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PlugGate Place Vendôme : McCarthy, quand l’art devient idéologie.

'Tree' By Paul McCarthy - Monumental Artwork At Place Vendome In Paris442px-Rotterdam_kunstwerk_Santa_Clausmccarthy_Brancusi_Tree

Sources photos : Getty Images / Wikipedia / Ikon LTD

La FIAC n’aura jamais fait autant parler d’elle avec son œuvre « Tree » installée de courte durée Place Vendôme. Cette structure gonflable de 24 m de haut imaginée par Paul McCarthy devait s’inscrire dans le cadre de la programmation « Hors les murs » de la FIAC 2014. Dès son installation – mercredi 14 octobre, au beau milieu de la Place Vendôme – l’œuvre avait suscité de nombreuses réactions et le jour de son érection, l’artiste affirmait avoir été agressé à 3 reprises par un inconnu.

Durant la nuit de vendredi à samedi, l’œuvre a été « saccagée » selon les termes employés par la Presse. En réalité elle fut plutôt démontée par des inconnus (débranchement de l’alimentation de la soufflerie qui maintenait la structure gonflable et déharnachement) mais pas détériorée ; l’enveloppe en plastique n’ayant pas été abimée. Devant les vives réactions suscitées par cet événement, l’œuvre ne sera finalement pas réinstallée contrairement à la volonté de la Mairie.

FRANCE-ART-TREESource photo : Huffington Post

D’où est née la polémique ? La structure gonflable évoquait pour certains un simple arbre de Noël, pour d’autres une réplique évidente d’un sex toy (appelé plug anal, d’où l’affaire dorénavant appelée « PlugGate »). Comme le souligne la directrice artistique de la foire, Jennifer Flay, l’œuvre avait « reçu toutes les autorisations nécessaires : de la Préfecture de Police, de la Mairie de Paris et du Ministère de la culture ». Ces derniers pouvaient-ils ignorer l’allusion sexuelle de cet objet ? Pas si sûr si on en croit les propres révélations et le passé sulfureux de l’artiste.

Qui est l’artiste ? Paul McCarthy est un artiste américain spécialisé dans les œuvres provocatrices tendance scato : des étrons géants exposés à Hong Kong en 2013, un Père Noël tenant un godemiché à Rotterdam en 2001 ou encore un autre godemichet en 2007, le « Brancusi Tree ». L’homme de 69 ans a même avoué que son œuvre place Vendôme « pouvait autant, sinon plus, faire penser à un plug anal qu’à un arbre de Noël ». En résumé, la Mairie de Paris, le Ministère de la Culture et la Préfecture de Police ne pouvaient donc ignorer le penchant obsessionnel de l’artiste pour le pornographique et ont donc cautionné cette « provocation » sexuelle. Preuve en est, l’artiste exposera à la Monnaie de Paris ses œuvres dans une exposition intitulée Chocolate Factory (je vous laisse imaginer le sens figuré du mot chocolat).

Des réactions disproportionnées ? Dans cette affaire, au-delà de toute considération artistique que nous évoquerons plus tard, c’est surtout les réactions qu’elles ont suscitées qui sont intéressantes à analyser. Florilège :

- « la Ville ne cédera pas aux menaces de ceux qui, en s’en prenant à un artiste ou à une œuvre, s’en prennent à la liberté artistique » – Anne Hidalgo, Maire de Paris,

- « La honte et l’humiliation pour la France, ce n’est pas l’œuvre gonflable éphémère Place Vendôme, ce sont ces imbéciles qui la dégradent » – Bruno Julliard, adjoint à la Mairie de Paris chargé à la culture,

- « On dirait que certains soutiendraient volontiers le retour d’une définition officielle de l’art dégénéré » – Fleur Pellerin, Ministre de la Culture, faisant ouvertement référence à l’interdiction par les nazis de l’art moderne qu’ils qualifiaient « d’art dégénéré ».

