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Coup de gueule – Pourquoi certains restaurants en Province refusent de servir après 13h30 ?

De passage à Gassin, dans l’arrière-pays varois près de Ramatuelle, j’ai assisté à une situation ubuesque et désolante, malheureusement monnaie courante dès que vous sortez des grandes villes françaises. En pleine saison touristique, les restaurants refusaient tout bonnement de nous servir passé 13h45. La plupart ne nous aura donné aucune explication, les plus bavards nous auront précisé que le cuisinier prenait congé à 14h. Je considère pourtant cette explication irrecevable, un restaurant peut toujours proposer une carte allégée à base de salades, de tartines et de charcuterie ne nécessitant pas la présence continue d’un cuistot.

En réalité, ces restaurateurs semblent se comporter comme à la « belle époque » où le client se bâtait au portillon, tout en pleurant aujourd’hui sur leur baisse d’activité de 20 à 30 % dans les gazettes régionales. Les raisons sont toujours multiples et exogènes : la hausse de la TVA, la crise, la baisse du pouvoir d’achat, les charges, la météo capricieuse, etc. Bien sûr, il y a un fond de vérité dans cette litanie d’excuses mais tout ceci semble prétexte pour refuser le changement et continuer à vivre comme les musiciens du Titanic qui attendront jusqu’à la dernière minute que le bateau coule.

Les temps ont pourtant changé, les clients veulent désormais déjeuner à toute heure, en particulier les touristes étrangers. Il parait alors absurde de leur refuser une table !

Pour conclure, nous avons fini notre course effrénée au restaurant le Point de Vue, à l’entrée de la ville. Le patron se frottait les mains, marmonnant « ils ne veulent pas travailler, quelle aubaine pour nous ».

Critique : Les Capucins à Aigue Morte. Le désastre annoncé

Les Capucins - Aigue Morte 1

Source photo : Panoramio – Bernard Bost

De passage l’été dernier à Aigue-Morte – jolie bourgade perdue dans le Gard – je n’ai rien trouvé de mieux que de vouloir m’attabler Place Saint-Louis, lieu que l’on pourrait aisément renommer Place de la Pigeonnade. Les serveurs vous alpaguant et exhibant fièrement leur carte étaient pourtant des signaux alarmants indiquant l’approche imminente de la gargote. Même si je ne m’attendais pas à de la haute gastronomie, je me demande encore comment j’ai pu choisir le plus mauvais restaurant de la ville à en croire Tripadvisor qui note l’adresse 69ème sur 69.

Les menus. Tel un bouiboui du quartier Saint-Michel à Paris, le restaurant propose des formules attractives à 11,80 € avec entrée / plat ou plat / dessert et à 13,80 € pour le trio infernal. Les entrées débutent avec une poêlée de crevettes, soupe de poissons ou encore tomates mozzarella. Les plats suivent avec rouille du pécheur, brandade de morue, poulet rôti, pièce du boucher, steak de taureau et j’en passe. Le repas finit par les éternels produits industriels : mousse au chocolat, crème caramel ou glace 2 boules.

Les Capucins - Aigue Morte 2

Source photo  : www.monnuage.fr

Le supplice. Tandis que nos voisins de table se cassaient les dents sur leur tomate mozzarella, nous ne faisions pas plus les fier-à-bras avec cette assiette de bulots aïoli où 6 malheureux mollusques se disputaient la scène avant d’être trempés dans une sauce industrielle coupée à l’eau. Les moules, pourtant difficiles à rater, nous rappelèrent le long voyage qu’avait dû parcourir les marinières. La route eut raison d’elles puisque seules 20 congénères survécurent à l’aventure.

Affamés, nous n’avons pourtant pas poursuivi plus loin cette pantalonnade : ni dessert, ni café. Le rosé râpeux finit de nous achever (4 € le quart), tout comme le pain surgelé.

Les Capucins, Place Saint-Louis, Aigue-Morte

Aéroports Orly et Roissy : quand les taxis et moto-taxis sont hors-la-loi

Motos taxis

Qu’il est désagréable d’arriver à l’aéroport d’Orly ou de Roissy et de se faire alpaguer par des taxis clandestins et moto-taxis en tout genre qui vous proposent d’assurer la course illégalement.

D’un côté, les chauffeurs de taxis n’ayant pas toujours de licences sont en marotte et repèrent le touriste un peu benêt pour lui faire payer une course à tarif « pigeon ». De l’autre, ceux qui cherchent simplement à échapper aux longues heures d’attente dans les « bases arrières » des aéroports et qui sont prêts à court-circuiter leurs collègues plus honnêtes.

