Critique : Le Voltaire, Quai de Seine. Une institution bourgeoise.

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Le Voltaire est une institution discrète de la rive gauche parisienne, antithèse des restaurants branchés et de leurs portions pour pioupious. Stores fermés, menus affichés sous le manteau, la maison ne cherche pas à se faire importuner par de curieux chalands. Véritable garant de la gastronomie française, Le Voltaire pourrait être une sorte de cénotaphe élevé à la gloire d’une cuisine bourgeoise qui a péri depuis belles lurettes.

Le décor. Très sixties avec ses murs recouverts de lambris, son éclairage discret et ses tables nappées comme pour fêter une grande occasion.

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La carte. Il faut s’accrocher pour ne pas s’échouer dans la Seine, toute proche. Impossible de trouver des plats à moins de 30 €. Au choix, une raie pochée à 39,5 €, des sardines grillées à 30 €, du colin froid à 35 €, une andouillette à 31 €, un onglet de bœuf à 39 €. Puis un steak tartare pomme frites à 44,5 €, des rognons de veau à 43 € ou encore un filet de bœuf à 50 €. Comme nous savons pertinemment que nous ne sortirons pas indemne financièrement de ce restaurant, autant se faire plaisir en prennant la pièce de bœuf grillée au thym et champignons à 87 € pour 2.

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Les plats. Tout repas au Voltaire doit inexorablement commencer par le célèbre œuf mayonnaise à 0,9 €. Un tel prix semble amuser une clientèle bourgeoise s’encanaillant de manger à tarif Chartier. L’entrée est sublime, généreuse avec ses crudités et sa mayonnaise faite maison. Puis arrive la fameuse pièce de bœuf, un monument de la gastronomie française. Les portions sont plus que gargantuesques servies avec une ribambelle de légumes s’invitant à la table : purée de carottes, purée de pommes de terres, bolets à l’huile, frites maison et salade. Le repas est divin, délicieusement désuet à l’époque où l’opulence des assiettes était symbole de luxe et de richesse. Les clients s’en mettent plein la panse et en redemandent avec raison. Difficile alors de conclure un tel festin par un dessert. Il faut savoir renoncer aux batailles lorsqu’elles ont bien été défendues.

Les liquides. En scrutant méticuleusement les bas-fonds de la carte, on finit par dénicher quelques bouteilles à 40-50 €, mais la fourchette de prix varie plutôt entre 60 et 100 € pour une bonne bouteille. Le vin choisi ce soir-là fut gouleyant au palais.

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Clientèle. Point de grandes dames vêtues de caraco, mais des hordes de vieilles barbes accompagnées de leur moitié anglaise pour fêter des noces vermeilles.

Faut-il y aller ? Pour avoir le daguerréotype parfait de la bonne cuisine française, assurément. Cette cuisine bourgeoise a quasiment disparu de nos assiettes parisiennes, alors ne nous en privons pas. Mais pour des additions légères, il faudra peut être mieux aller voir ailleurs. Environ 160 € pour deux personnes sans dessert, la « cuisine musée » se paie très chère. Comme disait Marie-Pierre Casey dans la pub Pliz : « je ferai pas ça tous les jours » !

Le Voltaire, 27 Quai Voltaire, Paris 7

Café à 5 €, bouteille
St-Pellegrino (1L) à 6 €

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