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Critique : AD Intérieurs 2014. Décors à vivre, Musée Arts Décoratifs

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« Pour les expositions à la gloire d’un parfum, d’un bijoutier ou d’un marchand de sacs, je suis désolé, il faudra aller voir ailleurs », Alain Seban, président du Centre Pompidou, vœux au personnel du 21/01/14.

Si certains musées se refusent à accueillir en leur sein des expositions à la gloire d’une marque, d’autres ont fait de ce business lucratif une véritable religion : le Palais de Tokyo (Culture Chanel – l’Esprit des Lieux, N°5 Culture Chanel), le Grand Palais (Cartier – Le Style et l’Histoire, Miss Dior, Bulgari – 125 ans de magnificence italienne), le Musée Galliera (Papier Glacé – Un siècle de photographie de mode chez Condé Nast) ou encore le Musée des Arts Décoratifs (Van Cleef & Arpels – L’Art de la Haute Joaillerie, Louis Vuitton – Marc Jacobs).

Le musée, est pourtant selon les statuts de l’ICOM (International Council Of Museums), « une institution permanente sans but lucratif au service de la société et de son développement ouverte au public, qui acquiert, conserve, étudie, expose et transmet le patrimoine matériel et immatériel de l’humanité et de son environnement à des fins d’études, d’éducation et de délectation ».  Autrement dit il ne s’agit nullement d’un show room dont le seul but est de devenir une annexe des Galeries Lafayette avec une débauche commerciale. Le paroxysme est pourtant aujourd’hui atteint avec l’exposition AD Intérieurs 2014 : Décors à vivre au Musée des Arts Décoratifs.

L’exposition. Le célèbre magazine AD a donné carte blanche à 16 architectes d’intérieur de renom pour créer une pièce à vivre autour d’une œuvre de son choix sélectionnée dans les réserves du Musée des Arts Décoratifs. Parmi les décorateurs invités, on retrouve les célèbres Alberto Pinto, Gilles & Boissier ou encore Bismut & Bismut.

Expo AD Intérieurs

Le Musée : lieu culturel ouvert à tous ou quintessence de l’élitisme ? Cette question aux allures de dissertation de khâgnes n’est pourtant pas anodine. Les gardiens ont été troqués contre des vendeurs précisant à qui veut l’entendre le catalogue de prix des objets exposés, distribuant à tire larigot les cartes de visite pour inviter les visiteurs à faire un saut dans leur boutique.

Le musée n’est il pas ouvert à tous dans une volonté de démocratiser l’art ? Je n’ai rarement vu exposition aussi élitiste où le simple curieux ne peut se sentir que mal à l’aise comme s’il débarquait chez Kugel ou chez Bismut & Bismut sans signe extérieur de richesse. L’exposition ne me dérangeait pas lorsqu’elle avait lieu comme les années précédentes chez Artcurial ou à l’Enclos des Bernardins, mais le Musée des Arts Décoratifs entame une dérive inquiétante des musées.

Le Musée : lieu non lucratif ou entreprise comme une autre ? Entreprise dans la recherche de la rentabilité (même si je ne suis pas sûr que cette exposition attire les foules). Associatif dans le cadre des subventions colossales accordées par l’Etat (14 M€, soit 54% des produits encaissés malgré une diminution de 20 % de la fréquentation entre 2013 et 2012 et 461 salariés à nourrir représentant 51% des charges totales). Voici là toute l’ambigüité des musées, tiraillés entre leur vocation purement culturelle et leur course à la rentabilité.

La clientèle. On est entre soi, on se salue, on se reconnait et se renifle le derrière. Madame sort le vison et monsieur, déboutonne largement sa poignée de chemise pour faire apparaitre sa clinquante Rolex. D’autres adoptent un look plus jet-set comme s’ils descendaient de leur yacht amarré à Saint-Trop’.

Faut-il y aller ? Malgré les qualités intrinsèques de l’exposition, le billet à 11 € pour assister à une véritable démonstration publicitaire a de quoi donner la nausée. En anglais, une exposition se dit « exhibition ». Ici, le faux ami n’est plus car il s’agit véritablement d’une exhibition, une débauche de luxe décomplexée.