Mais les motos-taxis ne sont pas plus des enfants de cœur, n’hésitant pas à racoler les clients sans air de componction. La loi est pourtant très claire : depuis le 1er avril 2011, une nouvelle réglementation encadre les activités à titre onéreux de personnes par véhicules motorisés à 2 ou 3 roues, dites « moto-taxis » (art 5 de la loi n°2009-888 du 22 juillet 2009). Le transport de personnes à moto ne peut se faire que sur réservation préalable, seuls les taxis étant autorisés à attendre la clientèle sur la voie publique. Les contrevenants encourent un an d’emprisonnement et une amende de 15 000 € assortis de peines complémentaires (suspension du permis de conduire, immobilisation ou confiscation du véhicule ayant servi à commettre l’infraction).

Au delà de cette concurrence déloyale que l’on retrouve également dans les gares, le phénomène s’est aggravé et pose de réels problèmes de sécurité lorsque les conducteurs s’avèrent ne pas avoir de licence. Ces chauffeurs qui restaient auparavant à la sortie des aérogares viennent dorénavant vous chercher à la sortie des zones sous douanes aux yeux de tous. Les réseaux semblent organisés et ces attrape-pigeons donnent une première impression détestable de notre pays aux touristes.

Les Boers, la police des taxis, ont encore du pain sur la planche. Complètement débordés et en sous effectifs face à l’arrivée des VTC, ces délits ne sont pas près de cesser.

Critique : Bar à vin Les agités. Une honte

les-agites

Chaque année, les restaurants parisiens nous réservent leurs lots de surprises. L’année 2014 n’avait jusqu’ici pas encore été entachée par un bon coup de gueule sur mon blog. Je commençais presque à trouver ça louche de ne pas tomber sur une vieille gargote infâme où crier scandale. C’est désormais chose faite au bar Les Agités.

Chatelet a beau être le cœur névralgique de Paris, en matière de restauration, il est aussi un véritable pandémonium. Restaurants de chaine et attrape-touristes en tout genre viennent gangréner les rues du quartier. Difficile dans ces conditions de manger correctement.

L’adresse nous avait été recommandée, Tripadvisor lui dressait des éloges hagiographiques et l’adresse était plébiscitée pour son chef  ayant fait ses armes au Bristol. Depuis, la roue a tourné et l’adresse est en plein naufrage. Le bar à vins présente pourtant un certain charme, tout en longueur avec ses quelques tables hautes.

La carte. Très concise avec une assiette de charcuterie (16 €), de fromage (14 €) ou mixte (18 €). Egalement des croquemonsieurs et des assiettes de saumon mariné. Le choix des vins est plus que limité : seulement 2 bouteilles de rouge sont proposées, un comble pour un bar à vins !

Les assiettes. Sans grand intérêt avec un fromage acheté à la supérette du coin et un saumon mariné tout droit sorti de la boite. Habituellement, j’apprécie les restaurants avec cuisine ouverte. Mais lorsqu’on voit le chef lécher la cuillère après avoir pris des rillettes et s’en délecter les babines, on préférerait instaurer une cloison entre la salle et la cuisine.

Le service. Une véritable impression de déranger et plusieurs réflexions déplacées notamment sur le pain que nous devions consommer avec parcimonie. Tous les clients semblent se connaitre, n’hésitant pas à laisser leurs bonnes manières au placard comme cet homme qui posa son verre de vin vide sur notre table sans que la chef de salle n’intervienne.

L’addition. Il faudra quémander pour l’obtenir, la serveuse préférant d’abord fumer sa cigarette avant de nous encaisser. Et la surprise de découvrir une bouteille de vin à 38 € pour un rouge tout à fait médiocre.

Faut-il y aller ? Vous pouvez toujours essayer, mais dépêchez vous avant qu’ils ne mettent la clé sous la porte !

Les Agités, 15 rue de la Reynie, Paris 4

Le Centquatre. Les subventions au secours de la rentabilité

J’avais dénoncé sur mon blog en mai 2012 le scandale du 104, lieu culturel censé attirer les foules et devenu rapidement un véritable gouffre financier avec près de 100 M€ dépensés pour la rénovation de cet ancien Service municipal des pompes funèbres.

Pour rappel, Le CENTQUATRE est « un espace de résidences et de production pour les artistes du monde entier. Pensé comme un abri des esthétiques artistiques et culturelles élaboré sous des formes coopératives, il donne accès à l’ensemble des arts actuels au travers d’une programmation résolument populaire et contemporaine ».

