Archive | décembre 2014

Critique : Yo Café. Bistrot thaï

Yo Cafe 2

Le Yo Café se présente comme un bistrot thaï. Cette annonce aux allures d’oxymore suscite à juste titre l’inquiétude. Faire la promesse d’une cuisine fusion authentique est souvent un exercice casse-gueule qu’empruntent généralement les adresses modeuses pour excuser leur médiocrité gastronomique. Heureusement, Yo réussit le pari de la cuisine fusion avec une carte intelligente qui nous réconcilie avec ce mélange des genres.

Le cadre. Mignon avec ces murs couleur pistache et mauve, ses lumières tamisées et son piano jouant les meubles chinés au fond de la salle.

La carte. Massmam de joues de bœuf, curry rouge, tamarin et lait de coco (19 €), gaeng kiu de blanc de poulet, lait de coco, curry vert et basilic (19 €) ou encore wok de poulet fermier, citronnelle et curry rouge (20 €). Côté desserts, délice de chocolat noir, crème anglaise, riz au lait de coco et mangue fraiche ou encore tiramisu à 8,5 €.

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Les plats & desserts. Délicieux plat du jour avec ce suprême de poulet et ses petits légumes accompagnés d’une sauce pimentée à la citronnelle. Les saveurs s’exaltent en bouche, l’association des épices revisite à la perfection ce plat si français. Le dessert est également réussi avec ce flan noix de coco et sa boule de glace.

Les flacons. Des bouteilles de vin entre 25 et 40 €, ainsi que des verres et carafes bien choisies.

Le service. Adorable et professionnel.

Faut-il y aller ? Évidemment, les bonnes adresses fusion sont si rares à Paris qu’il serait dommage de se priver de ce joli bistrot.

Yo Café, 10 rue du Port-Mahon, Paris 2

Critique : Bar à vin Les agités. Une honte

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Chaque année, les restaurants parisiens nous réservent leurs lots de surprises. L’année 2014 n’avait jusqu’ici pas encore été entachée par un bon coup de gueule sur mon blog. Je commençais presque à trouver ça louche de ne pas tomber sur une vieille gargote infâme où crier scandale. C’est désormais chose faite au bar Les Agités.

Chatelet a beau être le cœur névralgique de Paris, en matière de restauration, il est aussi un véritable pandémonium. Restaurants de chaine et attrape-touristes en tout genre viennent gangréner les rues du quartier. Difficile dans ces conditions de manger correctement.

L’adresse nous avait été recommandée, Tripadvisor lui dressait des éloges hagiographiques et l’adresse était plébiscitée pour son chef  ayant fait ses armes au Bristol. Depuis, la roue a tourné et l’adresse est en plein naufrage. Le bar à vins présente pourtant un certain charme, tout en longueur avec ses quelques tables hautes.

La carte. Très concise avec une assiette de charcuterie (16 €), de fromage (14 €) ou mixte (18 €). Egalement des croquemonsieurs et des assiettes de saumon mariné. Le choix des vins est plus que limité : seulement 2 bouteilles de rouge sont proposées, un comble pour un bar à vins !

Les assiettes. Sans grand intérêt avec un fromage acheté à la supérette du coin et un saumon mariné tout droit sorti de la boite. Habituellement, j’apprécie les restaurants avec cuisine ouverte. Mais lorsqu’on voit le chef lécher la cuillère après avoir pris des rillettes et s’en délecter les babines, on préférerait instaurer une cloison entre la salle et la cuisine.

Le service. Une véritable impression de déranger et plusieurs réflexions déplacées notamment sur le pain que nous devions consommer avec parcimonie. Tous les clients semblent se connaitre, n’hésitant pas à laisser leurs bonnes manières au placard comme cet homme qui posa son verre de vin vide sur notre table sans que la chef de salle n’intervienne.

L’addition. Il faudra quémander pour l’obtenir, la serveuse préférant d’abord fumer sa cigarette avant de nous encaisser. Et la surprise de découvrir une bouteille de vin à 38 € pour un rouge tout à fait médiocre.

Faut-il y aller ? Vous pouvez toujours essayer, mais dépêchez vous avant qu’ils ne mettent la clé sous la porte !

Les Agités, 15 rue de la Reynie, Paris 4

Critique : Mokus l’Ecureuil. Burgers à Trocadéro

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Ce n’est un secret pour personne, en termes de Gastronomie, le quartier Trocadéro est un véritable no man’s land. Alors lorsqu’une nouvelle adresse s’ouvre avenue Kleber, on s’emballe en espérant que ces idées reçues soient enfin contredites.

L’adresse s’appelle Mokus l’écureuil. Ouvert en octobre 2014, en lieu et place de l’abominable White Café, le restaurant a rapidement su trouver ses marques. Le propriétaire, Eddy Benezet (La Rotonde de la Muette, Roméo Victor Hugo, La Gauloise ou encore Le Coq Trocadéro) nous propose un cadre ouvertement inspiré par les restaurants de chaines américaines ou londoniennes. Mais « chaine » ne rime pas forcément avec malbouffe même si notre pays a cette fâcheuse tendance à transformer des concepts pionniers comme Pizza dell’Arte, le Paradis du Fruit ou encore Hippopotamus en gargotes ringardes, servant leurs produits sous vide en bord de rocades et centres commerciaux. Heureusement Mokus l’écureuil s’est plutôt inspiré de concepts comme Pizza East que l’on retrouve dans plusieurs quartiers branchés de Londres.

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Le décor. Industriel avec ces conduits d’aération serpentant sur un plafond floqué, ce sol brut de béton recouvert d’une confortable moquette, ces grandes tables d’hôtes en bois sombre et ces boxes accueillant les familles nombreuses. La mise en lumière n’est pas en reste avec des néons en forme de lettres et des lampes de bibliothèque posées sur les tables. Ce « diner » moderne et cosy évite l’écueil du décor fifties rose bonbon dont plusieurs chaines raffolent actuellement comme le Memphis Coffee en province.

