si on les a reconnus. Mais aussi, des retraités branchés à la découverte des derniers endroits hype de la capitale, des bandes de copines qui se la jouent Sex&the city. Finalement, la clientèle est assez hétéroclite.
Aller dans un Costes, c’est souvent l’occasion de ricaner, de se fendre la poire d’un échec assuré. Il faut dire qu’en quelques années les restaurants Costes se sont attirés une méchante réputation : service inexpérimenté et odieux, prix exorbitants, ambiance terriblement snob et nourriture tout à fait quelconque.
Pour certains, la sortie au Costes est presque devenue un jeu. Pour le plaisir de déglinguer le restaurant à la sortie, de rédiger une diatribe incendiaire en se promettant de ne jamais y remettre les pieds … jusqu’à la prochaine fois. Et parce que les Costes attirent, on finit toujours par y revenir avec un masochisme inavoué. Histoire d’assister au défilé pompeux de ses clients et à l’allure nonchalante des serveuses-catwalk qui prennent les couloirs du restaurant pour un podium de défilé.

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Nous avions réservé plusieurs jours à l’avance afin d’avoir une table samedi soir. La décoration de la salle est une pure réussite signée Christian Liaigre. Les escaliers recouverts de marbre définissent plusieurs espaces intimes et donnent de la profondeur à la salle, de grandes lampes en forme de poutres métalliques  signées Stéphane Balini sont suspendues à des cordes et offrent un bel éclairage tamisé, et de grands rideaux complètent l’ambiance feutrée et cosy. Pour tout dire, il fait très sombre dans ce restaurant, on peine même à lire la carte.

Parlons-en de la carte. Toute en horizontalité, avec ses rabats qu’on ouvre comme une lettre. Une carte très visuelle avec des prix conséquents. Turbo à 42 €, poulet
doré minute au curry et chutney à 23 €, foi de veau à 32 €, filet château à 36 €, salers aller-retour à 25 €, côte de veau à 36 € et un club saint-germain à 19 €, seul
exutoire à une addition s’annonçant salée. Du côté des desserts, les prix continuent sur la même lancée : tartelette citron à 8 €, mille-feuille framboise à 14 €, fraises et framboises à 16 € (j’espère qu’elles viennent de chez Hédiard à ce prix-là).

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Nous prenons un poulet chutney et un canard
(29 €) accompagnés d’une demi-bouteille de Chabli (19 €). Ne vous avisez pas de demander une carafe d’eau, « ils n’en n’ont pas ». Pour éviter le scandale d’un éventuel client colérique, ils vous proposent tout de même un verre d’eau glacée … qu’ils sont gentils ! (en réalité, la loi les y oblige).
Les plats arrivent rapidement. Les escalopes de poulet sont exquises, moelleuses et fondantes. Le chutney et les fruits au sirop qui les accompagnent réinventent ce plat traditionnel, nous faisant découvrir des mélanges sucrés-salés plutôt réussis. La purée qui les accompagne est légère et ne baigne pas dans la matière grasse. Le plat est copieux.
On ne peut pas en dire autant du canard laqué réservé aux appétits d’oiseaux. Oui, mais le canard est un mets de luxe me diront certains … bon, ça passe pour cette fois-ci. Et puis là encore, les saveurs sont nouvelles, créatives et originales. Le riz qui l’accompagne est bien cuit, donnant du liant au canard et sa sauce.
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Nous continuons cet excellent repas par deux desserts : le crackers cheese-cake (12 €) et la crème glacée minute au café (8 €). Là encore, rien à dire. Le traditionnel cheese-cake a été revisité avec un contour en crackers qui joue le mélange sucré-salé à la perfection. Quant à la crème glacée, elle excelle de légèreté avec sa feuillantine aux amandes qui l’accompagne et qui révèle tous les arômes de la glace au café.

Le service. On se croirait parfois plus dans un club d’escort que dans un restaurant, avec certaines serveuses portant cuissardes avec jupe ultra-courte, top à paillettes accompagné du célèbre sac capitonné typique des serveuses costiennes. Mais le service fut souriant, bien plus efficace et agréable que dans la plupart des restaurants parisiens. On en tomberait presque des nues. Elles arrivent même à vous faire avaler une addition de 105 € à deux, sans que vous vous étrangliez.
Bien sûr c’est cher, très cher mais le rapport qualité/prix est au rendez-vous et la situation de ce restaurant, en plein coeur de Saint-Germain, justifie presque tout.
Costes remporte là une victoire bien méritée. Une réussite insolente bien désopilante, voire agaçante pour ses détracteurs …

La Société, 4 Place Saint-Germain-des-Près, Paris 6ème

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2 Réponses à “Critique : La Société, Costes à Saint-germain des Près.”

  1. DOUBLET ARNAUD
    18 janvier 2011 à 21:52 #

    Incroyable, impossible de réserver une table pour 7 personnes!!!!
    On se demande s’ils ont besoin de travailler, j’avais souhaité inviter le staff d’une marque de pret à porter de luxe lors du salon de la mode dimanche 30 Janvier, on ne peut pas réserver pour plus de 4 personnes, lamentable !!!

  2. bri vial
    24 octobre 2011 à 11:43 #

    accueil desastreux et odieux,du jamais vu! a fuir!

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