De toutes ces réactions agitant les diners mondains parisiens, il en ressort deux principaux éléments :

- une réflexion plus profonde à mener sur l’art et sa définition, et ses potentiels limites à ne pas dépasser,

- des réactions disproportionnées pour un événement somme toute assez banal, et tournant rapidement aux questions de société : certains n’ont pas hésité à mettre les opposants de cette œuvre sous l’étiquette de « catho intégriste ». La notion d’art fédérateur semble s’éloigner.

mccarthy-photos-027Source photo : Art 21

Une réflexion plus profonde : qu’est-ce qu’une œuvre d’art ? Ce sujet pourrait bien volontiers se retrouver dans les épreuves du futur bac philo. Il pourrait même se prolonger par « la liberté des uns s’arrête elle là où celle des autres est reniée » ? L’artiste qui voulait selon ses propres termes « engendrer une réflexion profonde autour de l’existence même des objets comme mode d’expression à part entière, notamment dans la pluralité de leur signification » a finalement créé une guerre d’idéologie.

Cette œuvre devait-elle être exposée Place Vendôme ? L’œuvre aurait plutôt eu sa place dans un musée ou une galerie d’exposition où le public choisit sciemment de se soumettre à ces œuvres dérangeantes (comme par exemple l’exposition de Larry Clark avec ses photos pornographiques d’adolescents), plutôt que de les imposer violemment au regard d’un passant passif.

S’agit-il d’une œuvre d’art ? L’artiste s’autoproclame souvent artiste et dans un second temps s’arrange pour trouver des appuis institutionnels. Si Marcel Duchamp avait en son temps exposé un urinoir, il ne manquait pour autant de talent (voir ses peintures exposées actuellement au Centre Pompidou). L’art semble échapper à toute limite, même s’il dépasse parfois la bienséance. A l’inverse, une paire de seins nus sur une pochette de l’album d’Etienne Daho fut censurée dans le métro alors que la publicité  semble pourtant une forme d’art comme les autres.

LesChansonsDeLInnocenceRetrouvee_Pochette_560x560Etienne-Daho

Sources photos : dahoofficial.com / justmusic.fr

Y a t-il des limites à respecter ? Peut-on accepter, comme nous l’avons déjà vu, des acteurs s’adonner à l’onanisme ou déféquer sur la scène d’un théâtre au nom de l’art ? Peut-on exposer une guirlande de chaire humaine sous prétexte qu’elle affirme une certaine quintessence de l’art ? La réponse se trouve peut-être dans nos sex shops, futurs musées d’Art Moderne.

Critique : AD Intérieurs 2014. Décors à vivre, Musée Arts Décoratifs

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« Pour les expositions à la gloire d’un parfum, d’un bijoutier ou d’un marchand de sacs, je suis désolé, il faudra aller voir ailleurs », Alain Seban, président du Centre Pompidou, vœux au personnel du 21/01/14.

Si certains musées se refusent à accueillir en leur sein des expositions à la gloire d’une marque, d’autres ont fait de ce business lucratif une véritable religion : le Palais de Tokyo (Culture Chanel – l’Esprit des Lieux, N°5 Culture Chanel), le Grand Palais (Cartier – Le Style et l’Histoire, Miss Dior, Bulgari – 125 ans de magnificence italienne), le Musée Galliera (Papier Glacé – Un siècle de photographie de mode chez Condé Nast) ou encore le Musée des Arts Décoratifs (Van Cleef & Arpels – L’Art de la Haute Joaillerie, Louis Vuitton – Marc Jacobs).

Le musée, est pourtant selon les statuts de l’ICOM (International Council Of Museums), « une institution permanente sans but lucratif au service de la société et de son développement ouverte au public, qui acquiert, conserve, étudie, expose et transmet le patrimoine matériel et immatériel de l’humanité et de son environnement à des fins d’études, d’éducation et de délectation ».  Autrement dit il ne s’agit nullement d’un show room dont le seul but est de devenir une annexe des Galeries Lafayette avec une débauche commerciale. Le paroxysme est pourtant aujourd’hui atteint avec l’exposition AD Intérieurs 2014 : Décors à vivre au Musée des Arts Décoratifs.