AD Intérieurs 2014 : Décors à vivre, Nef du Musée des Arts Décoratifs, 107 rue de Rivoli, Paris 1

jusqu’au 23 Novembre 2014

Critique : Les Petites Ecuries. Dedans dehors

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Patrick Dentroux, garçon de café devenu propriétaire de plusieurs restaurants et boites de strip tease comme le Pink Paradise ou encore le Penthouse, s’est associé avec le jeune restaurateur Geoffrey Legrand pour ouvrir courant mai Les Petites Ecuries.

Situé dans la rue du même nom, le restaurant s’est installé dans les locaux d’un ancien fourreur rappelant que le quartier fut avant tout dédié à la confection avant de devenir  un véritable laboratoire de tendances en termes de restauration et de mode.

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La déco. L’ancien atelier a été transformé avec brio en restaurant sur 2 étages reliés par un mur végétal touffu. Une trémie a été créée afin de proposer deux terrasses superposées, la 1ère donnant directement sur la rue. L’idée est finalement astucieuse avec deux terrasses intérieures qui éviteront les mésaventures de la météo capricieuse.

La carte. Signée de la main d’un financier qui a su parfaitement calibrer les prix en fonction des résultats de son étude de marché : entrés à 10 €, plats entre 18 et 20 €, desserts à 8 €. Au menu, des plats de brasserie revisités mais pas de quoi ébaubir le client bobo.

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Les plats. La salade italienne ne respecte peut être pas scrupuleusement l’énoncé de ses ingrédients mais la passe-partout se tient gentiment. Le pavé de bœuf bien saignant accompagné de sa sauce poivre, caviar d’aubergine et purée de carotte s’inscrit sur la même lignée : il n’a pas vocation à interrompre les conversations par des borborygmes orgasmiques.

Faut-il y aller ? Aurions-nous fait le déplacement sans ce décor étonnant ?

Les Petites Ecuries, 40 rue des Petites Écuries, Paris 10

Critique Intercontinental Porto – un charme discret

 Intercontinental Porto 2

Signe du dynamisme touristique du Portugal, l’année 2011 fut celle de l’arrivée de la chaine hôtelière de luxe Intercontinental à Porto. Pour son premier hôtel portugais, l’enseigne a souhaité marquer le coup en investissant les anciens murs d’un palais du XVIIIème trônant fièrement sur la Place de la Liberté, à quelques pas des principaux lieux touristiques de la ville.

Disposant de 105 chambres, le luxueux hôtel distance largement l’hôtellerie vieillissante et à bout de souffle du reste de la ville. Lobby en marbre, décoration florale dans les parties communes, boutiques de luxe en rez-de-chaussée ; l’hôtel mérite son rang de palace.

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L’offre de restauration. L’hôtel propose un restaurant, l’Astor, donnant sur la rue et avec de belles perspectives sur la place. La carte est soignée, avec une cuisine de qualité revisitant les classiques de la cuisine portugaise. Une belle formule à midi à 17 € propose une entrée, un plat, un dessert servi avec un verre de vin, une eau minérale et un café. On est bien loin de la politique de certains chaines luxueuses comme Four Seasons qui homogénéisent leurs prix, que vous soyez à New York ou au fin fond de la Thaïlande.

Un bar à la décoration soignée permet de siroter un dernier verre avant de rejoindre sa chambre. La salle ornée de boiseries et de fausses bibliothèques est parfaite pour s’initier aux portos de la région, proposés dans le cadre d’une carte exhaustive.

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Les chambres. De taille correcte, la literie est confortable et l’ensemble est décoré avec goût. La salle de bain en marbre propose une baignoire mais pas de douche. Des produits de bain de qualité ainsi que des peignoirs sont mis à disposition gracieusement. On regrettera cependant le coin minibar et sa cafetière qui aurait pu être troqué contre une machine Nespresso, un standard désormais dans l’hôtellerie de luxe. La chambre offre de jolies vues sur la Place de la Liberté. Seule ombre au tableau et pas des moindres, le manque cruel d’insonorisation. Qu’il est dommage de constater en 2014 des hôtels entièrement rénovés qui souffrent d’un problème d’un autre temps. On se croirait dormir dans la rue, le bruit de la circulation et des klaxons vous empêchant de passer une nuit tranquille. Le double vitrage n’est d’aucune utilité et mis à mal par le jeu entre les huisseries. Dommage.