Depuis, le rapport d’activité a été publié et les chiffres sont accablants. Intéressons-nous plus particulièrement au tableau dépenses/recettes ci-dessous :

Tableau 104

Ce tableau montre 4 choses :

- un lieu culturel archi subventionné à hauteur de 8 M€, financés par nos impôts locaux. Les subventions représentent 73 % des recettes de l’établissement. Ramené à la population, le CENTQUATRE coûte chaque année 3,60 € à chaque parisien,

- les recettes issues des spectacles ne couvrent que 80% des coûts techniques d’activité,

- les charges de personnel s’élèvent à 4,4 M€, soit 39% des charges totales. Ces dépenses permettent de rémunérer les 80 salariés permanents (à raison de +/- 36 K€ par salariés, charges retirées)

- malgré les colossales subventions accordées, le CENTQUATRE finit l’année 2012 avec un déficit de +/- 253 000 €.

Le constat est identique d’années en années, le rapport 2011 s’osait même à qualifier les dépenses de « contrôlées » et le budget de « maitrisé ». Ouvert depuis 2008, la réussite de l’établissement se fait attendre.  Le CENTQUATRE, véritable audace culturelle ou simple moyen de communication au service de la Mairie ?

Critique : Les soufflés du Récamier. Quand la Cigale Récamier se grille les ailes.

Soufflés Récamier 1

La Cigale Récamier était une adresse réputée et spécialisée dans les soufflés sucrés salés. A déjeuner,  les hommes politiques fréquentaient cet endroit paisible pour se laisser aller à quelques confidences. Le soir, la bourgeoisie du 7ème leur emboitait le pas de façon inconditionnelle pour se délecter de ces mets aériens.

Mais la belle histoire a pris fin en Juin 2014 lorsque la Cigale ferma ses portes pour d’importants travaux de rénovation. Ce qui devait être un simple rafraîchissement tourne aujourd’hui à la zone sinistrée : les Caterpillar ont envahi la salle pour faire naitre un inqualifiable pandémonium. Rouvert en septembre, les clients ont découvert une salle aux allures de bungalows de chantier ou de camisole pour schizophrène, avec cette indescriptible toile cirée tendue à une ossature métallique façon Placoplatre. Je préfère encore aller prendre le thé à l’hôpital américain, l’ambiance y est moins clinique et anxiogène. Mon récent passage m’a même foutu le cafard et il me semble insensé de laisser une  personne seule diner ici, au risque qu’elle commette l’irréparable avec la Seine si proche.

Soufflés Récamier 2

A défaut d’avoir des explications de la direction qui ne parlent visiblement pas aux manants, nous finissons par tendre l’oreille aux tables voisines. Les travaux ne seraient pas finis et le mobilier provisoire suite à un contentieux avec le propriétaire des murs. A supposer que nous ayons bien compris, la réouverture me semble prématurée, les clients ne sont pas là pour financer la fin des travaux.

En attendant, on s’installe sur des chaises de bistrot en rotin signées Gatti, collés serrés avec les autres tables. Fini le cadre feutré et exit la clientèle bourgeoise qui vient tirer ses adieux avant de naviguer vers d’autres royaumes.

Le système de réservation. Désormais, les réservations sont officiellement proscrites. Enfin, en principe. En réalité, les clients VIP peuvent toujours compter sur leur table, quelque part entre le crématorium et le funérarium.

La carte. Des tarifs à la hausse mais des quantités et une qualité suivant bien sûr la tendance inverse. Soufflés entre 19,5 et 24,5 € (chèvre frais, poule au pot, rougets rôtis, épinards, champignons, etc.) avec certaines propositions inutilement choquantes comme ce soufflé hamburger et ketchup. A quand le soufflé aux nuggets cannelle ? Côté desserts, les soufflés se déclinent en propositions plus classiques (Grand Marnier, vanille, chocolat noir, pêches de vigne, fraises) et s’affichent entre 12 et 14,5 €. Verres de vin à +/- 6 €.

Soufflés Récamier 3

La dégustation. Le four semble connaitre de sérieux problèmes de réglages car les soufflés arrivent en moins de 10 min et ne sont évidemment pas cuits ; ces derniers devraient être légèrement fondants alors que la pâte manque cruellement de cuisson. Quand on fait la remarque aux serveurs, ces derniers haussent les épaules en feignant l’étonnement.