L’exposition. Le célèbre magazine AD a donné carte blanche à 16 architectes d’intérieur de renom pour créer une pièce à vivre autour d’une œuvre de son choix sélectionnée dans les réserves du Musée des Arts Décoratifs. Parmi les décorateurs invités, on retrouve les célèbres Alberto Pinto, Gilles & Boissier ou encore Bismut & Bismut.

Expo AD Intérieurs

Le Musée : lieu culturel ouvert à tous ou quintessence de l’élitisme ? Cette question aux allures de dissertation de khâgnes n’est pourtant pas anodine. Les gardiens ont été troqués contre des vendeurs précisant à qui veut l’entendre le catalogue de prix des objets exposés, distribuant à tire larigot les cartes de visite pour inviter les visiteurs à faire un saut dans leur boutique.

Le musée n’est il pas ouvert à tous dans une volonté de démocratiser l’art ? Je n’ai rarement vu exposition aussi élitiste où le simple curieux ne peut se sentir que mal à l’aise comme s’il débarquait chez Kugel ou chez Bismut & Bismut sans signe extérieur de richesse. L’exposition ne me dérangeait pas lorsqu’elle avait lieu comme les années précédentes chez Artcurial ou à l’Enclos des Bernardins, mais le Musée des Arts Décoratifs entame une dérive inquiétante des musées.

Le Musée : lieu non lucratif ou entreprise comme une autre ? Entreprise dans la recherche de la rentabilité (même si je ne suis pas sûr que cette exposition attire les foules). Associatif dans le cadre des subventions colossales accordées par l’Etat (14 M€, soit 54% des produits encaissés malgré une diminution de 20 % de la fréquentation entre 2013 et 2012 et 461 salariés à nourrir représentant 51% des charges totales). Voici là toute l’ambigüité des musées, tiraillés entre leur vocation purement culturelle et leur course à la rentabilité.

La clientèle. On est entre soi, on se salue, on se reconnait et se renifle le derrière. Madame sort le vison et monsieur, déboutonne largement sa poignée de chemise pour faire apparaitre sa clinquante Rolex. D’autres adoptent un look plus jet-set comme s’ils descendaient de leur yacht amarré à Saint-Trop’.

Faut-il y aller ? Malgré les qualités intrinsèques de l’exposition, le billet à 11 € pour assister à une véritable démonstration publicitaire a de quoi donner la nausée. En anglais, une exposition se dit « exhibition ». Ici, le faux ami n’est plus car il s’agit véritablement d’une exhibition, une débauche de luxe décomplexée.

AD Intérieurs 2014 : Décors à vivre, Nef du Musée des Arts Décoratifs, 107 rue de Rivoli, Paris 1

jusqu’au 23 Novembre 2014

Critique : Exposition Henri Cartier Bresson Centre Pompidou

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Le Centre Pompidou consacre une rétrospective à l’œuvre d’Henri Cartier-Bresson jusqu’au 9 juin 2014. L’occasion de découvrir à travers une exposition passionnante le travail de l’artiste depuis ses débuts prometteurs. De l’avant-garde des années 1920, en passant par l’Afrique française, la guerre d’Espagne, le Front Populaire, jusqu’à la Libération, les funérailles de Gandhi ou encore la conquête de l’espace, l’exposition est une occasion unique de redécouvrir près de 350 œuvres du photographe.

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Rarement une exposition n’avait été aussi complète, se faisant la mémoire de cet artiste prolixe. Construite chronologiquement, les photos défilent tel un praxinoscope, témoins de l’histoire du XXème siècle prise sous toutes ses coutures. Puisé dans les archives de la Fondation Cartier-Bresson, le travail mûri de l’artiste s’expose au travers de photographies, de dessins, peintures et autres documents. Le tout dans une nuée de noir et blanc sublime.