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Le service. Haut de gamme sans en faire trop. Un luxe discret mais manquant peut-être un peu de raffinement.

Les prix. Très accessibles pour une clientèle française. Comptez 120 à 150 € en fonction des saisons pour une chambre double, soit le prix d’une chambre à l’Intercontinental Porto pour le prix d’un Novotel défraichi à la française.

Intercontinental Porto, Place de la Liberté, Porto

Critique : Exposition Henri Cartier Bresson Centre Pompidou

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Le Centre Pompidou consacre une rétrospective à l’œuvre d’Henri Cartier-Bresson jusqu’au 9 juin 2014. L’occasion de découvrir à travers une exposition passionnante le travail de l’artiste depuis ses débuts prometteurs. De l’avant-garde des années 1920, en passant par l’Afrique française, la guerre d’Espagne, le Front Populaire, jusqu’à la Libération, les funérailles de Gandhi ou encore la conquête de l’espace, l’exposition est une occasion unique de redécouvrir près de 350 œuvres du photographe.

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Rarement une exposition n’avait été aussi complète, se faisant la mémoire de cet artiste prolixe. Construite chronologiquement, les photos défilent tel un praxinoscope, témoins de l’histoire du XXème siècle prise sous toutes ses coutures. Puisé dans les archives de la Fondation Cartier-Bresson, le travail mûri de l’artiste s’expose au travers de photographies, de dessins, peintures et autres documents. Le tout dans une nuée de noir et blanc sublime.

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Rétrospective Cartier-Bresson, Centre Pompidou, Paris

jusqu’au 9 juin, du mercredi au lundi de 11h à 23h. Entrée : 13 €

City Guide Lisbonne – Quelques bonnes adresses restaurants,bars, rooftop & fado.

Lisbonne

Lisbonne fait partie des destinations favorites des français depuis plusieurs années. Il faut dire que la capitale portugaise a de quoi occuper le chaland en goguette : palais enchanteurs, monastères classés, géographie vallonnée et églises au charme suranné. La ville se découvre idéalement lors d’un week-end prolongé, le temps de s’imprégner de cette atmosphère si particulière en empruntant le célèbre tramway et de se laisser balancer par la langueur qui résonne dans les clubs de fado. Petit tour de quelques bonnes adresses lisboètes.

Pour boire un verre avec belle vue

Portas do sol

Portas Do Sol 1

Voici l’une des plus belles terrasses de Lisbonne qui embrasse la ville toute entière. Installée sur le toit d’un parking, on vient y prendre un repas léger tel une salade méditerranéenne roquette, fromage de chèvre et pesto. On oubliera le service nonchalant pour se concentrer sur la vue : les paquebots de croisière, la coupole du Panthéon National et les clochers blanc éclatant de l’église Sao Vicente de Fora.

Portas do sol, 84 Rua de Sao Tomé

Le Chat

Le Chat

Après la visite un poil rébarbative du Museu Nacional de Arte Antiga, on miaule d’impatience à l’idée de boustifailler au soleil en découvrant une vue à couper le souffle sur les docks et le pont du 25 Avril. Le chat, sorte de conteneur en verre posé à flanc de colline, offre une belle carte de snacking idéale avant de reprendre le tramway pour rejoindre le centre ville.

Le Chat, Jardim 9 de Abril

Bairro Alto Hotel – Rooftop

Bairro Alto

En plein cœur du quartier du Bairro Alto, ce boutique-hôtel dispose d’un rooftop bien agréable le soir venu pour siroter quelques cocktails accompagnés de finger food. Après avoir franchi les 6 étages qui vous séparent du nirvana, vous découvrirez de confortables canapés d’où l’on admire la vue sur les toits de la ville jusqu’au Tage. Belle carte de portos et snacking corrects (préférez les sandwiches).

Bairro Alto Hotel, Praça Luis de Camoes 2

Buvette du Miradouro de Sao Pedro de Alcantara

Buvette Miradouro

Après avoir emprunté l’Elevador da Gloria, vous arriverez rapidement à ce mirador offrant une superbe vue sur la ville et le château. Point de chute idéal entre deux visites pour se rafraîchir au soleil et le visage caressé par les douces brises de vent chaud.

