Archive | avril 2014

Critique : Menu déjeuner à la Bauhinia – Shangri La.

La Bauhinia 1

Après le Royal Monceau et avant de vous faire écho de mon récent diner au Pure du Park Hyatt, continuons notre road trip des palaces parisiens à l’heure du déjeuner. Aujourd’hui, hommage au Shangri La et son excellente formule déjeuner à 48 €.

Le lieu. A la Bauhinia, l’un des restaurants du palace baigné de lumière grâce à l’extraordinaire coupole de verre conçue par l’architecte Maurice Gras. Les tons pastels et chinoiseries ne sont peut être pas d’un goût parfait, mais le cadre reste fort confortable pour un déjeuner d’affaires.

La Bauhinia 2

Le menu le « 48″. Pensé par le chef étoilé Philippe Labbé, le menu propose le traditionnel trio entrée/plat/dessert en s’inspirant de la cuisine française et thaïlandaise. Pied de nez à ses confrères parisiens, le chef a préféré pimenter les plats plutôt que l’addition ; quelle sage décision !

Les entrées. Oeuf de poule mollet et croustillant, servi sur son lit de lentilles légèrement vinaigrées et pataugeant dans son jus crémeux. Un des grands classiques de la cuisine gastronomique qui a défaut de surprendre séduit toujours autant le palais. Quant à lui, le carpaccio de bar acidulé au vinaigre de mangues et condiments batifole avec la ciboulette et la bourrache dans une composition joliment florale.

La Bauhinia 3

Les plats. Envolons-nous vers des contrées lointaines avec Malaysia Airlines et entamons notre descente vers la Malaisie, avec ce Kari Ayam, fricassée de poulet au curry, riz biryani aux raisins, amandes parfumées à la cannelle, cardamone et badiane. Le plat relevé ne se fit non sans quelques turbulences mais nous ne nous abîmâmes pas dans la sauce au curry.

Les desserts. Retour sans embuche en France avec ce traditionnel éclair aux marrons aux portions généreuses. Le dessert tout droit inspiré d’Angelina reste perché en apesanteur, réussissant l’exploit de ne pas sombrer dans la surenchère calorique. Quant à l’ile flottante sertie d’amandes caramélisées, qu’il est agréable de redécouvrir des desserts simples et bons.

La Bauhinia 4

Les liquides. Verres de vin à partir de 14 €, bouteille 1L de San pellegrino à 11 €.

Les plus. Le prix imbattable de cette cuisine de haut vol. Pour les appétits d’oisillons, carte avec entrées à 16 €, plats à 31 € et desserts à 8 € (soit le prix d’un dessert dans n’importe quelle mauvaise brasserie parisienne).

Les moins. Aucun.

La Bauhinia au Shangri La Hotel, 10 Avenue d’Iéna, Paris 16

Critique : Exposition Martin Parr – Maison Européenne de la Photographie

Expo Martin Parr 1

Que de communiqués de presse, de grabuge médiatique et d’articles frôlant l’éloge panégyrique pour une bien maigre exposition photographique ! Voici l’impression générale qui se dégage en sortant des murs de l’hôtel particulier Hénault de Cantobre.

Depuis 1982, la Maison Européenne de la Photographie passe commande auprès de photographes renommées pour nous livrer leur vision de la capitale. Après Henri Cartier-Bresson, Edouard Boubat et bien d’autres, c’est autour de Martin Parr de nous faire redécouvrir les différentes facettes de cette ville magique.

Pendant deux ans, Martin Parr s’est attelé à nous livrer sa version de Paris, avec comme toile de fond le tourisme de masse évoqué autour d’événements majeurs tels que le défilé du 14 juillet, les défilés de mode, le salon d’aéronautique du Bourget ou encore Paris Plage.

Expo Martin Parr 2

Mais devant la pauvreté de cette exposition – une soixante d’œuvres tout au plus dont les 2/3 auraient pu être prises par un bloggeur au regard affuté – on se demande si Martin Parr n’a pas passé la majeure partie de ces deux années à la terrasse du Flore plutôt que d’arpenter les rues de Paris. La plupart des photos présentées ne sont pas nouvelles, on aurait aimé un vrai travail inédit.

Le travail de l’artiste n’est pourtant pas tout à fait vain. Devant la photo montrant ces touristes ahuris et sans culture mitraillant la pauvre Joconde avec leurs smartphones, on observe un bien triste phénomène : les visiteurs eux-mêmes prennent en photo le tirage ! Cette belle construction en abime montre à quel point la culture se réduit aujourd’hui à un tableau de chasse qu’on exhibe fièrement sur son profil Facebook. Consternant.

Martin Parr à la Maison Européenne de la Photographie, 5 rue de Fourcy, Paris 4

Jusqu’au 25 Mai 2014, entrée : 8 €

Critique : China Club : entre esprit colonial et fusion food.

China Club 3

Perdu entre Bastille et Gare de Lyon, le China Club nous offre un voyage sensoriel au cœur de la Chine coloniale des années 30. Etablissement mythique des années 80/90, le China a bien failli disparaitre en 2008 pour être transformé en bureaux administratifs. Heureusement, Jean-François Roux, ancien associé de Costes et propriétaire de Chez Janou et du Petit Marché, a repris l’établissement pour lui redonner son lustre d’antan.

China Club 4

La décoration coloniale est une pure réussite ; le client se sent transporté dans un hôtel mythique Raffles, entre Hong Kong et Angkor. Canapés Chesterfield, lumière tamisée jouant les nuances de pourpres et garances, stores vénitiens créant de subtiles jeux d’ombres, plantes vertes et meubles en bois laqué faisant tous échos au carrelage en damier. Hemingway n’est sûrement pas très loin.

China Club 2

La carte. Très fusion food avec des rolls et dim sum en entrées (10-12 €), des Bo Bun (bœuf, crevette, poulet ou crabe) entre 14 et 16 €, puis des poissons (brochettes de st jacques rôties à la citronnelle, crevette royales citronnelle, gambas sautées, dorade royale, thon basilic piment) et viandes (porc mijoté coco caramel, bœuf grillé satay, tartare poilé, poulet crispy, magret d’oie laqué bananes figues, anneau rôti au cury) entre 20 et 22 €. Côté desserts, les sempiternelles riz au lait de coco, moelleux au chocolat glace vanille, croustillant de fruits frais à la vanille ou crème brulée au thé vert sont au rendez-vous (8 – 10 €).

La cuisine. Des Bo Buns parfaitement équilibrés, consistants et savoureux mais des desserts plus passe-partout. Les cocktails d’inspiration début du siècle (Bramble, Bijou, Singapour Sling, Side Car, Mai Tai) sont plutôt réussis.

China Club 1

La clientèle. Le propriétaire souhaitait un établissement « ouvert à tous, sans barrière culturelle, sociale ni générationnelle ». Le vœu, bien qu’un tantinet démagogique, semble être exhaussé.

Les plus. L’ambiance, la déco très réussie, le pari réussi de réveiller un quartier endormi.

Les moins. Les canapés inconfortables responsables de votre future sciatique et la playlist qui mériterait d’être un peu plus travaillée.

China Club, 50 rue de Charenton, Paris 12

Ouvert du lundi au samedi de 17h à 2h, toute la nuit vendredi et samedi

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