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Critique : Les Ambassadeurs, Hotel Crillon, Concorde. Formule déjeuner et luxe.

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Retour en Octobre 2010, avec cet excellent déjeuner à l’Hôtel Crillon.  Installé dans une ancienne salle de bal, le restaurant Les Ambassadeurs propose une carte de très bonne facture dans une décoration  typiquement Louis XV (marqueterie de marbre, fresques ornant le plafond et lustres en cristal).

Au déjeuner, le chef Christopher Hache concocte à ses clients une honorable formule à 68 € comprenant les traditionnels entrée/plat/dessert, accompagnés des habituels fioritures de palaces : amuse-bouches, mignardises et tout le tintouin.

La clientèle. Très business class à midi. Il faut bien se l’avouer, le Crillon est le lieu idéal pour impressionner un futur client sans consacrer la moitié de l’affaire signée dans le paiement de l’addition.

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Les plats. En entrée, une belle tranche de foie gras de canard mi-cuit des Landes, accompagnée d’une gelée sucrée d’oignons. Le foie manque un peu de consistance, mais il tient tout de même son rang.

Les belles noix de Saint-Jacques annoncent le deuxième acte. L’assiette propose une belle composition automnale avec des touches de potiron fondantes. Aussi réussi visuellement que gustativement. Naturellement les cuissons sont parfaites, les sauces légères et travaillées. La perfection semble de ce monde.

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Pour finir en beauté, le grand pâtissier Jérôme Chaucesse nous offre une belle leçon de gourmandise avec son vacherin fraise des bois et son choco banane. Grand adepte des structures complexes, il nous présente un vacherin composé d’une coque maillée en meringue cachant un cœur de fraise.

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De même, le choco banane affiche discrètement sa complexité en dévoilant une subtile purée de banane allongée sur un croustillant praliné/chocolat. Le déjeuner se conclut par un café accompagné de mignardises  (tartelettes, macarons, chocolats).

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Les plus. L’excellent rapport qualité/prix de la formule déjeuner, c’est sûrement la meilleure affaire « Palace » de Paris.

Les moins. Le prix des extras dès qu’on s’éloigne de la formule déjeuner. Le verre de jurançon bien qu’excellent à 15 €, le café à 8 €. La vue bâchée pendant les travaux de rénovation de l’hôtel.

Restaurant Les Ambassadeurs, Hôtel de Crillon, 10 Place de la Concorde, Paris 8ème

Critique : Ritz Carlton, Central Park. Afternoon Tea.

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En remontant Park Avenue, une mélodie me vint soudain en tête : « Now, if you’re blue, And you don’t know where to go to, Why don’t you go where fashion sits, Puttin’ on the Ritz ». Sur les recommandations de l’illustre Fred Aster, j’ai alors filé tête baissée au Ritz Carlton de Central Park, pou l’heure du célèbre Afternoon Tea.

Le Tea time se déroule dans le Star Lounge avec son décor typiquement anglais orné de belles boiseries et de tableaux s’inspirant de Bruegel le jeune, le tout « ambiancé » par une lumière tamisée.

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La formule (55 $). Le service se fait en 3 étapes. Le spectacle débute par une mise en bouche salée. Des canapés au saumon, au caviar et aux œufs mimosa viennent nous siffler à l’oreille que l’afternoon tea du Ritz ne sera pas aussi plaisant qu’il en avait l’air. Le pain est déjà sec, les garnitures sont grossières, presque fades.

Deuxième round : les scones arrivent, accompagnés de confitures d’abricot et de groseille, sans oublier la crème chantilly. Les scones auraient mérité quelques minutes de cuisson supplémentaires. Encore raté, nous commençons à bougonner.

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Nous pouvons toujours calmer notre véhémence en s’abreuvant de thé impérial Earl Grey servi à volonté. Le pauvre macère sur un réchaud abandonné, la belle hérésie rappelle les « diners » sur le bord de la 66 débitant leur jus de chaussette à longueur de journée.

Dernier tour de piste avant l’addition. Le Tea Time se clôt par une assiette de pâtisseries. Au menu, des tartes brisées par une mauvaise pâte sablée et des opéras n’invitant qu’à chanter notre désarroi sous forme de récitatif. Ne peut-on pas proposer des desserts un peu plus réussis dans un palace aussi réputé ?