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Rétrospective Cartier-Bresson, Centre Pompidou, Paris

jusqu’au 9 juin, du mercredi au lundi de 11h à 23h. Entrée : 13 €

Critique : Exposition Martin Parr – Maison Européenne de la Photographie

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Que de communiqués de presse, de grabuge médiatique et d’articles frôlant l’éloge panégyrique pour une bien maigre exposition photographique ! Voici l’impression générale qui se dégage en sortant des murs de l’hôtel particulier Hénault de Cantobre.

Depuis 1982, la Maison Européenne de la Photographie passe commande auprès de photographes renommées pour nous livrer leur vision de la capitale. Après Henri Cartier-Bresson, Edouard Boubat et bien d’autres, c’est autour de Martin Parr de nous faire redécouvrir les différentes facettes de cette ville magique.

Pendant deux ans, Martin Parr s’est attelé à nous livrer sa version de Paris, avec comme toile de fond le tourisme de masse évoqué autour d’événements majeurs tels que le défilé du 14 juillet, les défilés de mode, le salon d’aéronautique du Bourget ou encore Paris Plage.

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Mais devant la pauvreté de cette exposition – une soixante d’œuvres tout au plus dont les 2/3 auraient pu être prises par un bloggeur au regard affuté – on se demande si Martin Parr n’a pas passé la majeure partie de ces deux années à la terrasse du Flore plutôt que d’arpenter les rues de Paris. La plupart des photos présentées ne sont pas nouvelles, on aurait aimé un vrai travail inédit.

Le travail de l’artiste n’est pourtant pas tout à fait vain. Devant la photo montrant ces touristes ahuris et sans culture mitraillant la pauvre Joconde avec leurs smartphones, on observe un bien triste phénomène : les visiteurs eux-mêmes prennent en photo le tirage ! Cette belle construction en abime montre à quel point la culture se réduit aujourd’hui à un tableau de chasse qu’on exhibe fièrement sur son profil Facebook. Consternant.

Martin Parr à la Maison Européenne de la Photographie, 5 rue de Fourcy, Paris 4

Jusqu’au 25 Mai 2014, entrée : 8 €

Critique : Exposition Erwin Blumemfeld au Jeu de Paume : de la déception dans l’air

Critique : Exposition Erwin Blumemfeld au Jeu de Paume : de la déception dans l'air dans Expositions blumenfeld_1

La photographie a décidément le vent en poupe. Pas une bonne saison culturelle sans que ne soit programmée dans la capitale une exposition retraçant les œuvres photographiques d’un maitre de la pellicule. Après avoir passé en revue tous les maitres réalistes racontant Paris et ses « petites gens » au début du siècle (Doisneau, Ronis, Boubat), les Musées se sont attaqués aux artistes plus modernes et leurs photos de mode. On citera par exemple la superbe exposition Helmut Newton au Grand Palais ou encore la très réussie rétrospective Diane Arbus au Jeu de Paume. Les sources photographiques n’étant pas intarissables, il faut désormais puiser dans les réserves d’artistes moins connus et qui, disons-le, sont moins talentueux.

C’est ainsi que le Jeu de Paume nous présente l’exposition Erwin Blumenfeld à travers près de 300 œuvres et documents, depuis la fin des années 1910 jusqu’aux années 1960. Erwin Blumenfeld, d’origine allemande, fut surtout célèbre pour ses photographies de mode des années 40 et 50 qu’il fit paraitre dans les magazines Vogue et Harper’s Bazaar.

L’artiste s’est illustré dans plusieurs domaines : dessins, photographies, montages et collages. L’exposition regroupe une bonne partie de ses œuvres avec notamment Carmen, le modèle du Baiser de Rodin, mais aussi le mannequin en béret et manteau rouges qui illustre l’affiche de l’expo, sans oublier Lisa Fonssagrives capturée dans un moment sublime à jouer les équilibristes sur la Tour Eiffel.