Les liquides. La carafe d’eau se réinvente sous forme de vérin hydraulique peu pratique. Le vin rouge est servi glacé ; une façon classique d’annihiler sa médiocrité.

Le service. Complètement à l’Ouest, jouant les professionnels mais étant incapables de desservir une table ni d’enchainer avec la prise de commande du dessert. La réponse bébête du serveur est pourtant limpide : « on a un nouveau système de commandes informatisées ». Franchement le client n’a que faire de leurs problèmes informatiques. On s’adapte, on se gère et on se forme. On rôde le service à blanc avant l’ouverture, et on est opérationnel le jour J.

Soufflés Récamier 4

La suite du repas. Il faut savoir abandonner les armes et se retirer du combat à temps. Pour ne pas tomber de Charybde en Sylla, nous avons fait quelque chose qui ne nous était pas arrivé depuis longtemps : quitter la table et demander l’addition. Nous nous serons épargnés 2 desserts + 2 cafés + 2 autres verres de vin, soit une économie de près de 50 € (et autant de chiffre d’affaires en moins pour le restaurateur).

Que s’est-il passé ? A notre départ, nous n’avons pas pu nous empêcher de faire savoir notre mécontentement au patron, qui plutôt que d’essayer de s’enrichir de nos critiques, s’enferma dans une posture insolente et hautaine. A mon avis, le patron a eu la folie des grandeurs en souhaitant transformer une adresse de quartier en machine à cash prête à partir à la conquête du monde. Le nom a changé, une adresse est déjà prévue à Londres, et le lieu se spécialise officiellement dans le soufflé (tout en continuant à servir des plats de brasserie …). Pourquoi pas, mais le patron ne se donne pas les moyens de réussir et la salle est aujourd’hui loin d’être pleine. Le boss  joue un pari audacieux et risqué en sacrifiant sa clientèle fidèle bourgeoise et politicienne pour la transformer en une clientèle type « Relais de l’entrecôte ». Je ne suis pas convaincu de cette démarche, tout simplement parce que le produit « soufflé » est plus élitiste que l’entrecôte et que la déco joue un rôle prépondérant dans la réussite d’un concept.

Et le client dans tout ça ? Encore une fois, le client est relégué au rang de vache à lait. Cela me rappelle un épisode de Cauchemar en Cuisine avec le chef étoilé Gordon Ramsay où la patronne s’étonnait que son restaurant soit si vide alors qu’aucun client n’avait l’air d’être mécontent. Et au chef de répondre une remarque très juste « le client ne se plaint jamais  » (sûrement de peur de ne pas être écouté ou pire, d’être envoyé baladé). Aujourd’hui il attend même de rentrer chez lui pour se déchainer sur les sites de critiques et publier un avis acerbe de sa soirée. Restaurateurs, sortez de votre piédestal, les temps ont changé et les lendemains risquent d’être difficiles. Rappelons qu’en France, un restaurant sur deux ferme avant sa troisième année d’exploitation.

Les soufflés du Récamier, 4 rue Récamier, Paris 7

Critique : AD Intérieurs 2014. Décors à vivre, Musée Arts Décoratifs

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« Pour les expositions à la gloire d’un parfum, d’un bijoutier ou d’un marchand de sacs, je suis désolé, il faudra aller voir ailleurs », Alain Seban, président du Centre Pompidou, vœux au personnel du 21/01/14.

Si certains musées se refusent à accueillir en leur sein des expositions à la gloire d’une marque, d’autres ont fait de ce business lucratif une véritable religion : le Palais de Tokyo (Culture Chanel – l’Esprit des Lieux, N°5 Culture Chanel), le Grand Palais (Cartier – Le Style et l’Histoire, Miss Dior, Bulgari – 125 ans de magnificence italienne), le Musée Galliera (Papier Glacé – Un siècle de photographie de mode chez Condé Nast) ou encore le Musée des Arts Décoratifs (Van Cleef & Arpels – L’Art de la Haute Joaillerie, Louis Vuitton – Marc Jacobs).

Le musée, est pourtant selon les statuts de l’ICOM (International Council Of Museums), « une institution permanente sans but lucratif au service de la société et de son développement ouverte au public, qui acquiert, conserve, étudie, expose et transmet le patrimoine matériel et immatériel de l’humanité et de son environnement à des fins d’études, d’éducation et de délectation ».  Autrement dit il ne s’agit nullement d’un show room dont le seul but est de devenir une annexe des Galeries Lafayette avec une débauche commerciale. Le paroxysme est pourtant aujourd’hui atteint avec l’exposition AD Intérieurs 2014 : Décors à vivre au Musée des Arts Décoratifs.