Le détail qui tue. Les cacahuètes et autres amuse-gueules salés accompagnant les pâtisseries. Il ne manque plus que le popcorn et la Bud.

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Clientèle. PCPG : pas chic, pas de genre.

Service. D’une lenteur accablante, presque 2h pour se faire servir 3 bricoles. Pas même de carte pour pouvoir suivre l’avancée de cet interminable tea time.

Prix. 110 $ pour 2 personnes + 9,16 $ de taxes + le pourboire à rajouter et expressément réclamé (15 % environ). Soit un total de 135 $ (95 €). Du grand n’importe quoi.

Faut-il y aller ? Voir un mythe s’effondrer n’est jamais plaisant ni très glorieux. Il vaut mieux rester fasciné devant les pas de danse de Fred Aster, que d’assister au naufrage d’une adresse qui périclite de toute part.

50 Central Park South, New York, NY 10019

Critique : Ouverture du Mandarin Oriental Paris, Avis bar, patio, Saint-Honoré. Raté.

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Après plusieurs mois de travaux, l’hôtel Mandarin Oriental vient d’ouvrir ses portes, au 251 rue Saint-Honoré. Le fleuron de la marque hongkongaise s’est installé dans un ancien bâtiment des années 30, autrefois occupé par le Ministère de la Justice.

Son ouverture confirme une volonté forte des groupes hôteliers asiatiques de conquérir la capitale française. Après le Raffles investissant le Royal Monceau, puis le Shangri-La s’installant dans un magnifique hôtel particulier ayant appartenu au petit-neveu de Napoléon, le Mandarin dévoile à son tour sa vision du luxe.

La visite. L’entrée de l’hôtel est un peu « cheap » avec sa moquette tachetée de diodes LED rappelant certains magasins de fringues sur les Champs. Un long couloir mène jusqu’au lobby et sa grande verrière. D’ici, on découvre le patio enclavé de l’hôtel, mais aussi les façades tristes et les parties communes impersonnelles. Un grand bassin extérieur sépare les terrasses du bar et du restaurant. L’hôtel invite davantage à la neurasthénie qu’à la méditation.

Il aurait fallu jouer franco la carte asiatique. Mêler les deux cultures comme au très réussi Shangri-La où les chinoiseries cohabitent avec le charme d’un hôtel particulier de la fin du XIXème. Eviter la demi-mesure au risque de ressembler à ces centres commerciaux climatisés qui peuplent les quatre coins de la planète. On comprend bien sûr l’appel de l’hôtel à la simplicité et à la « plénitude », mais le lieu n’inspire ici que solitude et sentiment d’oppression.

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Le patio. Mal agencé, avec un grand bassin rectangulaire planté au beau milieu du patio comme un chemin de croix menant vers un mur végétal poussiéreux. On est bien loin du luxuriant mur du Pershing Hall qui permet d’adoucir une cour et des façades trop « minérales ».

Le Mandarin Oriental propose finalement un curieux mélange : d’un côté, des parties communes rappelant le Marriott Renaissance Paris Arc de Triomphe, de l’autre la cour semblable à celle du Hilton Arc de Triomphe. Le Mandarin semble reproduire les mêmes erreurs architecturales que dans les années 70. Architecturalement, le Mandarin ne joue clairement pas dans la catégorie des palaces et se rapproche d’une gamme de type Hilton & co (n’y voyez rien de péjoratif). Preuve supplémentaire, un magasin DSquared va bientôt ouvrir au rez-de-chaussée de l’hôtel (un « vrai palace » aurait accueilli une marque plus luxueuse et moins bling bling en son sein).

Le bar. Tout juste une dizaine de tables en terrasse, peut-être une vingtaine à l’intérieur. Le bar joue les nights clubs avec des tons très sombres et des parois maillées laissant entrapercevoir les clients. Ce genre de déco complètement éculée n’est pas forcément très accueillante en pleine journée. Cocktails dans les 24 €, club sandwich à 24 €.