Buvette, Miradouro de Sao Pedro de Alcantara

Pour manger de la cuisine locale

Casa Do Alentejo

Casa Do Alentejo 1

Au premier coup d’œil, la rua das Portas de Santo Antao ne regorge que de restaurants pour touristes aux serveurs alpaguant le badaud. Pourtant, parmi ce fatras d’adresses quelconques se cache une pépite qu’il est difficile d’imaginer de l’extérieur.

Passé la façade sans intérêt, on découvre après quelques marches un mirador au superbe patio de style mauresque. Au 1er étage, le restaurant se revêt d’azulejos racontant des épisodes champêtres et agricoles du début du siècle. On s’y presse pour déguster le classique de la maison : le porc mijoté aux palourdes servi avec pommes de terres et accompagné de vin de la maison.

Casa Do Alentejo, 58 rua das Portas de Santo Antao

Santo Antonio de Alfama

Santo Antonio de Alfama

En plein cœur de l’Alfama se cache un charmant restaurant bien caché. La terrasse installée sous des trémies de vigne est l’endroit idéal pour s’enivrer de l’atmosphère lisboète. Bien loin de l’attitude compassée de nos restaurants français, on vient tester la belle carte de poissons en rêvassant devant le linge battant au vent. Ne refusez pas les tapas payantes proposée au début du repas, vous rateriez quelque chose !

Santo Antonio de Alfama, Beco de Sao Miguel 7

Pour écouter du fado

Equina de Alfama

Equina de Almafa

Tout city trip à Lisbonne ne peut s’achever sans une soirée de fado. Pourtant, il est bien difficile de trouver une adresse agréable qui ne soit pas hors de prix. La plupart des salles de fado imposent le menu diner à des tarifs prohibitifs pour le pays (50 – 60 € par personne). D’autres proposent bien de se rendre uniquement au bar moyennant un ticket d’entrée variable ou une obligation de consommation minimale, mais le spectacle ne commence guère avant 23 h. Enfin, quelques salles proposent du « vrai » fado qui n’est pas seulement adressé aux touristes, mais ces établissements sont souvent rapidement bondés.

Miracle, c’est en errant dans les rues étroites de l’Alfama qu’on découvre par hasard l’Esquina de Alfama. Une maison familiale où les serveurs s’improvisent chanteurs pour le plus grand étonnement des clients. La carte est raisonnable et le menu n’est pas imposé. Le service, pourtant interrompu toutes les 20 min par une séance de chant collectif, n’est pas trop long. La cuisine est simple mais de qualité.

L’astuce : pour éviter de vous retrouver à écrire un article outré sur Trip Advisor, sachez qu’on vous apporte en début de repas (comme souvent dans les restaurants portugais) un fromage entier et de la charcuterie. Si vous n’en voulez pas, prévenez le serveur, sinon ils vous seront facturés.

Esquina de Alfama, Rua de Sao Pedro 4

Le mauvais plan : le Noobai Café

Noobai Café

Vanté par tous les guides pour être un rooftop agréable avec vue panoramique sur le Tage, le Noobai Café est en réalité une sombre escroquerie. Situé au niveau du Miradouro de Santa Catarina, le quartier a peut-être été agréable en son temps mais est aujourd’hui devenu le cartel de tous les trafics où individus louches vous proposent toutes sortes de substances illicites. Oubliez cette adresse et ne regrettez pas la vue ; cette dernière n’a vraiment pas grand intérêt à moins d’aimer les paysages industriels.

Noobai Café, Miradouro de Santa Catarina

Critique : Bar Au très Honoré, THB Place du Marché St-Honoré.

THB 1

En lieu et place de l’ex Barlotti géré par le groupe George V Eatertainment (Buddha Bar &co), Au Très Honoré s’est installé dans cet immense lieu de vie de la Place du Marché Saint-Honoré. Les anecdotiques cuisines italiennes modeuses ont été balayées par une carte de brasserie plus conventionnelle dans un décor revisité.

