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Critique : AD Intérieurs 2014. Décors à vivre, Musée Arts Décoratifs

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« Pour les expositions à la gloire d’un parfum, d’un bijoutier ou d’un marchand de sacs, je suis désolé, il faudra aller voir ailleurs », Alain Seban, président du Centre Pompidou, vœux au personnel du 21/01/14.

Si certains musées se refusent à accueillir en leur sein des expositions à la gloire d’une marque, d’autres ont fait de ce business lucratif une véritable religion : le Palais de Tokyo (Culture Chanel – l’Esprit des Lieux, N°5 Culture Chanel), le Grand Palais (Cartier – Le Style et l’Histoire, Miss Dior, Bulgari – 125 ans de magnificence italienne), le Musée Galliera (Papier Glacé – Un siècle de photographie de mode chez Condé Nast) ou encore le Musée des Arts Décoratifs (Van Cleef & Arpels – L’Art de la Haute Joaillerie, Louis Vuitton – Marc Jacobs).

Le musée, est pourtant selon les statuts de l’ICOM (International Council Of Museums), « une institution permanente sans but lucratif au service de la société et de son développement ouverte au public, qui acquiert, conserve, étudie, expose et transmet le patrimoine matériel et immatériel de l’humanité et de son environnement à des fins d’études, d’éducation et de délectation ».  Autrement dit il ne s’agit nullement d’un show room dont le seul but est de devenir une annexe des Galeries Lafayette avec une débauche commerciale. Le paroxysme est pourtant aujourd’hui atteint avec l’exposition AD Intérieurs 2014 : Décors à vivre au Musée des Arts Décoratifs.

L’exposition. Le célèbre magazine AD a donné carte blanche à 16 architectes d’intérieur de renom pour créer une pièce à vivre autour d’une œuvre de son choix sélectionnée dans les réserves du Musée des Arts Décoratifs. Parmi les décorateurs invités, on retrouve les célèbres Alberto Pinto, Gilles & Boissier ou encore Bismut & Bismut.

Expo AD Intérieurs

Le Musée : lieu culturel ouvert à tous ou quintessence de l’élitisme ? Cette question aux allures de dissertation de khâgnes n’est pourtant pas anodine. Les gardiens ont été troqués contre des vendeurs précisant à qui veut l’entendre le catalogue de prix des objets exposés, distribuant à tire larigot les cartes de visite pour inviter les visiteurs à faire un saut dans leur boutique.

Le musée n’est il pas ouvert à tous dans une volonté de démocratiser l’art ? Je n’ai rarement vu exposition aussi élitiste où le simple curieux ne peut se sentir que mal à l’aise comme s’il débarquait chez Kugel ou chez Bismut & Bismut sans signe extérieur de richesse. L’exposition ne me dérangeait pas lorsqu’elle avait lieu comme les années précédentes chez Artcurial ou à l’Enclos des Bernardins, mais le Musée des Arts Décoratifs entame une dérive inquiétante des musées.

Le Musée : lieu non lucratif ou entreprise comme une autre ? Entreprise dans la recherche de la rentabilité (même si je ne suis pas sûr que cette exposition attire les foules). Associatif dans le cadre des subventions colossales accordées par l’Etat (14 M€, soit 54% des produits encaissés malgré une diminution de 20 % de la fréquentation entre 2013 et 2012 et 461 salariés à nourrir représentant 51% des charges totales). Voici là toute l’ambigüité des musées, tiraillés entre leur vocation purement culturelle et leur course à la rentabilité.

La clientèle. On est entre soi, on se salue, on se reconnait et se renifle le derrière. Madame sort le vison et monsieur, déboutonne largement sa poignée de chemise pour faire apparaitre sa clinquante Rolex. D’autres adoptent un look plus jet-set comme s’ils descendaient de leur yacht amarré à Saint-Trop’.

Faut-il y aller ? Malgré les qualités intrinsèques de l’exposition, le billet à 11 € pour assister à une véritable démonstration publicitaire a de quoi donner la nausée. En anglais, une exposition se dit « exhibition ». Ici, le faux ami n’est plus car il s’agit véritablement d’une exhibition, une débauche de luxe décomplexée.

AD Intérieurs 2014 : Décors à vivre, Nef du Musée des Arts Décoratifs, 107 rue de Rivoli, Paris 1

jusqu’au 23 Novembre 2014

Critique : Bar du Ciel de Paris, Tour Montparnasse. Paradis ou enfer ?

Critique : Bar du Ciel de Paris, Tour Montparnasse. Paradis ou enfer ? dans Bars & Cafés ciel-de-paris-2

Que peut-on attendre du Ciel de Paris version 2.0 après son lifting bien mérité ? Une deco plus dans l’air du temps, certes, mais une expérience en demi-teinte.

Avant d’en dire plus sur ce restaurant, précisons d’abord qui en est l’exploitant. Il s’agit de Ellior, célèbre pour sa restauration collective dans les entreprises et pour la gestion de concessions dans les gares et aéroports français. Tout comme Sodexo anime les papilles du Lido via sa filiale Prestige, Ellior exploite le restaurant panoramique de la Tour Montparnasse. Peu rassurant, lorsqu’on a gouté à la restauration collective d’une cantine d’entreprise.

Le cadre. Très épuré, exit la deco terriblement connotée années 80. Et place à une atmosphère plus sobre avec des tons de crème et de beige. La salle souffre pourtant d’une froideur clinique et mériterait de baisser encore un peu plus son intensité lumineuse pour rendre plus nets les contrastes de lumière avec la capitale à ses pieds.

Le bar. A peine cinq ou six tables sur le devant et un bar monobloc permettant de siroter quelques cocktails et verres de vin. Pour être servi, il faut d’abord rappeler qui est le client et taper du poing sur la table. Ensuite, une fois le rapport de force instauré, vous pourrez enfin être considéré.

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La carte. Coupe de champagne à partir de 15 €, cocktails à 16 € et verres de vin débutant à 8 €. Les cocktails alcoolisés sont plutôt réussis pour des jus de fruits, mais où est passé l’alcool ? Quant aux verres de vin, on pourrait proposer de meilleurs vins que la piquette servie dans un Wagon Bar de TGV.

La clientèle. On n’est ni au Standard à Meatpacking ni encore moins au Sevva à Hong Kong. Mais plutôt dans un mélange de touristes et de « nerds » ayant décidé d’impressionner leur dulcinée.

Faut il y aller ? Au moins une fois, accompagné d’amis étrangers pour leur faire découvrir Paris sous un autre angle. Si vous êtes parisien, vous pourriez sûrement éviter cette étape.

Ciel de Paris, Tour Montparnasse, Paris

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