Le service. Un manque de professionnalisme évident. A notre arrivée, l’hôtesse vous fait patienter de manière un peu cavalière avec un signe de la main comme un vigile qui indiquerait de marquer un temps d’arrêt avant de rentrer. Il suffit de commencer une phrase, pour qu’un serveur vous tourne le dos et parte sans vous répondre. L’accueil est pour le moins « flottant ».

Faut-il y aller ? Uniquement si vous aimez visiter les magasins sans rien acheter (une sorte de tourisme de masse comme chez Louis Vuitton ou chez Hermès RG). On rentre, on fait un petit tour pour voir le patio et les clients savourant leurs cocktails hors de prix. On se croirait plongé dans un tableau de Hopper, emprunt de solitude et de « froideur». Puis on fait demi-tour et on finit à l’Hôtel Costes ou au Park Hyatt pour vraiment s’amuser.

Le Mandarin Oriental, un palace ? La seule chance d’obtenir pour eux la dénomination « palace » serait encore de soudoyer notre Carole Rousseau nationale, membre du fameux jury qui décide du sort de ces hôtels, pour espérer concourir à l’obtention du fameux sésame.

Mandarin Oriental Paris, 251 rue Saint-Honoré, Paris 1er

Critique : Dinette chez Carette, Trocadéro, terrasse.

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Ras le bol de ces diners imposant leur rituel entrée/plat/dessert. L’envie est à la simplicité, à la décontraction mêlée au glam chic. Le critique gastronome François Simon qualifie ces divagations gastronomiques d’expériences « radin chic ». Ou l’art de picorer des nourritures bien calibrées pour goûter au luxe sans « trop » se ruiner.

Carette se prête particulièrement bien à ce genre de jeux pour grands enfants. Le célèbre salon de thé du Trocadéro propose bien sûr quelques plats chauds mais aussi et surtout une belle carte de snacking. Les œufs brouillés aux fines herbes (12,50 €) ou en version club (avec jambon et fromage fondu) (17 €) servis avec de délicieuses mouillettes feuilletées peuvent très bien faire l’affaire. Les appétits d’oiseaux se contenteront d’une sélection de canapés à 3-4 € à demander coupés : œuf mimosa, poulet, concombre et bien d’autres encore. Des snackings à marier avec une bonne bouteille de vin, comme cette demie de Chardonnay blanc (17 €).

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Si vous n’acceptez pas de jouer le jeu de la dinette, vous pouvez bien sûr rentrer dans un schéma plus classique en lorgnant sur les plats cuisinés. L’entrecôte de Salers à 26 € est correcte sans être transcendantale, le bar servi avec une julienne de légumes est excellent  et le poisson fin en bouche, mais l’escalope de veau présente une cuisson complètement ratée (cru à l’intérieur), heureusement servie avec des tagliatelles et une délicieuse sauce forestière comme pour se faire pardonner.

Mais encore ? Un café (4 €) et la douloureuse. L’instant « picorage chic » est terminé, vous pouvez repartir de bon pied bon œil.

Carette,  Place du Trocadéro, Paris 16ème

Critique : Bar Le Passage, Alain Senderens, Madeleine. Menu à 35.

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La mode est aux adresses secrètes, jouant l’intimité réservée aux seuls connaisseurs. Le bouche à oreilles participe évidemment à la mystification de ces lieux, mais si certains sont si courus, c’est qu’ils sont surtout réussis comme le Bar Le Passage d’Alain Senderens.

Situé au 1er étage du restaurant gastronomique d’Alain Senderens, le Passage permet de gouter à la cuisine du chef en version tapas, sans finir la fin du mois sous les ponts de Paris à crier l’aumône.

La réservation fut précoce, plus d’une semaine à l’avance. Le lieu a beau exister depuis plusieurs années, aucune essoufflement ne semble se profiler à l’horizon. L’entrée se fait par le passage de la Madeleine, glauque à souhait. Pour pénétrer dans le restaurant, il faut d’abord sonner à l’interphone et annoncer son nom. Un dernier petit œil pour être sûr de ne pas être suivi, puis vous pouvez vous engouffrer dans ce lieu « peu fréquentable », prêt à voir débouler à tout instant Madame Claude accompagnée de ses gourgandines. L’escalier en colimaçon accentue crescendo le mystère jusqu’à découvrir la fameuse salle de restauration et son bar.