La carte. Antipasti, pizzas, carpaccio à 16-18 €, pasta al forno à 13 €, hamburger à 15-17 € et desserts à 6-8 €.

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Les produits. La cuisine joue la carte de la transparence avec des pizzas faites maison et des burgers réalisés à la commande. Le Burger Americano (bœuf Aubrac, tomates, iceberg, ketchup maison) est irréprochable : viande de qualité à la cuisson parfaite, frites croustillantes, ketchup légère. Les desserts proposés concluent sur une dernière note réussie (glaces, pizza Nutella ou encore tiramisu).

Le service. Jeune et décontracté, avec des garçons hipsters qui vous servent à la new yorkaise.

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Faut-il y aller ? Après avoir bravé le froid en attendant que Dame Tour Eiffel accepte de clignoter à heure fixe, il est bien agréable de venir se réchauffer le cœur avec un bon burger dans un lieu cosy.

Mokus l’écureuil, 116 avenue Kleber, Paris 16

Le Centquatre. Les subventions au secours de la rentabilité

J’avais dénoncé sur mon blog en mai 2012 le scandale du 104, lieu culturel censé attirer les foules et devenu rapidement un véritable gouffre financier avec près de 100 M€ dépensés pour la rénovation de cet ancien Service municipal des pompes funèbres.

Pour rappel, Le CENTQUATRE est « un espace de résidences et de production pour les artistes du monde entier. Pensé comme un abri des esthétiques artistiques et culturelles élaboré sous des formes coopératives, il donne accès à l’ensemble des arts actuels au travers d’une programmation résolument populaire et contemporaine ».

Depuis, le rapport d’activité a été publié et les chiffres sont accablants. Intéressons-nous plus particulièrement au tableau dépenses/recettes ci-dessous :

Tableau 104

Ce tableau montre 4 choses :

- un lieu culturel archi subventionné à hauteur de 8 M€, financés par nos impôts locaux. Les subventions représentent 73 % des recettes de l’établissement. Ramené à la population, le CENTQUATRE coûte chaque année 3,60 € à chaque parisien,

- les recettes issues des spectacles ne couvrent que 80% des coûts techniques d’activité,

- les charges de personnel s’élèvent à 4,4 M€, soit 39% des charges totales. Ces dépenses permettent de rémunérer les 80 salariés permanents (à raison de +/- 36 K€ par salariés, charges retirées)

- malgré les colossales subventions accordées, le CENTQUATRE finit l’année 2012 avec un déficit de +/- 253 000 €.

Le constat est identique d’années en années, le rapport 2011 s’osait même à qualifier les dépenses de « contrôlées » et le budget de « maitrisé ». Ouvert depuis 2008, la réussite de l’établissement se fait attendre.  Le CENTQUATRE, véritable audace culturelle ou simple moyen de communication au service de la Mairie ?

Critique : Chez Ly Balzac. Ambiance Tintin et le lotus bleu

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 Madame Ly n’a rien à voir avec ces restaurants asiatiques élisant domicile dans le XIIIème arrondissement ou dans le microcosme de la rue Sainte-Anne. Bien au contraire, les adresses de Madame Ly s’affichent dans les arrondissements les plus prisés de la Rive Droite : Avenue Niel, rue Saussaies, rue Boétie et même Neuilly-sur-Seine. Pour sa 5ème adresse, Madame Ly n’a pas dérogé à la règle et s’est installée à l’angle de la rue Lord Byron et Balzac en Décembre 2013.

Le cadre. Le restaurant a pris place dans les lieux jadis occupés par le duo Johnny Halliday/Claude Bouillon et plus récemment par les Enfants Terribles de la famille Sibuet. La décoration a été remplacée par un cadre Shanghai des années 1930 avec de faux airs de « Tintin et le lotus bleu », l’opium en moins. Des tons rouges, de superbes volumes haussmanniens et de grandioses bouquets caressant le plafond et les moulures.

Chez Ly Balzac 1

La carte. Madame Ly, hongkongaise, et son mari vietnamien proposent aux palais français une cuisine d’inspiration chinoise et thaïlandaise. Le choix est pléthorique : 53 entrées, 53 plats et 10 accompagnements. Les entrées proposent les traditionnels potages, nems, rouleaux de printemps et dim sum autour de 12-13 €. Les plats s’enchainent avec les classiques poulet sauce aigre douce ou champignons noirs, filet de bœuf aux oignons, poulet sauté au basilic ou à la citronnelle, entre 21 et 28 €. Le canard laqué à la pékinoise est également proposé pour 118 €.

Les plats paraitraient presque abordables s’ils étaient servis avec riz ou légumes. Seulement voilà, il vous faudra rajouter les accompagnements à la carte, alourdissant considérablement l’addition (légumes sautés chop suey ou riz cantonais à 8,5 €, riz nature à 5,5 €, nouilles sautées à 12 €). Cette pratique frise la malhonnêteté.

Chez Ly Balzac 2

Côté dessert, choix limité avec mangue fraiche, perle de coco à la vapeur, beignet à la banane flambé (entre 9 et 10 €) ou encore flan exotique à 13,5 €.

L’impression. Certain reprocheront une cuisine trop policée, manquant de relief et d’épices. L’ensemble est en réalité plutôt correct mais les prix trop élevés ne compenseront pas l’atmosphère ouatée et surannée des lieux. La bière Tsingtao à 10,20 € finira par nous achever.

Chez Ly, 8 rue Lord Byron /3-5 rue Balzac, Paris 8

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