Archive | 23 décembre 2010

Critique : Restaurant Bon, rue de la Pompe, Starck.

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Pour un restaurant, ce genre de nom prétentieux est une arme à double tranchant. En cas de déception, le restaurateur doit s’attendre à recevoir de belles diatribes enflammées. Heureusement, ce ne sera pas nécessaire, car Bon nous a entièrement convaincu … de sa bonté.

Bon est installé dans un magnifique immeuble Art Déco, au 25 rue de la Pompe. L’entrée est discrète, et seules les files ininterrompues de voitures garées en double file indiquent que vous n’êtes pas très loin du restaurant. Le voiturier peine chaque soir à garer tous ces carrosses mais le XVIème a toujours connu un impressionnant laxisme en terme de règlementation de la circulation, où il est tout à fait permis de se garer en double voire triple file, sans jamais risquer de se faire verbaliser.

En été, le restaurant dispose d’une petite terrasse installée dans la cour de l’immeuble avec de grandes tablées rustique en bois façon Mama Shelter (les voisins doivent être ravis des nuisances sonores). A l’intérieur, le restaurant est constituée d’une succession de pièces : d’abord le bar lounge avec ses canapés capitonnés et ses tables haut perchés, puis le couloir et ses quelques tables longitudinales. Enfin, la véranda et sa belle baie vitrée, et pour finir la bibliothèque. Toutes les pièces sont griffées Starck, avec un goût marqué pour les couleurs crème et les matériaux nobles.

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La véranda. Belle salle dominée par un lustre tentaculaire embrassant une bonne partie de la pièce. Fauteuils et canapés crème comme à la Société Costes, abat-jours ocre style Garcia plissés et suspendus comme dans un loft, parquet en teck et tables noir laqué comme au Fumoir. Ce patchwork d’influence est assez réussi. La salle est seulement un peu bruyante et la musique un poil trop forte.

Clientèle. Une belle clientèle de quartier faite de trentenaires/quadras très branchés, la réussite clinquant dans leur sourire Colgate. Le dress code est strict : veston et col blanc de rigueur pour ces messieurs. Les magnats de la pub se retrouvent ici comme poissons dans l’eau, accompagnés de femmes directrices de com’ pour Vogue ou que sais-je encore. Pour mesdames, tuniques ultra moulantes marquant leur silhouette svelte et talons surdimensionnés pour affirmer leur pouvoir de séduction. Les conversations tournent rapidement autour du dernier voyage à la Réunion ou à Meurice, naturellement.

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La carte. Hum, les prix sont aussi exquis que le nom du restaurant. Pour déchiffrer la carte, les clients doivent s’armer de leur iPhone en guise de liseuse, et vaincre ainsi l’obscurité de la salle. La cuisine est très fortement orientée « fusion ». Nems entre 10 et 16 €, plats asiatiques à 22-25 € et plats plus frenchies à 25-30 € (cabillaud vapeur et bouillon à la badiane, tartare de bar épicé ou encore Saint-Jacques). Sans oublier l’arnaque du restaurant : les accompagnements sont en supplément (9-10 €). Enfin les desserts sont estampillés made in France : tarte au citron, baba au rhum, profiteroles … pour 7 à 14 €.

Les plats. Le bœuf haché basilic (22 €) est trop épicé alors qu’il avait été demandé légèrement relevé et la présentation rappelle le Ronron pour minet. Mais le plat est parfumé et se laisse docilement accompagner par le riz au curry (9 €). De son côté, le porc mijoté, coco caramel  (22 €) est fondant, mais les portions sont assez ridicules. Le riz blanc qui l’accompagne n’a pas grand intérêt (5 €).

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Les desserts. Le Classic Mont-Blanc (11 €) n’a rien de classique, il est revisité, légèrement destroy. Tous les ingrédients de l’habituel dessert sont présents mais de façon désordonnée : la crème de marrons est recouverte de crème fraiche et de morceaux entiers de marrons glacés. Des bâtons de meringue trônent sur le dessert en guise de victoire. De son côté, la Ice cream cup (7 €) se laisse fondre dans la bouche, elle n’excelle peut-être pas dans la gourmandise mais reste convenable.

Enfin, le café est servi avec des tranches de gingembre confit. Je n’ai jamais vraiment apprécié le gingembre, mais il faut bien avouer qu’il se marie particulièrement bien avec l’amertume du café. Le repas fut accompagné d’une bouteille de vin rouge chilien doux et fruité – cuvée 2009 à 26 € (la carte ne propose pas de ½ bouteille).

Service. Professionnel et efficace. Rien de prétentieux ni trop pédant, mais on est jamais très loin d’une ambiance wachi-wacha.

Restaurant Bon, 25 rue de la Pompe, Paris 16ème

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