A la tête du restaurant, Jean-Pierre Lopes, Thomas Delafon et Stéphane Courteaux, déjà propriétaires du Père & Fille et de la Plage Parisienne ont confié la décoration à Anne – Cécile et Agnès Comar. Ces dernières ont sublimé le désormais célèbre atrium en mettant à l’honneur des fresques signées Kat Menschik, le tout dans un décor champêtre.

THB 2

Au sous-sol, un bar à cocktails – le THB pour les intimes – dont la décoration a été confiée à Alexis Mabille, fait courir le tout Paris. Le lieu fait référence aux boudoirs des années 20 avec de grands drapés Empire, un beau parquet en bois sur lesquels sont disposés des tapis, et une atmosphère feutrée apportée par l’éclairage tamisé et les canapés en velours.

Chose rare, le lieu évite le sectarisme de l’âge en accueillant une clientèle très hétéroclite allant de 20 à 60 ans. Hormis les soirées excentriques « Music Hall » du mercredi soir, la musique électro savamment mixée est de rigueur dans l’établissement.

THB 3

La carte de cocktails (14-15 €). Breuvages abordables et délicieux avec ce fameux Bijou (gin Bombay Sapphire, chartreuse verte, vermouth Dolin et orange bitter truth), ou encore le Bisou Bisou (gin Hendricks, menthe fraiche, gingembre, jus de citron vert et champagne) sans oublier le Cardigan (tequila, Cointreau, framboises fraiches, purée de citron vert et piment d’Espelette).

Le snacking. Courte carte de fingers food à tester avec ce tarama truffé et ses mini-blinis à tomber par terre (12 €) et ces petits calamars croustillants accompagnés d’une sauce tartare (11 €).

Faut-il y aller ? Vous en doutiez encore ?

Au Très Honoré, Place du Marché Saint-Honoré, Paris 1

Critique : Menu déjeuner à la Bauhinia – Shangri La.

La Bauhinia 1

Après le Royal Monceau et avant de vous faire écho de mon récent diner au Pure du Park Hyatt, continuons notre road trip des palaces parisiens à l’heure du déjeuner. Aujourd’hui, hommage au Shangri La et son excellente formule déjeuner à 48 €.

Le lieu. A la Bauhinia, l’un des restaurants du palace baigné de lumière grâce à l’extraordinaire coupole de verre conçue par l’architecte Maurice Gras. Les tons pastels et chinoiseries ne sont peut être pas d’un goût parfait, mais le cadre reste fort confortable pour un déjeuner d’affaires.

La Bauhinia 2

Le menu le « 48″. Pensé par le chef étoilé Philippe Labbé, le menu propose le traditionnel trio entrée/plat/dessert en s’inspirant de la cuisine française et thaïlandaise. Pied de nez à ses confrères parisiens, le chef a préféré pimenter les plats plutôt que l’addition ; quelle sage décision !

Les entrées. Oeuf de poule mollet et croustillant, servi sur son lit de lentilles légèrement vinaigrées et pataugeant dans son jus crémeux. Un des grands classiques de la cuisine gastronomique qui a défaut de surprendre séduit toujours autant le palais. Quant à lui, le carpaccio de bar acidulé au vinaigre de mangues et condiments batifole avec la ciboulette et la bourrache dans une composition joliment florale.

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Les plats. Envolons-nous vers des contrées lointaines avec Malaysia Airlines et entamons notre descente vers la Malaisie, avec ce Kari Ayam, fricassée de poulet au curry, riz biryani aux raisins, amandes parfumées à la cannelle, cardamone et badiane. Le plat relevé ne se fit non sans quelques turbulences mais nous ne nous abîmâmes pas dans la sauce au curry.

Les desserts. Retour sans embuche en France avec ce traditionnel éclair aux marrons aux portions généreuses. Le dessert tout droit inspiré d’Angelina reste perché en apesanteur, réussissant l’exploit de ne pas sombrer dans la surenchère calorique. Quant à l’ile flottante sertie d’amandes caramélisées, qu’il est agréable de redécouvrir des desserts simples et bons.

La Bauhinia 4

Les liquides. Verres de vin à partir de 14 €, bouteille 1L de San pellegrino à 11 €.

Les plus. Le prix imbattable de cette cuisine de haut vol. Pour les appétits d’oisillons, carte avec entrées à 16 €, plats à 31 € et desserts à 8 € (soit le prix d’un dessert dans n’importe quelle mauvaise brasserie parisienne).