On regrettera cependant une très grande partie de l’expo (sinon les 90%) consacrée à des œuvres pour le moins assez banales : photos de ville, nus pas toujours gracieux, etc. Les fameuses photos de mode qui l’ont fait connaitre n’occupent finalement que la dernière pièce de l’exposition autour d’une quarantaine de clichés. La déception s’affiche clairement à la sortie.

Exposition Erwin Blumenfeld au Jeu de Paume

jusqu’au 26 janvier 2014

Critique : Exposition Alaïa au Musée Galliera

Critique : Exposition Alaïa au Musée Galliera dans Expositions musee-galliera-1

Après plus de 4 ans de travaux, le Musée Galliera rouvre enfin ses portes et inaugure ses salles flambant neuves avec une rétrospective du célèbre couturier Azzedine Alaïa. Les salles d’exposition ont retrouvé leur lustre d’antan : murs rouge pompéien, boiseries noires et mosaïques venant sublimer le sol et les coupoles. On oublierait presque que le Palais n’est constitué que d’une ossature métallique réalisée par les ateliers Eiffel et dissimulée sous une enveloppe en pierre de style Renaissance.

L’exposition. Elle retrace la carrière d’Alaïa à travers 70 modèles imaginés par le créateur. On saluera le génie de l’artiste tout en admonestant le scénographe qui nous présente un travail plutôt raté. Les œuvres souffrent d’un éclairage défaillant les mettant bien peu en valeur. C’est entre chien et loup qu’on découvre des pièces originales du couturier. On relèvera son goût pour les lignes moulantes et très près du corps, sublimant les chutes de reins et n’hésitant pas à bousculer les codes. En témoigne l’utilisation d’œillets métalliques sur des peaux en cuir donnant un côté sadomasochiste que le couturier s’était vu reproché. On ne pourra pas rester indifférent non plus devant ses réalisations mettant à l’honneur dentelle et fourrure.

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L’état de conservation des pièces est pourtant regrettable. Des robes fin XIXe semblent mieux conserver que certaines pièces datant d’à peine 20 ou 30 ans, c’est dire !

Faut-il y aller ? Oui pour parfaire sa culture, mais si vous souhaitez en prendre plein les yeux, mieux vaut encore se rendre au Bon Marché admirer les robes de soirées du maitre Alaïa.

Exposition Alaïa au Musée Galliera, 10 Avenue Pierre Ier de Serbie, Paris 16

jusqu’au 26 janvier 2014

Critique Exposition Dali. Pompidou. Plutôt ratée.

Critique Exposition Dali. Pompidou. Plutôt ratée. dans Expositions expo-dali-beaubourg

L’exposition Dali n’a pas bénéficié du même battage médiatique que Hopper au Grand Palais. Pourtant l’exposition s’avère déjà un succès et tente de battre aujourd’hui le record de la précédente rétrospective de l’artiste en 1979. Elle avait alors enregistré près de 840 600 entrées.

L’exposition comporte quelques faiblesses. Exposer Dali dans une salle glaciale et impersonnelle est un contresens, elle fait perdre l’essence même de l’esprit illuminé de l’artiste. Vous imaginez du foie gras sans pain ? Des huitres sans verre de chablis ? Et bien nous, nous n’imaginons pas une expo Dali sans ce grain de folie que l’on peut retrouver au musée Dali à Figueras.
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L’expo est certes fournie, mais les œuvres s’enchainent sans véritable cohérence. Quant à l’œuvre Canapé Boca où les visiteurs peuvent se prendre en photo assis sur des lèvres pulpeuses, il ne manque plus que Mickey et Mini pour parfaire ce tableau de parc d’attraction. Car oui, l’expo aurait du être une vraie attraction. Pas une attraction touristique comme c’est le cas ici, mais une attraction loufoque et ouverte au dilettantisme. Dommage.