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La décoration est très marquée années 2000, avec ses lampes rectangulaires en plexiglas comme au Kong et ses cabines aux murs mordorés rappelant les hôtels capsules nippons. La salle n’est pas oppressante, mais la seule et unique petite fenêtre laissant entrapercevoir l’Eglise de La Madeleine, ne suffira pas aux plus claustrophobes.

Les clients sont assis devant ces fameuses tables en bakélite, qu’on retrouve également au restaurant gastronomique du rez-de-chaussée. Les belles nappes blanches ont été troquées contre du plastique. A l’époque cette mini-révolution avait fait longuement jaser les puritains. Certains parlaient même de tables en forme de calissons d’Aix …

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La carte. Un menu incroyable à 35 €, midi et soir, transposant les plats de la carte d’Alain Senderens et les déclinant en une série de tapas sucrés et salés. Au fourneau, le chef Jérôme Banctel se charge d’amuser gustativement la galerie avant de venir saluer ses convives à la fin de chaque service. La carte propose également des plats, mais il s’agirait d’une grossière erreur que de prendre ces minuscules portions facturées au prix fort. Ici, le menu n’est pas recommandé, il est obligatoire …

Les plats. Le menu donne carte blanche au chef. Chaque client dégustera des plats différents, chacun évoluant dans un parcours gourmand réfléchi et personnalisé.

Le menu débute avec des amuse-gueules à base de gelée et accompagnées d’une compotée de légumes. L’encas est fin même s’il ne réussit pas vraiment à nous impressionner. Se succède l’entrée avec sa proposition de foie gras et œuf poché dans son bouillon. Le foie est de qualité, la cuisson de l’œuf poché est naturellement parfaite. Le tout est excellent.

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Le menu propose ensuite une deuxième entrée jouant les interludes entre la mise en bouche et le plat. Ce soir-là, ce fut un kouglof au comté et canard servi avec salade. L’idée de proposer un cake au jambon en remplaçant ce dernier par du canard est parfaitement ingénieuse. Les saveurs en bouche sont nombreuses pour un plat pourtant simple.

Le plat principal. Le chef nous concocta de délicieux rognons de veau au beurre d’escargot. Pourtant à l’arrivée du plat, ce fut la soupe à la grimace. Je déteste habituellement les rognons, leur odeur pestilentielle me révulse. Je fus donc surpris d’apprécier le travail du cuistot. Le goût persistant et prononcé des rognons fut adouci par cette sauce au beurre d’escargot, réputée forte en bouche. Un grand bravo au chef pour m’avoir « converti » à de nouvelles saveurs.

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Le repas se conclut par un sablé aux framboises et sa glace à la menthe fraiche. Visuellement très simple, gustativement très sophistiqué. Le dessert cache sa complexité dans une apparente facilité de conception, c’est parfait.

La carte des vins. Très belle carte, courte mais bien choisie. Premiers vins à 24 €, puis dans les 35-45 €.

Service. Lent et poussif. Près de 3h pour enchainer 5 plats, nous avons frôlé l’apoplexie.

En bref. Le Bar Le Passage est une excellente adresse proposant un menu imbattable, prévalant tout aussi bien par sa qualité que par son prix. Les portions ne sont pas si pingres qu’annoncé dans plusieurs articles sur internet. La cuisine n’est certes pas de haute voltige, nous ne sommes ni aux Ambassadeurs ni à L’Espadon, mais la cuisine du chef gagne à être connue et l’addition est plus que correcte pour un tel établissement.

Bar Le Passage, Alain Senderens, Paris 8ème

Critique : Top of the Standard, Bar, New York Meatpacking District. Boom Boom Room.

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De tous les bars d’hôtels, celui-ci est sans doute le plus surprenant, le plus amusant et le plus washi-washa de tout ce qui peut exister à New-York ou ailleurs. Ce bar panoramique est installé au dernier étage de l’Hôtel The Standard, en plein cœur du nouveau quartier ultra-branché de New York : Meatpacking District. Ancien quartier où l’on emballait la viande, il ne reste plus aujourd’hui que de magnifiques immeubles industriels et une vieille voie ferrée, la High Line, reconvertie en promenade plantée. Depuis quelques années, le lieu attire les jeunes créateurs mais aussi les restaurants, bars et hôtels les plus branchés de la ville.