Les moins. Aucun.

La Bauhinia au Shangri La Hotel, 10 Avenue d’Iéna, Paris 16

Critique : Exposition Martin Parr – Maison Européenne de la Photographie

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Que de communiqués de presse, de grabuge médiatique et d’articles frôlant l’éloge panégyrique pour une bien maigre exposition photographique ! Voici l’impression générale qui se dégage en sortant des murs de l’hôtel particulier Hénault de Cantobre.

Depuis 1982, la Maison Européenne de la Photographie passe commande auprès de photographes renommées pour nous livrer leur vision de la capitale. Après Henri Cartier-Bresson, Edouard Boubat et bien d’autres, c’est autour de Martin Parr de nous faire redécouvrir les différentes facettes de cette ville magique.

Pendant deux ans, Martin Parr s’est attelé à nous livrer sa version de Paris, avec comme toile de fond le tourisme de masse évoqué autour d’événements majeurs tels que le défilé du 14 juillet, les défilés de mode, le salon d’aéronautique du Bourget ou encore Paris Plage.

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Mais devant la pauvreté de cette exposition – une soixante d’œuvres tout au plus dont les 2/3 auraient pu être prises par un bloggeur au regard affuté – on se demande si Martin Parr n’a pas passé la majeure partie de ces deux années à la terrasse du Flore plutôt que d’arpenter les rues de Paris. La plupart des photos présentées ne sont pas nouvelles, on aurait aimé un vrai travail inédit.

Le travail de l’artiste n’est pourtant pas tout à fait vain. Devant la photo montrant ces touristes ahuris et sans culture mitraillant la pauvre Joconde avec leurs smartphones, on observe un bien triste phénomène : les visiteurs eux-mêmes prennent en photo le tirage ! Cette belle construction en abime montre à quel point la culture se réduit aujourd’hui à un tableau de chasse qu’on exhibe fièrement sur son profil Facebook. Consternant.

Martin Parr à la Maison Européenne de la Photographie, 5 rue de Fourcy, Paris 4

Jusqu’au 25 Mai 2014, entrée : 8 €

Critique : China Club : entre esprit colonial et fusion food.

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Perdu entre Bastille et Gare de Lyon, le China Club nous offre un voyage sensoriel au cœur de la Chine coloniale des années 30. Etablissement mythique des années 80/90, le China a bien failli disparaitre en 2008 pour être transformé en bureaux administratifs. Heureusement, Jean-François Roux, ancien associé de Costes et propriétaire de Chez Janou et du Petit Marché, a repris l’établissement pour lui redonner son lustre d’antan.

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La décoration coloniale est une pure réussite ; le client se sent transporté dans un hôtel mythique Raffles, entre Hong Kong et Angkor. Canapés Chesterfield, lumière tamisée jouant les nuances de pourpres et garances, stores vénitiens créant de subtiles jeux d’ombres, plantes vertes et meubles en bois laqué faisant tous échos au carrelage en damier. Hemingway n’est sûrement pas très loin.

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La carte. Très fusion food avec des rolls et dim sum en entrées (10-12 €), des Bo Bun (bœuf, crevette, poulet ou crabe) entre 14 et 16 €, puis des poissons (brochettes de st jacques rôties à la citronnelle, crevette royales citronnelle, gambas sautées, dorade royale, thon basilic piment) et viandes (porc mijoté coco caramel, bœuf grillé satay, tartare poilé, poulet crispy, magret d’oie laqué bananes figues, anneau rôti au cury) entre 20 et 22 €. Côté desserts, les sempiternelles riz au lait de coco, moelleux au chocolat glace vanille, croustillant de fruits frais à la vanille ou crème brulée au thé vert sont au rendez-vous (8 – 10 €).

La cuisine. Des Bo Buns parfaitement équilibrés, consistants et savoureux mais des desserts plus passe-partout. Les cocktails d’inspiration début du siècle (Bramble, Bijou, Singapour Sling, Side Car, Mai Tai) sont plutôt réussis.

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La clientèle. Le propriétaire souhaitait un établissement « ouvert à tous, sans barrière culturelle, sociale ni générationnelle ». Le vœu, bien qu’un tantinet démagogique, semble être exhaussé.