Exposition Dali, Centre Pompidou
Entrée à 13 €, jusqu’au 25 Mars 2013

Exposition Hopper. Ebay. Comment trouver des places à 40 €.

Hopper Ebay

Seriez-vous prêt à dépenser plus de 40 € pour pouvoir découvrir l’exposition Hopper au Grand Palais sans faire la queue ? En temps de crise, la proposition prête à l’embarras. C’est pourtant ce que proposent certains sites comme Ebay, où des gens peu scrupuleux monnaient des laissez-passer habituellement offerts aux journalistes et critiques d’art.

En dehors de toute éthique et jouant abusivement sur la spéculation, les petits malins se frottent les mains. Aurions-nous atteint le summum du ridicule dans une époque où les expositions d’art ne sont plus que des attractions de masse ?

Nouveau département des Arts de l’Islam. Louvre. Une verrue en guise de verrière.

Nouveau département des Arts de l'Islam. Louvre. Une verrue en guise de verrière. dans Expositions louvre-departement-islam-1

Le Louvre vient d’inaugurer en grande pompe son nouveau département consacré à l’Islam, le 8ème après les classiques ensembles dédiés à la peinture, à la sculpture ou encore aux antiquités romaines. La Presse en a profité pour nous abreuver de jeux de mots tout aussi originaux les uns que les autres. Tandis que Le Point titrait « Islam, le Louvre lève le voile », Libération déclarait « l’Islam, nouveau pilier du Louvre » et RFI « Le Louvre devient la Mecque des Arts de l’Islam ».

Le nouveau département, d’environ 3000 m2, est situé dans la cour Visconti marquée par son style 2nd Empire et sa belle façade Henri IV. Des mois ont été nécessaires pour creuser et recouvrir la cour d’une structure métallique tout à fait surprenante.

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Les pièces exposées. Le Louvre possède la plus grande collection d’Art islamique dans le monde occidental. Dans ce nouveau département, le Musée expose près de 3000 pièces dans un cheminement chronologique parfois un peu confus. Il faut bien reconnaitre que la tâche était ardue, l’Art islamique n’étant pas destiné à être exposé contrairement aux peintures ou sculptures occidentales.

On ne manquera pas les magnifiques mosaïques romaines que l’on peut admirer du rez-de-chaussée ni les belles céramiques, les miniatures en bronze, les tapis ou encore les chefs-d’œuvre d’orfèvrerie et de marqueterie.

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L’architecture. Le nouveau département surprend surtout par sa verrière ondulée que son architecte Mario Bellini n’hésite pas à comparer à une aile de libellule. Composé de 2350 triangles d’aluminium doré, le « tapis volant » s’affiche pourtant comme une verrue venant s’écraser dans une cour pourtant magnifique, bien que sévère. L’époque est au sensationnalisme, à l’exubérance architecturale. Le résultat est finalement décevant. La grande voile s’avère oppressante et rappelle l’arrivée bagages de Roissy. Quitte à faire dans l’aéroport, il aurait mieux valu s’inspirer de la nouvelle structure béton/verre du terminal 2D de Roissy, qui elle est une vraie réussite. La pyramide de Pei peut dormir tranquille, elle ne risque pas d’être détrônée par cette œuvre lourde et pataude.

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Le coût. Le projet a coûté la bagatelle de 100 M€ dont 30% ont été pris en charge par l’Etat (et donc les contribuables). Pour le reste, les entreprises Total et Lafarge ont contribué à hauteur d’une dizaine de M€ et de grands acteurs du monde oriental ont eux aussi mis la main au porte-monnaie (Arabie saoudite, Maroc, Koweït, Oman, Azerbaïdjan …).

Exposition Hopper. Grand Palais à partir du 10 octobre. La culture de masse.