L’exposition. Le célèbre magazine AD a donné carte blanche à 16 architectes d’intérieur de renom pour créer une pièce à vivre autour d’une œuvre de son choix sélectionnée dans les réserves du Musée des Arts Décoratifs. Parmi les décorateurs invités, on retrouve les célèbres Alberto Pinto, Gilles & Boissier ou encore Bismut & Bismut.

Expo AD Intérieurs

Le Musée : lieu culturel ouvert à tous ou quintessence de l’élitisme ? Cette question aux allures de dissertation de khâgnes n’est pourtant pas anodine. Les gardiens ont été troqués contre des vendeurs précisant à qui veut l’entendre le catalogue de prix des objets exposés, distribuant à tire larigot les cartes de visite pour inviter les visiteurs à faire un saut dans leur boutique.

Le musée n’est il pas ouvert à tous dans une volonté de démocratiser l’art ? Je n’ai rarement vu exposition aussi élitiste où le simple curieux ne peut se sentir que mal à l’aise comme s’il débarquait chez Kugel ou chez Bismut & Bismut sans signe extérieur de richesse. L’exposition ne me dérangeait pas lorsqu’elle avait lieu comme les années précédentes chez Artcurial ou à l’Enclos des Bernardins, mais le Musée des Arts Décoratifs entame une dérive inquiétante des musées.

Le Musée : lieu non lucratif ou entreprise comme une autre ? Entreprise dans la recherche de la rentabilité (même si je ne suis pas sûr que cette exposition attire les foules). Associatif dans le cadre des subventions colossales accordées par l’Etat (14 M€, soit 54% des produits encaissés malgré une diminution de 20 % de la fréquentation entre 2013 et 2012 et 461 salariés à nourrir représentant 51% des charges totales). Voici là toute l’ambigüité des musées, tiraillés entre leur vocation purement culturelle et leur course à la rentabilité.

La clientèle. On est entre soi, on se salue, on se reconnait et se renifle le derrière. Madame sort le vison et monsieur, déboutonne largement sa poignée de chemise pour faire apparaitre sa clinquante Rolex. D’autres adoptent un look plus jet-set comme s’ils descendaient de leur yacht amarré à Saint-Trop’.

Faut-il y aller ? Malgré les qualités intrinsèques de l’exposition, le billet à 11 € pour assister à une véritable démonstration publicitaire a de quoi donner la nausée. En anglais, une exposition se dit « exhibition ». Ici, le faux ami n’est plus car il s’agit véritablement d’une exhibition, une débauche de luxe décomplexée.

AD Intérieurs 2014 : Décors à vivre, Nef du Musée des Arts Décoratifs, 107 rue de Rivoli, Paris 1

jusqu’au 23 Novembre 2014

Critique : Exposition Martin Parr – Maison Européenne de la Photographie

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Que de communiqués de presse, de grabuge médiatique et d’articles frôlant l’éloge panégyrique pour une bien maigre exposition photographique ! Voici l’impression générale qui se dégage en sortant des murs de l’hôtel particulier Hénault de Cantobre.

Depuis 1982, la Maison Européenne de la Photographie passe commande auprès de photographes renommées pour nous livrer leur vision de la capitale. Après Henri Cartier-Bresson, Edouard Boubat et bien d’autres, c’est autour de Martin Parr de nous faire redécouvrir les différentes facettes de cette ville magique.

Pendant deux ans, Martin Parr s’est attelé à nous livrer sa version de Paris, avec comme toile de fond le tourisme de masse évoqué autour d’événements majeurs tels que le défilé du 14 juillet, les défilés de mode, le salon d’aéronautique du Bourget ou encore Paris Plage.

Expo Martin Parr 2

Mais devant la pauvreté de cette exposition – une soixante d’œuvres tout au plus dont les 2/3 auraient pu être prises par un bloggeur au regard affuté – on se demande si Martin Parr n’a pas passé la majeure partie de ces deux années à la terrasse du Flore plutôt que d’arpenter les rues de Paris. La plupart des photos présentées ne sont pas nouvelles, on aurait aimé un vrai travail inédit.

Le travail de l’artiste n’est pourtant pas tout à fait vain. Devant la photo montrant ces touristes ahuris et sans culture mitraillant la pauvre Joconde avec leurs smartphones, on observe un bien triste phénomène : les visiteurs eux-mêmes prennent en photo le tirage ! Cette belle construction en abime montre à quel point la culture se réduit aujourd’hui à un tableau de chasse qu’on exhibe fièrement sur son profil Facebook. Consternant.