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Le bar, anciennement le Boom Boom Room, attire tout le gratin du show-biz : Madonna, Beyonce, Jay-Z etc. Une chose est certaine : impossible d’y rentrer si vous n’êtes pas une star. Alors comment faire partie des happy few ayant le privilège de voir ce haut lieu d’encanaillement ? Venir tout simplement entre 16h et 21h, où le bar est ouvert au « simple » quidam.

Le lieu. Le bar est imposant, dominé par un palmier en bois de noyer trônant au beau milieu de la salle. On se croirait sur un vieux paquebot filant vers l’horizon newyorkais. Les barmans, d’ailleurs habillés en marin, seraient les matelots de ce voyage un peu particulier. La vue est époustouflante : d’un côté l’Hudson et son port, de l’autre le Midtown et le Lower Manhattan. Le coucher de soleil est captivant, reflétant ses rayons sur les buildings voisins en briques.

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La carte. Cocktails à 18-20 $, verres de vin à 15 $, boissons chaudes à 7 $. Quelques grignotages également : burgers (18 $), frites (10 $) et desserts (14 $). Le Bourgogne aligoté (15 $) est divin, tout comme le Montbazillac (11 $). L’addition grimpe très vite vers des sommets dès qu’on s’échappe à quelques verres de plus. En rajoutant le Gratuity (service) de 18%, l’addition finit par être salée : 75 $.

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La clientèle. Fascinante dans sa démarche ultra branchée. Vers 18h, les sorties de bureaux viennent prendre l’after-work et le niveau sonore s’emballe. Talons stiletto, sacs de marque, lunettes de soleil estampillées des grands noms de la mode : tout y passe. Et pourtant, chose étonnante, le service n’est ni guindé ni puant. Rien de snob, service même aimable, vous vous rendez compte ?

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Comme toutes les bonnes choses ont une fin, vers 21h les inconnus sont reconduits à la porte. Un peu de ménage puis vers 23h, le Top of the Standard est prêt à recevoir les plus grandes stars du moment et devient l’un des clubs les plus selects de Big Apple.

Top of the Standard at Standard Hotel, 848 Washington St, New York

Critique : The Lobby Bar, Mandarin Oriental Hotel, New York.

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Depuis 2003, la chaine Mandarin Oriental s’est installée dans l’une des deux tours jumelles (230 m de haut) du Time Warner Center. Ce complexe qui accueille restaurants et magasins remplace l’ancien New York Coliseum démoli en 2000. Au pied de Columbus Circle, le palace dispose de magnifiques vues sur Central Park et la skyline newyorkaise.

Le bar. Perché au 35ème étage du building, The Lobby Lounge offre une vue éblouissante sur Central Park. Le panorama est encore plus somptueux au coucher du soleil lorsque la lumière joue les tons mordorés avec les arbres touffus.

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Le bar est conçu en amphithéâtre pour que tous les clients puissent profiter de la belle vue. Malheureusement, le lieu est surclimatisé et les courants d’air se faufilent entre les écharpes. La décoration austère n’ajoute rien à ce lieu déjà glacial.

La clientèle. Internationale et adoptant un dress code très smart casual.

La carte. Cocktails à 19 $, verres de vin à 14 – 20 $. Nous avons pris un cocktail Brumble et un verre de Pinot Grigio 2009. Le Brumble est un cocktail à base de gin macéré dans des fruits rouges et du citron. Les fruits étaient encore congelées, le cocktail noyé dans la glace (toujours cette manie américaine !). Je ne vous raconte même pas l’explosion acido-glacée dans la bouche lorsqu’on croquait dans les fruits. Le cocktail aurait pu être réussi s’il n’avait pas été aqueux et si mal dosé.

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Quant au verre de vin blanc, ce fut un désastre. En France, on râle parfois de se voir servir des verres de vin blanc tièdes, ici ils sont à l’inverse glacés. Une hérésie à vous réveiller les sinus, le froid anesthésiant totalement les saveurs du vin.

Service. Brut et impersonnel.