Exposition Hopper. Grand Palais à partir du 10 octobre. La culture de masse. dans Expositions hopper.nighthawks

Dans quelques semaines se tiendra l’une des expositions les plus attendues de l’année 2012-2013 ; la rétrospective Edward Hopper au Grand Palais. L’occasion de décrypter en avant première le mécanisme de ces expositions.

Hopper est un de mes peintres préférés. D’origine américaine, l’artiste est considéré comme l’un des grands peintres du réalisme, décrivant la nostalgie d’une Amérique passée, réfugiée dans la neurasthénie et la solitude. Ces œuvres sont malheureusement trop rarement exposées. La plupart sont réunies au Whitney Museum à New York, mais plus souvent dans les réserves que dans les salles d’exposition. Quant au fameux « Nighthawks » faisant l’affiche de l’exposition, il sommeille habituellement à l’Art Institute of Chicago. Le Grand Palais a pourtant réussi l’exploit de convaincre ces musées de prêter leurs œuvres emblématiques pour constituer ce qui devrait être la plus belle exposition de Hopper.

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Le mécanisme des expos. Soyons honnête, seule une poignée d’individus connaissent aujourd’hui l’illustre peintre. Pourtant soyez assurés que d’immenses queues de curieux se dresseront devant le Grand Palais le jour venu. L’intention pourrait être louable, témoin de la curiosité insatiable des parisiens. Malheureusement, il s’agit surtout de dire « j’y étais » pour ajouter cette expo à leur tableau de chasse culturel. Car aujourd’hui les événements culturels sont devenus des perles qu’on enfile tel un collier, une obligation de plus à réaliser si l’on veut être dans le coup.

C’est ainsi que des gens courent à des expositions de Cina à l’Orangeraie (alors que le peintre est un artiste secondaire de la Renaissance que seuls les plus érudits connaissaient jusque là) ou du génial imposteur Buren au Grand Palais.

La culture mondaine. Pas un diner en ville sans que ne soient abordées les dernières expositions qui animent la capitale. Seulement, les « cultivés » ont une fâcheuse tendance à reléguer des siècles de chefs-d’œuvre au rang d’anecdotes, et de s’extasier devant la dernière œuvre de Bernar Venet au Château de Versailles (ndlr les fameuses poutres en acier entourant la statue de Louis XIV, comme si l’art ne pouvait exister que dans son rôle contestataire). Pire, ces gens vous regardent d’un air condescendant lorsque vous avouez ne pas avoir vu la dernière exposition de Larry Clark au MAM ou le Street Art à la Fondation Cartier. Pourtant, ces mêmes olibrius semblent perdus telle une Loana sur un plateau télé, lorsque vous leur parlez de la dernière exposition des Riches Heures du Duc de Berry au Louvre ou des subtiles différences entre Canaletto et Guardi.

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D’autres avalent les expositions tels des Miel Pops de Kellogg’s. Audio-guide à la main, ils sont le symbole de la culture de masse. Ils passent devant les tableaux comme une vache fascinée par un train et écoutent passivement les soliloques de l’application iPhone téléchargée à la va-vite sur l’Apps Store une heure plus tôt. Mais auront-ils retenu quelque chose une fois sortis de l’exposition ? Ou s’agira t’il uniquement d’ajouter une croix sur leur « agenda à expositions » ?

Aujourd’hui, ces personnes ne connaissent pas encore Edward Hopper. Mais soyez assurés qu’ils alimenteront les conversations des diners en ville et affronteront le froid hivernal pour voir ce qu’ils qualifieront être « des chefs-d’œuvre ». Et ils n’auront pas tort …

Exposition Hopper, Grand Palais

Du 10 octobre 2012 au 28 janvier 2013

Mise à jour du 10/10/12

Je me suis rendu au Grand Palais dès l’inauguration, le 10 Octobre 2012. L’exposition est tout à fait époustouflante, présentant intelligemment tous les plus grands chefs-d’œuvre de Hopper. La muséographie est sobre et discrète, et le parcours chronologique est richement documenté. A coup sûr, l’expo de l’année !

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