Martin Parr à la Maison Européenne de la Photographie, 5 rue de Fourcy, Paris 4

Jusqu’au 25 Mai 2014, entrée : 8 €

Uilenspiegel : le plus scandaleux des attrape-touristes

Uilenspiegel : le plus scandaleux des attrape-touristes dans Coups de gueule uilenspiegel-brugge-1

Il serait parfois bon de ne pas mégoter sur les dépenses et prendre un abonnement 3G à l’étranger. On pourrait ainsi vérifier sur TripAdvisor qu’on ne va pas atterrir dans une gargote infâme. Je me rassure, le caboulot n’en est pas à sa première victime comme en témoigne un avis du 28 août 2013 sur TA « Nous nous sommes fait arnaquer comme tout le monde. La terrasse offre une si belle vue que nous nous sommes assis sans même y réfléchir ».

J’ai rarement vu tel carnage sur TA, avec seulement 8% des internautes qui recommandent ce resto classé 435 sur 474 à Bruges. Pourtant, la vue sur les canaux est tout simplement sublime et la terrasse est parfaitement ensoleillée.

Les plats. Hors de prix avec des moules nature à 22 €, au vin blanc à 23,5 € et à la bière à 24,5 €. N’espérez pas vous rattraper avec les poissons entre 23,5 et 25,5 € et les grillades à 18-23 €.

uilenspiegel-brugge-2 dans Restaurants

La punition. Des moules tombées du cul du camion avec le sable qui racle au fond de la marmite, admirez la classe. Sans comptez le culot invraisemblable de faire facturer le ketchup un euro. Même les sodas sont lamentables. Imaginez le coca servi sans bulle et sans glaçon ; même McDonald’s n’oserait pas cet affront.

Le service. Une calamité avec un service extrêmement lent et une addition qu’il faut quémander à outrance. Nous avons fini par nous lever et payer au comptoir pour ne pas prolonger le supplice plus longtemps.

Conclusion. Pourrait-on inscrire ce « restaurant » dans le Guinness des records, catégorie meilleur attrape-touristes de l’année ?

Uilenspiegel, Langestraat 2-4, Brugge, Belgique

Commande en ligne chez McDonald’s : pas vraiment au point

Commande en ligne chez McDonald's : pas vraiment au point dans A emporter mcdo-en-ligne-1

Hier soir, je me suis senti l’âme d’un geek lorsque j’ai décidé de tester le nouveau service de commande en ligne de McDonald’s. Depuis début septembre, la plupart des restaurants français de la chaine est équipée de ce nouveau gadget qui permet de commander son menu préféré depuis son canapé, puis d’aller le retirer directement au restaurant.

Malheureusement, la beauté théorique du concept ne rejoint pas vraiment la réalité de l’expérience. Le service devait me faire gagner du temps. J’ai finalement perdu 20 min pour commander mon menu BigMac.

Après avoir créé mon profil sur McDo (3 min), j’arrive enfin sur la page d’accueil qui me permet de choisir mon repas. Puis vient le moment de finaliser la commande. C’est alors que les ennuis commencent.

mcdo-en-ligne-2 dans Coups de gueule

Une fois son panier validé, il faut renseigner son numéro de carte bleue. Le site vous redirige ensuite sur le système 3D Secure de votre banque. Vient alors une recherche désespérée de son numéro de compte bancaire dans les placards puis l’attente de recevoir son sms de validation pour finaliser son achat. On ne sait jamais, les vols de Big Mac sont devenus fréquents, parait-il.

La commande enfin terminée, le client doit en théorie recevoir un sms de confirmation ainsi qu’un mail contenant un flash code. Ce flash code permet de retirer sa commande rapidement aux bornes du restaurant prévues à cet effet. Mais problème, je n’ai jamais reçu ce fameux mail de confirmation avec le QR Code. Et le sms reçu ne contient pas de lien sur lequel récupérer ce fameux code barre (comme c’est le cas chez Gaumont par exemple). Après avoir attendu 10 min en vain que le mail arrive, je me suis résolu à « me la péter » sur la borne McDo. Au lieu de ça, me voici retrouvé chez McDo comme un péquenaud à faire la queue devant les machines pour taper mon numéro de commande.

Résultat des courses. 20 minutes perdues à attendre un mail fantôme + la « honte » de passer en borne pour taper manuellement son code. Ce service ne serait-il qu’un gadget chronophage ?

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