Archive | 16 juin 2011

Critique : La Gare de la Muette, Restaurant avec terrasse. Bel endroit, cuisine à améliorer.

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Conseil : Avant de lire cet article, lancez la musique via Youtube en cliquant ici pour vous mettre dans l’ambiance de La Gare. Vous comprendrez pourquoi en lisant la fin de ce billet.

Installé dans l’ancienne Gare de la Muette, le restaurant La Gare offre une belle leçon d’architecture et de reconversion réussie. On accède au restaurant via un grand escalier monumental. Certaines des tables sont installées au niveau des rames, d’autres directement sur les quais. Les tons mordorés, crème et marron prédominent et l’espace bien que démesuré, est parfaitement approprié.
Les beaux jours, les tables poussent jusque sur la gigantesque terrasse, particulièrement agréable les chaudes soirées d’été. La réservation n’est pas vraiment nécessaire, le restaurant compte des centaines de couverts et même les groupes de 10 ou 20 personnes sont acceptés.

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La clientèle. Très mélangée mais convergeant vers le chic assumé. De belles créatures accompagnées de leur moitié, des habitués du quartier très bcbg, mais aussi des tablées de copains ou de copines trentenaires, sans oublier quelques touristes ayant eu vent de cette adresse pleine de charme.

La carte. Menus E/P ou P/D à 33 €, E/P/D à 38 €. Il faudra m’expliquer l’intérêt de proposer des formules si la somme des deux ou trois plats choisis est la même que s’ils avaient été pris séparément. Gageons que ce genre de détails ait pu échapper à une clientèle pas trop regardante sur l’addition.

A la carte : entrées à 11 €, plats à 22 €, desserts à 11 €. Sans oublier les nombreux suppléments dès que vous sortez des tristounets poulet/purée, rognons de beau et Parmentier.

Ah la fameuse stratégie marketing du « pour 1 € vous n’avez rien, pour 2 € vous avez tout ».

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Les plats. Comme les plats ne nous disaient rien, nous avons « tuné » notre repas en prenant une entrée et un dessert pour A., et un plat/dessert pour moi. L’œuf mollet, pousses d’épinard, petits croutons, fond de volaille au Roquefort fut parfaitement … décevant. Fade de chez fade. Le chef ferait bien de s’inspirer des cocottes de Christian Constant (voir article sur le Café Constant).

Continuons par le plat principal : le tartare de bœuf revisité. Revisiter un tartare, pourquoi pas. J’attendais alors de folles propositions gastronomiques pour mettre en émoi mes papilles. Le résultat fut navrant. Le tartare servi avec du pistou, parmesan et pignons était sec et rabougri.

Les desserts. Si la carte des plats ne fait pas rêver, celle des desserts est bien plus alléchante. Au menu : millefeuille, délice aux pommes, moelleux au chocolat, crumble de mirabelles et poires, délice de châtaignes ou encore mascarpone de carambar. Tous les desserts sont accompagnés de glaces : glace à la poire pour le millefeuille, compotée glacée pour le délice aux pommes, glace au chocolat blanc pour le moelleux, glace à la crème d’Isigny au calvados pour le crumble, sorbet au cidre fermier pour le délice de châtaignes, glace banane-chocolat pour le mascarpone. Sans oublier le dernier dessert de la carte : des glaces et des sorbets à 11 €. Ah ils aiment la glace jusqu’à l’overdose, cela ne fait aucun doute.

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Nous avons pris le mascarpone de carambar et le crumble de mirabelles et poires, servis donc avec leur glace. Le mascarpone contenait des morceaux de brownies caoutchouteux,  accompagnés de guimauve maison et d’une glace banane-chocolat type Ben&Jerry. Le mascarpone était en réalité une crème pâtissière au beurre salé. Que d’écœurement,  je n’ai même pas terminé.

Quant au crumble, il fut accompagné de glace à la crème d’Isigny au calvados, sirop à la cannelle et cardamome. Ce fut un beau dessert même s’il n’était crumble que de nom. Mais le dessert était tout à fait plaisant, c’est le principal.

Le vin. Un bon ½ de Saint-Nicolas de Bourgueil (16 €) et un verre de Chablis (8 €).

Que vaut cette cuisine ? Ce n’est justement pas de la cuisine, mais plutôt un assemblage de produits, un patchwork d’idées culinaires sans liant entre les ingrédients. Ce genre de concept a ses adeptes. A l’arrivée de chaque plat, on entendait presque le jingle d’accompagnement, comme celui que vous entendez peut-être en ce moment si vous avez lancé la musique au début de l’article. Les gens sont beaux, riches, bien maquillés. Les plats sont séduisants, servis sur leur tuile d’ardoise (l’expression « c’est une tuile » prend ici tout son sens). Les intitulés des plats sont pompeux, noyés dans un salmigondis de phrases verbeuses.

Faut-il y aller ? L’endroit est magnifique et fort agréable, c’est indéniable. L’addition est salée : 78,20 € à 2. Soyons francs, ca ne les vaut absolument pas. La Gare possède la forme d’un bon restaurant, il ne manque maintenant plus que le fond : une bonne cuisine.

La Gare, 19 chaussée de la Muette, Paris 16ème

Café à 2,6 €

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