Faut-il y aller ? Entre la déco froide, la clim à fond les manettes, les boissons gelées, le service glacial et les prix givrés, on se demande comment faire pire. Finalement il ne manquait plus qu’une seule chose pour compléter le tableau : des amuse-gueules servis dans leur bain d’azote.

Mandarin Oriental, 80 Columbus Circle, entrée sur la 60th Street, New-York

Critique : La Veranda, Trianon Palace, Versailles. Gordon Ramsay.

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Le Trianon Palace propose plusieurs restaurants : le Gordon Ramsay, restaurant gastronomique du chef du même nom et la Véranda, brasserie chic plus décontractée. Nous avons suivi les recommandations de François Simon. Plutôt que d’aller s’encanailler au resto gastro du chef fantôme Gordon Ramsay, plus occupé à faire le pitre dans des émissions diffusées sur NRJ12 qu’à fréquenter ses cuisines assidûment, nous avons opté pour la brasserie.

Le lieu. Un peu froid avec ses grands volumes et son mobilier rigide. En été, la terrasse est agréable et permet de profiter du parc du Château de Versailles.

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La carte. Prix gratinés. A son ouverture, ils étaient encore abordables. Mais en trois ans, ils se sont envolés. En 2008, les plats étaient à 23-25 € pour passer à 25-30 € en 2009. Aujourd’hui, ils sont à 32 €. Même parcours pour les desserts passés de 10 € à 13 € en l’espace de quelques années. Nous y sommes allés à déjeuner un samedi midi. La salle était loin d’être complète. Les prix feraient ils fuir les pauvres gourmands ?

La carte est agaçante : sur les 6 plats proposés, seuls 2 sont à 32 €. Deux sont un poil moins chers, deux autres (les Saint-Jacques et le Turbot) sont à 4€ de supplément. Les entrées sont théoriquement à 22 € (avec les ¾ en suppléments), les desserts à 13 €. Une formule propose un Plat/Dessert à 44 €. On appréciera le geste commercial.

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La cuisine. Conventionnelle à défaut d’être épatante. Le dos de cabillaud assume une cuisson bien maitrisée, il joue le parti du goût sans retenue, accompagné de petits poivrons parfumés. L’autre assiette n’est pas mal non plus avec une poitrine de porc convenable.
Au niveau des desserts, le ciel se couvre. Le choix n’est pas vraiment emballant, difficile de choisir parmi ces 5 desserts (panacotta aux parfums de fruits, sablé croquant au chocolat caramel, cheese cake frappé à la fraise et au kirsch, ananas glacé à la noix de coco façon Piña Colada, crème légère au café torréfié et biscuit moelleux au chocolat Manjari). Après de longues minutes d’hésitation, j’ai finalement choisi le sablé croquant au chocolat caramel. Ce n’était pas mauvais bien sûr, mais plat, sans relief.

L’addition. Plus de 80 € pour 2 personnes, avec un seul dessert, plusieurs cafés et un verre de vin. Je ne pense pas y revenir.

La Véranda, Trianon Palace, Versailles

Café 5,5 €, verres de vin : dans les 10 €.

Critique : Bar L’Apicius, le meilleur bar de Paris. Rue Artois, hôtel particulier.

apicius4.jpgL’Apicius est probablement l’un des bars les plus secrets mais aussi les plus chics de la capitale. Méconnu, ce Relais & Château est pourtant un havre de paix au beau milieu du 8ème arrondissement.

L’Apicius est installé rue d’Artois, dans un magnifique hôtel particulier du XVIIIème, appartenant  à Luc Besson. Le restaurant et le bar occupent le rez-de-chaussée tandis que les étages accueillent les bureaux de production de Besson. Si le restaurant double étoilé de Jean-Pierre Vigato s’adresse bien plus volontiers aux rupins qu’aux curieux (carte à 250-300 €, pas de menus), le bar est quant à lui bien plus accessible.

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L’entrée est imposante, presque intimidante. Pour atteindre l’hôtel particulier il faut franchir un magnifique parc arboré s’articulant autour d’une pelouse ovale entourée d’allées en graviers. La nuit, les arbres sont éclairés par des guirlandes couleur ocre et des bougies sont disposées au centre du jardin sur des tables en zinc. Ces jeux de lumières fantasmagoriques se reflètent sur les vitres teintées et les macarons des berlines garées dans la cour.