Les plus. L’ambiance, la déco très réussie, le pari réussi de réveiller un quartier endormi.

Les moins. Les canapés inconfortables responsables de votre future sciatique et la playlist qui mériterait d’être un peu plus travaillée.

China Club, 50 rue de Charenton, Paris 12

Ouvert du lundi au samedi de 17h à 2h, toute la nuit vendredi et samedi

Critique : La Cuisine du Royal Monceau. Resto étoilé, déjeuner d’affaires.

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Le Royal Monceau propose une formule déjeuner diablement efficace pour sustenter les appétits distraits des businessman. Il sauvera bien des déjeuners d’affaires où l’invitant tremble à l’idée de sortir sa carte bleue pour régler les agapes de ses congénères.

Auparavant, il fallait ruser en réservant discrètement sur La Fourchette en priant pour ne pas tomber sur une maritorne jactant « c’est une réservation La Fourchette ? ». La supercherie était alors démasquée et la honte ne pouvait qu’entacher votre tentative d’impressionner votre hôte.

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Heureusement, le restaurant étoilé La Cuisine a eu l’excellente idée de proposer une formule déjeuner entrée/plat ou plat/dessert à 58 € et un trio E/P/D à 75 €. Ne comptez pas faire bombance, mais la cuisine se relève de grande qualité dans un cadre chic et décontracté.

La décoration. Difficile de rater l’omniprésente déco imposée par Starck. On se souvient du cabotin fanfaronnant sur son Riviera dans un reportage télévisé, nous racontant que las de ne pouvoir trouver des feuilles d’acanthe à suspendre au plafond, il finit résigné par les faire fabriquer sur mesure à Murano. Le résultat est à l’image du personnage : opulent, limite Roméo, avec des lustres de cristal rutilants, des drapées de blanc cloisonnant les espaces et des abat-jours métalliques aussi grand que des réacteurs d’avions d’A380. Le lieu n’en reste pas moins agréable, les clients confortablement installés dans des fauteuils ou canapés moelleux. L’endroit se prête particulièrement aux déjeuners d’affaires où, si vous arrivez un peu tard, vous aurez toutes les chances d’être placés sur une table de quatre en n’étant que deux.

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La formule. Revue chaque semaine, elle se décline en 2 propositions d’entrées, de plats et de desserts. Cette semaine-là : accras de poissons ou œuf de poule frit en entrée, puis barbue du bassin d’Arcachon ou volaille jaune des Landes au tandoori. Et pour finir, tarte fine au chocolat Chloé ou millefeuille minute signés tous deux Pierre Hermé. La formule inclut également un café servi avec un mini-macaron.

Les plats. L’œuf frit sonne le tocsin ; le repas promet d’être léger mais gouteux. Emmitouflé dans sa panure, le polisson se complait sciemment sur son lit de légumes d’hiver et petite salade d’herbes fraiches. On pourrait presque le confondre avec un poussin gambadant dans les près. Celui-ci n’oppose pourtant que peu de résistance. Les dents de la fourchette le font pleurer jaune pour le plus grand bonheur des papilles.

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Suit la volaille servie avec l’esthétique d’une côte de porc ; troublante expérience. Pourtant, l’audacieuse présentation est accompagnée d’une excellente surprise gustative : une viande fondante servie avec une purée des pommes de terre rattes enrubannée dans une sorte de gras double frit. Ce plat sophistiqué est indéniablement à la hauteur d’un restaurant étoilé.

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Nous passerons finalement sur les desserts signés Pierre Hermé. Il faudra nous expliquer l’intérêt d’inscrire à la carte d’un restaurant étoilé des pâtisseries fabriquées dans une usine de la région parisienne. Qu’il est déplorable qu’un palace de cette renommée ne dispose pas d’un véritable pâtissier qui propose à ses clients des desserts audacieux plutôt que des desserts archi revus que l’on retrouve aussi bien au Printemps qu’au Drugstore des Champs-Elysées.

Le service. Servile.

Faut-il y aller ? Naturellement, la cuisine est excellente et le Royal Monceau a le bon goût d’être situé en plein cœur du quartier des affaires.

La Cuisine, Royal Monceau, 37 avenue Hoche, Paris 8

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