Critique : Le Petit Saint-Benoit, Paris Saint-Germain-des-Prés.

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L’autre fois en marchant vers l’église Saint-Germain, je suis tombé par hasard sur cette vieille institution – Le Petit Saint Benoit – avec une terrasse délicieusement calme. Bien loin des restaurants bling-bling des environs, le restaurant se veut populaire en servant une gastronomie vieille France dans un décor décrépi. Une façon de s’épargner la rénovation complète d’un établissement en justifiant l’écaillage des peintures et le mobilier élimé, par la volonté de conserver le restaurant « dans son jus ». N’est-ce pas merveilleux ?

Voici donc sorties les nappes à carreaux Vichy, les chaises de bistrot en bois et les banquettes en cuir rapiécées. Sur les murs, des patères en cuivre et un meuble de rangement à ronds de serviettes. Les « outre-Atlantique » autour de nous paraissent déjà subjugués par ce décor. On leur servirait du William Saurin, leur sourire n’en serait que peu atteint.

Boris Vian, tout comme Sartre et Prévert ont passé la porte de ce bistrot. Marguerite Duras avait même ses habitudes paraît-il. A défaut de trouver de grands esprits, vous trouverez à votre gauche des couples d’américains et à votre droite des fiancés japonais avec l’APN greffé à leur main (Appareil Photo Numérique, pour les non-geeks). Collés-serrés, c’est dans une ambiance de métro bondé que l’on vient goûter aux plats traditionnels de ce vieux restaurant.

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La carte. C’est vrai que pour le quartier, les prix sont plus que raisonnables. Comptez 2 à 4 € pour une entrée (rillettes de thon, assiette de crudités, potage de légumes, terrine du jour). Suivent les plats : cuisse de canard et bœuf bourguignon à 13 €, tartare de bœuf et plat du jour à 13,50 €, hachis Parmentier à 12€, souris d’agneau à 14 € et rumsteack à 16,50 €.

Pour le reste il ne vaut mieux pas être très regardant sur la qualité de la cuisine. Le bœuf bourguignon baigne dans un jus de cuisson graisseux alors que la viande est pourtant correcte. Le suprême de pintade (plat du jour) présente 4 petits morceaux insipides cachés par une sauce banale et accompagnés d’un gratin de courgettes qui aurait pu être excellent s’il avait été servi chaud.

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Les desserts. Au menu : crème caramel, fondant chocolat noir, charlotte au parfum du jour, pot Perette etc. Tout est à 4 €. Je n’ai pas résisté à tester leur fondant au chocolat noir. Mauvais choix pour un fondant sec, s’effritant façon « Rians, pays gourmand » avec crème anglaise industrielle. Et pour finir en beauté, rien de tel qu’un café inoubliable (2 €) servi dans des mazagrans aux motifs floraux, délicieusement brûlé.

Que dire ? La cuisine est grasse, les plats sont brouillons. Le service pas vraiment souriant et la CB refusée histoire de nous faire courir au DAB le plus proche dans un froid glacial. Pour le même prix, on mange divinement mieux chez la Cambuse, rue Casimir Delavigne, à deux pas de l’Odéon.

Le Petit Saint-Benoît, 4 rue Saint-Benoît, Paris 6ème

Pot de 50 cl vin rouge de Gamay 8,50 €

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