Le bar. Service « Exclusive Elysée», de l’accueil sur le perron jusqu’aux confortables chaises hautes du bar. Salle magnifique enluminée de dorures, de colonnes corinthiennes et de plafonds peints. Les candélabres à bougies et le magnifique lustre se chargent de diffuser une atmosphère tamisée au sein du bar.

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La carte. Il n’y en a pas. Le barman vous demandera quelles sont vos envies et créera un cocktail de son invention, à votre image. Nous étions partis sur des notes fruitées accompagnées de champagne. Puis sur un cocktail sec à base de gin.

Un peu d’Angustura par-ci, une lichette de Martini par là, rajoutez du kiwi et du concombre, et le tour est joué. Voilà les cocktails présentés par le barman : un champagne kiwi et un dry martini rehaussé d’une pointe d’acidité amenée par le concombre. Les cocktails sont originaux, très fooding. Je ne suis pas un grand amateur de cette « nouvelle vague» de cocktails, mais on ne pourra pas leur reprocher leur créativité.

apicius3.jpgLes cocktails sont accompagnés par des amuse-gueules. Prétexte évidant pour découvrir furtivement la cuisine du restaurant résumée en quelques bouchées. Nous fûmes régalés d’une décoction de foie gras ma foi un peu lourde, mais jouant habilement les accords sucrés salés.

Nous avons poursuivi notre plaisir avec quelques verres d’un délicieux Aloxe Corton (17 € le verre) et achevé notre belle soirée par un café. Il fut corsé à l’image de son prix : 6 €.

La clientèle. Très newyorkaise, très high class sans être bling bling. Dress code : Smart casual impératif (avec tout de même un fort accent mis sur le « smart »).

L’Apicius, 12 rue d’Artois, Paris 8ème

En été, très belle terrasse pour profiter des cocktails sur le perron

Cocktails 18 €

Critique : Hôtel d’Aubusson, rue Dauphine.

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L’Hôtel d’Aubusson est un bel hôtel particulier situé en plein cœur du quartier Saint-Germain-des-Prés, à deux pas de la rue Dauphine. Cette bâtisse du XVIIème siècle a su garder son charme tout en intégrant les contraintes imposées par le confort moderne.

Ne vous laissez pas influencer par l’espace piano-bar donnant sur la rue Dauphine. Il faut bien le dire, ce bar aux faux airs de chaine Accor, rompt avec le charme du reste de l’hôtel. N’en tenez pas rigueur, et osez entrer pour découvrir les charmes de cet hôtel.
Une fois la porte cochère franchie, l’hôtel présente un beau patio bercé par les clapotis de sa fontaine. En attendant l’été, le grand salon (au fond) et sa belle cheminée en pierre de taille permettent de se réchauffer devant le feu crépitant.

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La déco. Le salon est impressionnant, typiquement Louis XIII : poutres apparentes, beau parquet Versaillais, tapisseries d’Aubusson d’époque, fauteuils et bergères, et éclairages tamisés. L’ambiance rappelle celle de certains hôtels particuliers de l’île Saint-Louis. Seul ombre au tableau, l’agencement du salon n’a pas été fait de manière très judicieuse : six petites tables basses semblent craindre la cheminée laissant devant elles un grand espace vide. Difficile donc de trouver une place passées 19h.

La carte. Première impression : les prix sont trop élevés. Verres de vin à 8-9 €, bouteille à 34 €, apéritifs à 11 €, coupe de champagne à 11 €.  Sodas à 6 €, thés à 8 €. Malgré le choix plus que restreint des vins, nous avons commandé deux verres de Bourgogne aligoté.

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Les breuvages sont servis avec des amuse-gueules inspirés de l’illustre Picard : grosses olives, crackers et canapés surgelés où les tomates sont encore transies de froid.

Clientèle. Essentiellement américaine et tentée de boire une Bud dans un décor Louis XIII : What’s up ? Le service est professionnel et courtois. J’y retournerai sûrement à la belle époque, pour profiter de leur patio.

Hôtel d’Aubusson 4* – Café Laurent, 33 rue Dauphine, Paris 6ème

(à l’angle de la rue Christine et de la rue Dauphine)

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